‹ Le cardinal de Retz et l'affaire du chapeauChapitre 92 sur 218 · CONDÉ ET LE DUC D^ORLÉANS · texte numérisé non relu

CONDÉ ET LE DUC D^ORLÉANS

rement liée avec M. le Prince, comme il y en a grande apparence, je vous laisse à penser ce qu'on doit attendre à Tégard de l'État, de l'autorité royale et de la personne de la reine ^.. »

« C'a été un grand malheur, écrivait-il le même jour à Brachet, de n'avoir pas pu bien connaître à quel degré était le pouvoir de M. de Ghàteauneuf et de M. le Goadjuteur sur l'esprit de Son Altesse Royale, car vous savez que nous avons agi sur le fondement que ces messieurs en pourraient disposer absolument. Comme il semble qu'on ne peut plus douter d'une entière liaison de Son Altesse Royale avec M. le Prince, je suis au désespoir d'être forcé à craindre de très-étranges accidents ; et plût à Dieu qu'on ne dût jamais plus parler de moi et de mes intérêts et que ceux de Leurs Majestés fussent en l'état qu*ils doivent être et leurs personnes con« tentes et en repos "... »

Sa préoccupation était si vive d'une entente complète entre Condé.et le duc d'Orléans, que, pendant la même journée, il écrivit une troisième lettre sur ce sujet à son confident l'abbé Fouquet, pour lui signaler tout le danger d'une telle union, o ... Il est aisé de voir, lui disait-il, que M. le Prince a plus de pouvoir que le coadjuteur sur l'esprit de Son Altesse Royale, et cependant l'on avait cru que ledit coadjuteur, avec M"^ de Ghevreuse et M. de Ghàteauneuf, y avaient un crédit tout entier. Le prochain ordi-

1 Archives du ministère des affaires it'angères, France, Lettres de Mazarin, t. XXIX.

• Archives du ministère des affaires étrangères, France, Lettres de Mazarin, t. XXIX.

Page 1