WSSION CONTRE LA DOCTRINE DE L*INFAILLIBILITÉ
casion expliquer clairement, ne nous laissait toujours dans Tesprit les soupçons et les défiances que voos avez vus dans toutes mes lettres sur ce point. « Vous croyez bien, Monsieur, par cette raison, fuenons ne voudrions pas répondre de Tévénement, mais nous osons bien vous assurer que, si nous 00U8 trompions dans nos espérances, le nom du roi n y sera en aucune façon du monde engagé ; que, quoique celui de la Faculté ne se voie encore dans la négociation qu'en éloigneiAent, il n'en sera que plus disculpé et plus déchargé de toutes les suites, et que nous espérons que, si nous nous méprenons sur nos mesures, nous serons au moins justifies par les raisons que nous avons eues de les prendre. Ce n*est pas qu'il n'eût été fort à souhaiter, pour la considération du secret que vous avez si judicieusement marquée, que le pape eût voulu prendre sa résolution de lui-même, mais, outre qu*il eût été impossible de s'assurer par la voie de Sa Sainteté des suites de la lettre aussi certainement que nous le ff^rons par celle de la Congrégation, nous espérons de faire en sorte que, si cette cour n'agit pas sincèrement, elle aura au moins beaucoup plus d'intérêt à garder le secret que nous-mêmes. Il ne serait pourtant pas judicieux à notre sens, de se le promettre, mais nous sommes persuadés que, si elle y manque, les inconvénients de ce défaut tomberont beaucoup davantage sur Rome ({ue sur la France. Car enfin le pis du pis pour la France est que le cardinal de Retz ait cru voir dans les esprits des députés, qu*ils sont disposés à ne point censurer l'opinion qui soutient Tinfaillibilité du pape, si
340 U: CARDINAL DE HETZ.
Sa Sainteté so disposo à ns point condamner celle qui combat cette infaillibilité, et le mieux qui puisse arriver k Rome, si elle refuse ce parti, e»t qu'elle soit obligée d'avouer que rien ne Tempèche de vouloir l'accommodement que la pensée d'établir sou infaillibilité. Cette rétiexîon a fait que nous avons jngé, M. do Bourlomout cl moi, que l'ouverture que le pape a faite de la Congré^atiou n'est pas mauvaise, el M. le cardinal Albizzi ne put s'empî-chor de me dire d'abord, parla même considération, qu'il ne pouvait concevoir pourquoi le pape avait pris ce parti, devant que d'être tout à fait assuré du succès de la négociation.
« J'oubliais de vous dire que le pape me parla do Guimenius comme d'un livre contre lequel on verrait bientôt quelque chose de sa part de plus rude et de plus sanglant que tout ce que l'on a fait en France ; ce que jo ne puis pourtant accorder, on mon particulier, avec la délicatesse que l'on a ici du ne le point nommer, mais, sur le tout, je suis persuadé quo l'accommodement ne tiendra pas k cela. . .»
Ce Mémoire si remarquable produisit le plus grand olfol h la cour de France. Le roi et LioDue furent charmés de tant d'habileté, do fmesso, de profondeur, d'insinuation el de circonspection. Jamais l'art et la science du diplomate no furent poussés plus loin, et Lionne, dans le prcmiur rooavcmeut de son admiration, écrivit au cardinal une dépèdlie qui nous montre à quoi point il savait appr^ cier, ainsi que Louis XIV, lo génie de cet homme extraordinaire. Avec quel sentiment mêlé do joie et d'orgueil Retz dut la rucovoiri Cette page de
"'SSlos CONTRE LA DOCTHISE DR L'iNFAlLLEBILITfc. 3(1
Lionne^ certainemenl inspirée par le roi, fut une des plus hautes récompenses que reçut jamais le vieux cllef de la Fronde, Condé. après avoir Inngui plusieurs années, depuis son retour en France, dans la ''éfavBur de Louis XIV, put enfin reprendre son ^pée et remporter encore des victoires. Jamais l'infortuné cardinal, pour prix de ses services et de ses ''a.res talents, ne put obtenir aucune dignité diplo- '^atîque, si modeste qu'elle fût.
