RETZ ET GHATEAUNEUF CONSEILLERS DE LA REINE
ment de Metz, ou, si ce Parlement ne pouvait se déplacer, de se rendre dans cette ville pour y faire déclarer la majorité du roi. <r II est vrai, ajoutait-il, qu'il pourra éclater des séditions dans Paris, que M. le Prince pourra faire du mal..., mais tous ces maux ne sauraient être comparables à ce qui arriverait si Leurs Majestés étaient exposées à rester prisonnières dans Paris et si les princes et le Parlement étaient les maîtres, pendant quatre ou cinq ans encore, de Tautorité royale et de la personne du roi... A ce coup, il n'y aurait plus de remède... Mais hors de Paris, outre que les personnes de Leurs Majestés seraient en sûreté, et le roi en état d'exercer son autorité, il ne serait pas difficile, avec un peu de temps, de remédier aux inconvénients qui pourraient arriver... Il est à craindre que, si le roi déclare sa majorité dans le Parlement de Paris, il ne soit contraint de ratifier tout ce qui lui a été arraché violemment depuis trois ans, en sorte que le roi commencerait son règne après avoir porté un coup mortel à son autorité. »
Depuis le renvoi du cabinet, la reine n'avait pas choisi d'autres secrétaires d'État ; Mazarin lui avait conseillé d'attendre la majorité du roi pour nommer un nouveau ministère. Mais il l'engageait, pendant cet intérim, à consulter Chàteauneuf et le coadjuteur sur les affaires importantes et à leur témoigner qu'elle comptait sur leur bonne foi et leur dévouement à la cause royale. £n un mot, il cherchait à endormir par tous les moyens deux de ses plus mortels ennemis. « Vous avez eu raison, disait-il à Ondedei, de prendre la parole de M. de Chàteauneuf et