‹ Le cardinal de Retz et l'affaire du chapeauChapitre 97 sur 218 · DEMANDE DU CHAPEAU PAR HAZAHIN · texte numérisé non relu

DEMANDE DU CHAPEAU PAR HAZAHIN

dit, écrivait-il au duc de Mercœur, le 12 septembre, que M. le coadjuteur lui a témoigné grande passion pour ce qui me regarde. Il est fort capable pour faire réussir quelque chose à mon avantage, s'il entreprend de vouloir servir la reine en cela. Je crois que son intérêt même Vy pourra obliger. Vous en pourrez conférer avec ledit Bartet, mais je vous prie de faire en sorte que personne n'en puisse rien pénétrer*. »

Le même jour il écrivait à la reine ces lignes caractéristiques : « Bartet vous priera, de ma part, de parler avec chaleur des intérêts du coadjuteur, que je vois qu'on doit obliger de bonne grâce, Tobligeant à confirmer de nouveau ce qu'il a déjà promis à la reine. Je vous conjure de vous appliquer à ceci, et faire connaître à Bartet et au coadjuteur de quelle façon je vous en écris. Il sera bon même de bien engager en cette occasion M*"* de Chevreuse... L'autre affaire qui regarde le coadjuteur est d'une furieuse importance, et vous devez vous employer fortement... afin qu'il soit content, si ce n'est qu'étant sur les lieux, vous vissiez des choses desquelles je ne puis pas avoir connaissance... » Il s'agissait évidemment d'accorder à Retz la grande grâce qu'il poursuivait depuis si longtemps avec tant de persévérance et d'ardeur. Que demandait en retour Mazarin, pour ses intérêts particuliers? Une grâce fort peu importante en apparence, et qui était pour lui d'un prix inestimable, en ce moment surtout. Il désirait, lui exilé et frappé par tant d'arrêts de pros-

' Archives du ministèrt des affaires itrangh^es, France, Lettres de Maxarinj t. XXIX.

DÉSINTÉRESSRMBNT JOUÉ DE MAZARiN. 265

cription, que le roi lui donnât asile en France dans une de ses places fortes, ce qui, par le fait, eût été mettre à néant tous les arrêts du Parlement contre sa personne, et cette grâce, il voulait qu'elle fût sollicitée auprès du duc d'Orléans par Ghâteauneuf et par le coadjuteur. « Je vous déclare de nouveau, disaitril à la reine, que, pour ma satisfaction, pour mon honneur et pour mon repos, je ne souhaite autre chose que retourner auprès de la reine pour la servir et y finir mes jours en qualité de son domestique, comme je le suis, sans me mêler d aucune affaire, petite ni grande. Mais s'il n*est pas possible que je reçoive promptement cette satisfaction, au moins qu'on me donne lieu d'avoir un peu de repos avec sûreté. Pour cet effet, je vous conjure de parler afin que je puisse aller à Brissach, en quoi la reine ne devrait rencontrer aucune difficulté, le roi étant le maître, et cela ne faisant tort à personne. Je vous proteste devant Dieu qu'il m'est impossible de demeurer plus comme je suis, pour une infinité de raisons; et je crois, ne se pouvant pas mieux, que vous devez vous employer rigoureusement avec le coadjuteur et Ghâteauneuf pour faire réussir cela, et c'est assez qu'ils en persuadent Son Altesse Royale \.. >> Enfin, Mazarin était si impatient de hâter le départ de la reine et de se rendre de nouveau, par ce moyen, maître des affaires, qu'il adressait le même jour & son confident Bartet une dépèche de la plus haute importance et qui roulait presque tout entière sur le coadjuteur.

* Mazarin à la reine, 12 septembre 1651. Lettres de MoMorin, Édition Ravenel.

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