Voici la dépèche que Lionne lui adressa le * ^ janvier 1666. Elle restera comme l'un des plus **6aux monuments élevés à la gloire du cardinal de **et«. « Monseigneur, lui disait-il', j'ai reçu la lettre dont Votre Émineuce m'a honoré du 22° do l autre mois, par laquelle elle a bien voulu, par **ion moyen, rendre compte au roi do ce qui s'était passé dans l'audience qu'elle avait eue du pape et de *out ce qu'elle avait fait ensuite sur l'affaire de la '•ulle. Sa Majesté a entendu la lecture de la dépêche "® Votre Émînence avec grande attention, et té- "'oigne après cela plus de satisfaction que je ne '^iTais bien le lui exprimer, do toute sa conduite, "® la force de ses raisonnements, de son adresse à 'nsîxmgf ce qu'elle a voulu, de sa prudence à éviter **^*sles écueils et enfin de son zële k faire en toutes '^***^ses ce qu'elle connaît qui lui peut plaire, dont '*^ m'a expressément chargé de l'assurer qu'elle • sait beaucoup de gré. Nous nous Irouvona •-• « ici dans le même sentiment de Votre Émî- "s»ace, que la voie qu'on a prise d'une congrégation,
T- XXIII'lplnry-T
>-LB CARDINAL nt: HRT7.. ^^^^Hff
composée comme elle l'est, sera plus avantageuse que toute autre, parce que la sûreté y sera pliiB grande qu'elle n'eût été par aucuue parole qu'ils eussent pu donner, de quelque bouche qu'elle fâl sortie. Votre Ëminence a eu grande raison de rejeter ce que M. le cardinal Albizzi lui avait dit, d'opinions tolérées pai-les papes; ce terme-là oTaurait pu Aél»^ rew 4«fitï W iwuibi,«W s'p«;onfcIk«MMt intention, ils la pomrQnt faepeiBwtf *4>noïg»ar fm 4'aMtnB. etpKfpsiqpa.gui^^ «eraft.,I>«i Mm^ géante*., »■. . , ,. ,^,. „■
,/Adetels,âo£M,^rdetl44Qn4.n!QHriw«|fcajcffti( ' va» mw^e -de «Dn%ijça ffiof^ ,]^ gmndQjtiOl renbneèniit i inqws^^ au cardin4 de Iletz4<#îaK txoctioms, ils loi abaadonffferejat, prB>qBfl.pQmpl)M»! ment le soin 4? ^ondoire et de dûglgerq^jb^^jBiiMMi ù pM ^Qff et 1& fd^K eon^liqnie qqî t^\.\fmm^ Dfl le ,çroyaiettt seul cfHftable de triompher da>,|^ conz de Àome et de .tout le sacré oollége, e'«)«Hlt dire de la pins haute école de ^pl<uQatie qoi aiteod^ dan«le monde, ;^«c^£Qfin, disait lioww, il»y<.aa Honaeigneorf qff> yoa« lam^iaiitt etdin et-B*M« aura qae ce sera.toQJours mieux qu'on ne tomIa saurait suggérer d'ici, et nous attendrons maintenant en bonne dévotion de recevoir par tous les ordinaires de vos nouvelles qui satisfassent notre ' curiosité, en voyant combien de détours on noua aura donné, combien d'attaques pour nous surprendre et par quels [moyens] d'une suffisance bien supérieure à la leur et à toutes leurs souplesses, vous vous en serez garanti... s
Le cardinal de Retz profita des fêtes de Noël et
MISSIOS CONIKE LA DOCTHENE DK L'iMFAlLLIBiUTÉ. 343
