‹ Le cardinal de Retz et l'affaire du chapeauChapitre 98 sur 218 · INSTANCES DE HAZARIN POUR RETZ · texte numérisé non relu

INSTANCES DE HAZARIN POUR RETZ

« La reine peut dire de quelle façon je lui ai parié du coadjuteur, que je voudrais voir entièrement satisfait, étant persuadé que, s'il avait de meilleures armes (c'est-à-dire s'il était cardinal), il combattrait encore mieux, pourvu que le maréchal de Villeroi n'y apportât de l'empêchement. . . »

Mazarin ajoute qu'il est persuadé que « le coadjuteur a bonne volonté pour lui et grande envie de loi en donner des marques » , bien que Ton s'eiforce à lui persuader le contraire. « Ce que je vais vous dire, poursuit-il, vous fera assez connaître si ma passion pour me lier avec Ghàteanneuf et le coadjuteur est sincère, et si j'ai bonne opinion d'eux. Je prierai la reine de donner entière créance à tout c« que vous lui direz de ma part pour ce qui regarde le coadjuteur, et je n'oublierai rien afin que celui-ci ait un entier contentement, ^ans rien capituler avec lui. Car, outre qu'il est déjà engagé avec la reine, il me semble qu'il ne sera pas fâché du beau champ qu'il aura d'en témoigner sa reconnaissance par des moyens tout à fait généreux ; et il me semble qu^il doit d'autant plus estimer ce que je faisy que c'est contre l'avis de presque tous mes amis. » Il s'agissait évidemment de la nomination du coadjuteur au cardinalat que Mazarin conseillait à la reine de lui accorder par cette même lettre, dont le passage suivant ne saurait laisser aucun doute : « Puisque la reine me remet l'intérêt du Poltron (qui ne l'est pas trop) *, je vous conjure de dire à la princesse

^ C'est ainsi que Retz était désigné parfois dans les lettres chiffrées de Matarin à la reine, par antiphrascr, ce qui était une excellente manière de cacher son nom.

SES PRESSANTES SOLUCITATIONS. 267

et à Bariei que la plus grande grâce que la reine puisse faire à Mazarin est de satisfaire le coadjuteur sans y perdre U7i moment de temps. Il sera même bon que vous et la princesse palatine en parliez à la reine y lui disant que Mazarin lui aura plus d'obligation de ceci que de toutes les autres grâces qu'il pourrait jamais recevoir; que fose répondre que c'est le service du coadjuteur et de la reine, et que fen recevrai de grands avantages.

(c Enfin, ajoutait-il; Bartet, la princesse palatine et tous leurs amis ne sauraient tant dire et presser là-dessus que je ne souhaite encore quelque chose de plus;... mais, d'après ce que je sais, je prévois que la reine sera bientôt persuadée, et portera après 16 roi à obliger le coadjuteur de bonne grâce. » Enfin, Mazarin, pour ne laisser aucun doute dans Tesprit du coadjuteur, se montrait aussi impatient que lui, en apparence du moins, de voir réussir la promotion dans le plus bref délai. « Si le pape, qui est malade, disait-il, vient à mourir sans faire la promotion, celui qui lui succédera, quelque instance que es princes fassent, . . . prétendra, comme c'est la coutume, de la faire pour lui, étant la première. C'est pourquoi Leurs Majestés ne doivent apporter le moindre retardement à la nomination, mais renvoyer par courrier exprès, avec ordre à l'ambassadeur de presser le pape pour donner satisfaction au roi, comme il y est obtigé. Je proteste à la princesse palatine, disait-il avec toutes les apparences la bonne foi et une grâce charmante, que si Mazarin exilé pouvait aller en personne prier Leurs Majestés de Tafiaire susdite, il n'y a rien au mond(«

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