CONBÉ ET LES ESPAGNOLS
du coadjuteur à Tégard du duc de Bouillon et de son frère, et de prier la reine de vouloir les bien traiter et montrer qu'elle a pleine confiance en eux, leur demandant quelquefois conseil. Je vous prie de rappeler cela souvent à Sa Majesté, étant de la dernière îinportance de se conserver TafTection de ces deux personnes de manière à pouvoir en disposer ; mais je crains qu*elles n'aient laissé une porte ouverte pour se jeter dans le parti de M. le Prince, au cas où elles verraient les événements lui devenir favora* râbles... »
Eu même temps, il signalait à Ondedei la duchesse d'Aiguillon comme fort malintentionnée à son égard, et usant de toute son influence auprès du duc d'Orléans pour miner dans son esprit celle de Chàteauneuf et du coadjuteur. Il terminait sa dépèche en disant que M. le Prince expédiait fréquemment des courriers à Bruxelles; que Stenay, une de ses places, avait roQU garnison espagnole ; qu'il excitait le peuple par de fréquents libelles, et il se plaignait amèrement que, pendant ce temps-là, on ne lui fit aucune opposition ^
Dans les lettres suivantes, Mazarin déplorait que le prince de Condé eût gagné beaucoup de terrain dans l'esprit du duc d*Orléans et que le coadjuteur et Chàteauneuf eussent été impuissants à combattre son influence. <r ... Il est aisé de voir, écrivait-il à Le Tellier, le 15 aoât, que le coadjuteur et les autres n'ont pas le pouvoir qu'ils ont voulu faire croire sur l'esprit de Son Altesse Royale, et, si elle est entiè-
« Mazarin à Ondedei, de Brûlh, le 11 août 1651; BibL Mazarine; Lettres de Mazarin, t. V.