de celle» qui les suivent immédialemenl pour suspendre ses négociations. Avec sa profondeur de coup d'œil habituelle, il signalait à Lionne quel en serait probablement l'écueil, tout en reconnaissant que le pape et ses conseillers ne négligoaicnt rien ®«* ce moment pour découvrir un moyen de l'éviter, pour trouver quelques expressions Je nature à 5àuvoi- à la fois la dignité du Saint-Siège et sa doctrine ***!«' ritifaillibilité ponllficalo. « Monsieur, disait-il ^ Lionne dans une lettre en date du 29 décembre, ^* parfaite connaissance que vous avez de cette cour 'ï*^ persuade qne vous ne serez pas surpris de ce lUe ^e ne voua mande pas encore par cet ordinaire "^^ que l'on peut attendre do ses résolutions sur ce 1"i regarde la bulle. Vous savez quelles sont les *>cïcupation8 dei/e buone [este dont les derniers jours ■^^ sont gujjre moins indispensablemeut employés ***^x cérémonies et aux visites, que les premiers le **^*H. aux fonctions et aux chapelles'. M. de Bour- ^*^*Tcn)nt a cru qu'il était à propos de ne pas contrain- "-***ô le génie du pays, et qu'il y avait même de l'in- ^^'^l'vénient à témoigner do l'empressement. Je n'ai P**-^ laissé de pénétrer que l'on contiuue ici à sou- "^^iter l'accommodement «t à convenir que l'on no ï**'^tend point condamner l'opinion de la Faculté, "^ajs que Ton est fort en peine de trouver des ex- ''f^^sions qui ne fassent préjudice ni directemeut ' ■ «Indirectement à celle de Rome. Ce qui embarras- '■^ plus celte cour est l'appréhension qu'elle a de *~^ voir à toute la chrétienté qu'elle désavoue,
fai
par la déclaration que l'on lui demande, BeUarmi» el tes autres auteurs qui ont traité ropimoD coh traire à l'infaillibilité de téméraire et même de fer approchant d'hérésie. C'est, h mon sons, où est iKPud de la difficulté. Nous avons jugé à propc:^ M. de Bourlemont et moi, d'attendre les ouvertu^ que l'on pourra faire, et j'espère, de l'appUcatta* que je vois ici à les chercher, qu'elles pourrez réussir. Ce n'est pas qu'il n'y ail eu depuis loiza temps une grande délicatesse en cette cour sur c^s matière; mais, voyant clairement, comme je vcj que l'on y reconnaît ingénument l'équivoque, je saurais croire que lo fond d'une aJl'aire de ce:^ nature, dont on commence à concevoir l'importa ce, puisse être emporté par de.s difficultés et ■^ scrupules qui n'ont, à proprement parler, ni coim' quence ni fondement. »
Avant que la congrégation de Jansénïua se rétm i pour examiner l'alfaire, le pape, afin de soadeK~
' Le cardinal BeUarnun, ancien Jùnite, dans iilusienra d» ouvrages, sans tenir compte de la doclrine constaots de |icn(Ianl plua de iujll'> ans. ^ur sa jiropre ïnraillibilil^, fniro proTsloir U» opinions ultranonUineB pour U trantMrer ' personne du pape. Se» ouvrogei De Komano ponlificf at Depotr^tummi poHtîficâ Jn reAiu rcmpora/iiuj, furent onUainDÉi par arr4ta du Parlement- Il ; Boutient, sinïi que dnai deui nuire* te* trai(e«, que lu puiasanee temporelle des rnîi est sabonloDO*^ la puïiiiajice spirituelle des papes : que le pape, chef ahtolil l'Eglise, est supérieur aux conciles gènéraui; que la joridieCH des évoques o'est qu'une détêgalioD de ta sienne. C'e«l BellanBqui fli mettre i Vîndex l'arrdt du Parlement de Parla contre J«a CbAtel, l'un des assassins d'Henri IV. Boâsuet reprocbail **M rat son i, ta cour de liome de s'appuyer, ea ce qui louchait ft ses pt*' tentions d'infaitlibilitè, plutôt «ur le« ouvrages de Bellarmin qus am l'ancienne tradition de l'Égliie.
