GRAVE SITUATION DE CONDÉ
péchait pas de nourrir beaucoup d'ambition pour lui et les siens, ne pouvait lui pardonner de n'avoir tenté aucun effort pour le maintenir en possession des sceaux, lorsqu'ils lui furent retirés par la cour. La princesse palatine, frustrée dans ses intérêts et ceux de ses amis, s'attacha avec une habileté consommée et une passion persévérante à lui être aussi nuisible qu'elle lui avait été utile jusque-là. Le duc de Longue ville, rentré dans son gouvernement de Normandie, n'était nullement disposé à le perdre de nouveau pour courir la fortune incertaine de son turbulent beau-frère. Ce n'était pas en s'appuyaut sur Condé que le duc de Bouillon espérait rentrer dans sa principauté de Sedan, et Turenne avait appris par expérience qu'il nV avait rien à gagner à tourner ses armes contre le Roi et à combattre dans les rangs des Espagnols. Beaufort, le nouvel allié de M. le Prince, n'avait pu lui faire partager sa popularité; il ne lui avait apporté d'autre force que son épée et son nom.
Le vainqueur de Lens et 'de Rocroi en était venu à mettre toute sa gloire à humilier une femme et à disputer à un prêtre le pavé de Paris. Le coadjuteur, tout fier d'avoir été dénoncé par Condé comme son ennemi, brûlait de se mesurer avec un tel adversaire. Il avait fait offrir de nouveau ses ser\îoes à la reine, et Mazarin, qui savait ce que la cause royale pouvait espérer d'un tel homme, s'était hâté d'adresser à Lionne, avant que celui-ci fût disgracié, des instructions pour le gagner à tout prix. « M. de Lionne avant que de partir, écrivait Colbert à Mazarin, le a juillet, a envoyé dire à M. de Ch&teauueuf