"■SSIOB COSTBE LA D0CTR1SK DE L'INFAILLIBILITÉ, 345
'Train et de n« s'ongagor qu'à bon escient, jugea à
propos d'envoyer auprès du cardinal de Relz un
^O'io théologien en qui il avait mis toute sa con-
uance. Le cardinal raconte à Lionne son entretien
•vee l'envoyé d'Alexandre dans une dépèche d'une
*«niirable transparence de stylo. Connaissant mieux
lue personne le naturel de la cour de Rome, qui
•*corde toujours moins qu'on ne lui demande, il
■ «Itached'abordàhaussories prétentions de la cour
<■« France. La question est posée par lui en des
•*naeg encore plas précis et plus fermesqa'il ne Ta fait
jUKque-Ià. Il la discute avec son habileté ordinaire
** il manœuvre et argumente si bien que l'assesseur
"**• Saint-Office se relire enchanté et persuadé que
***utes les difficultés se peuvent résoudre par quel-
l**» habijp formule. Dans cfi même Mémoire adressé
■Lionne, le cardinal de Retz, avec une rare modes-
***! ol sans chercher le moins du monde k faire pré-
"Moîr les expédients qu'il a proposés lui-même jus-
1<io~là, lui déclare que M. do Bourlemonl a trouvé
^^ tnoyvu do nature à résoudre la plus grande des
—■fticultés et qui lui semblerait digne d'ôtre adopté.
~^ moyen consisterait k obtenir du pape une lettre
, ^'•l» laquelle, sans qu'il fût question de l'infailU-
, *'«té, le pontife dirait tout simplement que, par sa
**He, il n'a prétendu, en aucune manière, condam-
^*" la Sorbonne, ni la priver du droit de censure,
^^^ï* plus que les évoques du la connaissance, etc..
*^n oiiA t^nnclIe en termes iféaé
^n que conçue en termes généraux, la lettre du
'S*e n'en eût pas moins été une rétractation indi- «ite de sa bulle. IJuant à poursuivre devant la cour ^ Kome lu condamnation nominative do Gulmenius,
CARDINAL DE BETÏ,
le cardinal ajoutait avec raison quo ce soia deviendrai! inutile par suite de la lettre, qui, eo recoQ naissant le droit de censure de la Sorbonne et en li
.relevant do tout blâme, approuverait implici temen la condamnation du Père de Moya,
Voici Id belle dépêche du cardinnl de Relz i Uoimo; elle nous montre une fois de plus ave-
■ quel art cet admirable écrivain savait donnor de
'formes nouvelles au même sujet.
" Monsieur, disait-il au secrétaire d'Ëtat des af
!|fires étrangères', je vous mandai par ma deroièr
l^cnous avions ju^é à propos, M. de Bourletnon
' Bt moi, de laisser couler les fêtes sans faire aucui pas, et nous trouvons par Tévénemenl que nous d
: nous somme» pas trompés dans nos mesures : car 1 pape, qui s'est ima^né apparenmient que mon sî IflQce pouvait éti-e l'elfelde quelque re froid is&omen Bur le fond de la négociation, a fait lui-même le avances, et me fit dire jeudi au soir à la eliapelle par M. le caidiiLil Chigi, qu'il m'enverrai) an pre miiTJiKir uKinsi'i^/m'iir Vai'fSf, iisscsst'iir du Saint Office et secrétaire de la congrégation de JanséniiiE pour conférer avec moi, et pour lever les inconv£ nients et les apparences que l'on ne pourrait évitai si la DégociatioQ se faisait directement avec les ca: dinaux. 11 me tint sa parole fort exactement, et c monseigneur Varese, dont M. de Bourlemont a foi bonne opinion, et qui passe en effet ici pour homin de bien, vint samedi chez moi, et, après m'avoir t£
■ ArehivM dea affaires étrangère:
T. XXIII de U Correipondanct lie Uon
«ISSlo-c COBTHE L* DOCTBINE DE LINFAII.UBILETÉ. 317
ni«i^i»é une extrême joie de la bonne disposition où ii Voyait le pape, il mo dit qu'il me priait de lai •nafquer positivement et en détail ce que l'on pourrait iiï-er de la Sorbonne pour la satisfartioD de Sa SaiDtoié, Je lui répondis que je m'en étais expliqué fort po-rtieu! ij^rement ayac elle-même, et que je ne doutais point que je ne pusse porter los députés de I* 'aoiilté de théologie à écrire au pape qu'elle n'a jamais eu la pensée de toucher par sa consuro à la doclrÎQg qui soutient son infaillibilité, et que son •*'*wment n'a été que de censurer celle qui con- ■**'*Ho la contraire, mais qu'il était impossible de obliger à ce pas, à moins qu'ils ne fussent tout à '*'*■ asjturés que Sa Sainteté leur répondra qu'elle "• point aussi prétendu par sa bulle condamner l'o- P''*ion contraire k celte infaillibilité, ni d'Ôter aux *^UC8 la connaissance, etc., ni à la Faculté, etc. *^»ia avon« cru, M. de Bourtemont et moi, qu'il ^Ml k propos de faire la proposition en ces termes, ***• »ont plus forts que cpux que vous nous aviez f^^J^ués, parce que l'expérience nous fait voir, eu '*^*Alos occasions, qu'il faut toujours demander le •^*Ms aux gens de re pays pour avoir le moins, et ^^■UiBo nous savons que la plus grande et la seule ^■flicullé que le pape peut avoir est de titre direcle-
qu'il ne condamne pas la rioctrine corttrairc à ^■'^ df son infaillibilité, nous estimons qu'il croira ^'«îr beaucoup ^agné quand nous nous réduirons, ^**>n ro qu(! vous m'en avez mandé, à souhaiter ^*'*, mettant à part le fond de cette question, il ne ^^*«<s par sa réponse que déclarer qu'il n'a prétendu
Ra bullp condfimnffr qtie la <bjctritie qui accmerait
h sienne, c'est-à-dire celle de rinfaillibilité, d'héré^ d'erreur, de présomption, de scandale, de téMrrîté, etc., eomm*! aussi, en ce cas, la Sorbonne dira par aa lettre autre chose sinon qu'elle n'a « tendu quoi que ce soit par sa ceosurf , si ce n'es», condamner l'opinion qui accuserait la sienne, c' « à-dire celle qui est contraire à l'infaillibilité, d""! résie, d'erreur, de présomption, de scandale, de mérité, etc. M. de Bourlemont a pensé à un au^ expédient, qui faciliterait beaucoup l'accommo» ment, si le roi jugeait qu'il fût recevable, qui s que, sur la déclaration de la Sorbonne, que vous ^^n>c marquez par votre dépêche du 20' novembre, 1' "" se contentât que le pape répondit qu'étant éclai^^*''^' avec satisfaction du sujet de la censure de la Facult:^ il* déclarât qu'il ne prétend pas l'avoir touchée C^^^ aucune manière par sa bulle, ni ûter aux évèque» B^^ connaissance, etc., ni k la Faculté lo pouvoir i censurer, etc. Ce qui lui a donné cette pensée, f^ nous a fait prendre la liberté de vous la proposer, e^ qu'après avoir lu ensemble avec soin et avec exactitude votre dépêche du 20°, il nous semble que l'in--^-^ tention de Sa Majesté serait que l'on n'entrftt poinr J de part ni d'autre dans lo foud de la question, remédiant pourtant aux inconvénients de la bul]e«- ^ qui, comme vous le voyez, ne préjudicierait plus i^" la Sorbonne par ce moyen, chacun demeurant uinsS "" dans ses opinions, au moins pour ce qui regarda l'infaillibilité, car, pour ce qui est du pouvoir dca évèques et de celui de la Faculté, lo pape ne fait au^ cune difficulté de s'e\pliquer comme l'on b'pïi ei— plique mt-ma en France. Comme, selon cet oxp<
omr.^1 illf- ^
■MISSION COKTBE LA DOCTRINE OB L'INVAILUBIUTÉ. 319
dient , Sa SHtnteté ne déclarerait point qu'elle ïi a pas prétendu condamner l'opinion contraire à l'infaillibilité, je n'ai pas cru d'abord qu'il nous put donner pleinement ce que le roi désire selon vos dépêches, mais, outre qu'il tranche toutes les difficultés et toutes les pointillés qui se pourront rencontrer de part et d'autre dans la manière do s'explîquer, j'ai fait réflexion que Sa Majesté, ne désirant que la révocation de la bulle ou l'équivalent "G cette révocation, ce moyen tient lieu de l'équivalent, parce qu'il suppose que le pape déclarera positivement que sa bulle ne touche ni directement ni indirectement la Faculté, dont la doctrine, étant °*en expliquée dans la lettre des députés au pape, serait ainsi on quelque façon approuvée par une ■■éponse, qui marquerait que Rome u'a pas eu seu-
'oTOenl la pensée de la condamner
« Je reviens à M. Varese, qui, apr^s avoir écoulé
^vec attention ce que je lui disais ;d« ce que l'on
pourrait tirer de la Sorbomie, en cas que le papo
"•^Unat les assurances, etc., me témoigna que les
1 "Moindres mots sur cette matière étant importants
**■ délicats, il avait peine de s'en fier à sa mémoire,
*■ je crus voir dans son visage plutôt que dans ses
■P^ï*oles qu'il eût été bien aise que j'eusse voulu lui
*^ •*^iier un mot par écrit. Je ne fis pas semblant de
■-*pçonner seulement qu'il eût celto pensée, et
*'*line il vit que je continuais le discours simple-
. ^^*it et sans affectation, il me pria d'agréer qu'il
L~*^ seulement marquer sur ses tablettes la sub-
t "*ice de ce que je lui avais dit. Vous pouvez croire
^^^ je n'y trouvai, do mon côté, aucun inconvénient.
■•CAHUINAL DE RETZ.
Il me témoï^a ensuite que l'affaire ne renconli rait, à son opinion, ni obstacle ni difficulté, et ig le seul embarras qu'il y appréhendait n'était qu» peine que le pape pourrait avoir de ne traiter qtm. vec des députés qui pourraient être désavoués ^de leur compagnie, parce qu'elle ne leur avait f»-9is donné le pouvoir de lui écrire. Il m'eût été bi^n aisé de lui lever ce scrupule, si je me fusse pu o «jvrir sur le pas que le roi veut bien faire quand on sera convenu du fond; maie, comme on n'en t?-»' , pas encore d'accord, au moins touchant les term«?s I par lesquels ou le doit expliquer, je me lins absolument couvert, cl je lui répondis simplement cfzsfl j'étais si assuré que ces députés seraient avoués tS* leur corps, que j'osais même répondre au pape qi* * ce même corps ne ferait point de difliculté dans f * suite de témoigner à Sa Sainteté la joie qu'il aura^^^ de l'éclaircissement dont elle aurait bien voulc* honorer ses députés. Il mo voulut faire explique^ plus particulièrement sur ce détail, mais je domeu'rai diins les termes généraux en disant qu'il fallait convenir des expressions, devant que d'entrer dans ce particulier, sur lequel je croyais que l'on pouvMt trouver fort aisément des expédieuls. M. Vareso mn repartit sans balancer qu'il ue voyait rien de plus facile que de convenir de ces expressions, el qu'il espérait de me le faire connaître au premier jour; que le pape ne l'avait envoyé que pour savoir précisément le sens et la force des paroles que l'on -* pourrait tirer de ccilx de la Faculté ; qu'il lui ferail -* un fidèle rapport, lundi au matin, de ce qui s'était^ -^ passé dans notre conversation, et qu'il ne doulaJ^-^C
l'ISSIU'I CUKTKt: LA UUCTRlNb: Uti L
V1LLIU1UTÈ. 331
poinl qu'elle n'eût un fort bon aaccès. Nous nous **f*rftmea ainsi l'un et l'autre avec beaucoup de ci- ^'^'ll^. et je remarquai, si je ne me trompe, sur son ^■^4^ bien de la satisfaction et bien de la joie de ce 9*le le pape l'avait mis dans cotte affaire, ce qui mé- '^te d'être obi»en'é dans un pays où il est certain que I<ss |irélâls n'entrent pour l'urdinairo qu'avec peine *** *ji'av6c chagrin dans les aJFaires qu'ils croient I^ouvoir o'Alrc pas, dans leur couclusion, agréables **ix couronnes. Comme toutefois celui-là est trfes- P^tieuliërement dépendaut du pape et de toute sa **iaj»on. nous avions juçé à propos, M. de Bourle- «ïxontet moi, de ne nous pas remettre si fort h ce ^t-i^il rapportera do nos sentiments et au pape et aux "î^J^iiaus, que nous no tenions toujours ouvert «■■vec soin et avec applicatioa te canal de M. le cardinal Albizzî, qui est, <i notre opinion, le plus sûr »i»«- ce poinl, tant parce qu'il soubaite l'accommodettient [(our ses intérêts particuliers que parce qu'il parle plus hardiment que personue au pape, et qu'il le contredit et l'emporte même assez souvent contre •** premières résolutions. Je le vis samedi au soir. **• «ortir de chez la reine de Suède, et il me dît 1^ H fallait terminer cette affaire, qui n'était bonne " personne ; que je travaillasse de mon côté à faire "n Canevas delà lettre de» député», et qu'il travaille- I*** du sien à en dresser un de la réponse du pape. .■*«) lui témoignai pas désapprouver cette propo- '*oa, afin de l'eu^a^r k me faire voir la manière **^l il préti<ud la concevoir devant que d« la com- ^Ckiquer aux autres, mais jo ne me hAtorai pas, de ^^ P&rtt à lui montrer celle dont nous rroyons,
3Sâ IK LABDIKAL l)K HCTZ.
M. do BourlemoDt et Qioi, que la Faculté pont coi cevoir sa lettre, «fin de nous laisser toujours plus d— . terrain pour prendre nos avantages snr les exprès sions et sur les termes. Vullà l'état où est la chos^ qui, par beaucoup de circonstances, nous Fora^^^^ croire, à M. de Hourlemonl et à moi. que l'acKamm^B^ .^ dément est en fort bon chemin, si la connaissance ^ que nous avons de cette cour nous permettait d'a^^^^ surer et de croire quoi que ce soît de lout ce qui a^^i^:= est pas consommé..... »
Rome, suivant sa coutume, cherchait à ga^ i^m
du temps et ajournait de plus en phis sa réponse ^^^^^ ne cessant de la faire espérer. Mais le cardinal -^^^ Retz opposait à ses lenteurs une patience in^t:- ^^^ ruble. (' Monsieur, écrivait-il à Lionne (12 janvS*^^'" 1866), vous savez le terme des bonnes fêtes, suivax^^" le style de ce pays, et vous no vous étonnerez pas san« doute que Ton ne se soît pas encore expliqué sur" ce qui regarde la bulle'. M. le cardinal Chigi me liil hier au consistoire que l'on y pensait avec application. Comme il est à propos de ne témoigner ancune impatcnce, j'avais fait dessein de n'y pas prPBdro audience du pape, mais je no m'en pus défendre, h cause d'une alTairc dont je fus obligé de lui parler... ..
Louis XiV et Lionne approuvaient lo cardinal de sa réserve. « Le roi , lui écrivait le ministre (SS janvier*}, a fort bien reconnu qoo Votre Émînenco n'a pas dû, comme elle dit fort bien, cootruo-
I Arcliires des afTaireE Étrsnj^res. Eoiii«. t. XXUl <la L> CVire*. pondancrde Lionne.
■ T. XXIII «ta la Coirripontlana île Lionnt.
«SSIOH COWTHE LA ItOCTBlNU DE L'HtTAILLlBlLITÉ- -tSa
in lo ^nifl du juipe et qn'îl y aurait eu do l'incon- , >^cnt h témoigner dt> l'empressement. La matière d'ailleuni osl assez délicate pour y laisser ud peu longtemps songer tes messieurs sans que nous *Voiw raison do trouver h redire h cette longueur, Pi il sera curieux de voir par quels replis et sinuo- ■•lé» ils se voudront démêler de ce qu'a écrit le ear- "înal Bellormin et leurs autres auteurs comme une **pinion qu'il faut qu'ils approuvent aujourd'hui Poiir fort catholique, au moios indirectement; du *Ooîns conçois-ju que c'est là ce que nous leur de- '^iftndodu; et si Votre Émincnce, par sa dextérité, ^*'nt enfin à bont de leur faire Faire un si grand P*», je liens que nous aurons sujet de remercier '•^Ux qui ont donné le conseil au pape de faire la frulle et de la concevoir en termes équivoques. »
Lo roi et Lionne no cessaient d'admirer et do loxicr l'habile couduite du cardinal de Retz. Mais ils "* furent point d'avis d'accepter l'expédient pro- ?***é par M, de Bonrlemont et approuvé par le cardiïHal. One simple déclaration par laquelle lo pape ^ïfirmerait qu'il n'avaitpointvoulu toucher aux droits w la Sorbonnc et des évéqucs de France, ne leur paï^ssait pas suffisante, attendu, suivant eux, que les excommunications de la bulle contre les lecteurs ou détenteurs de la censure de la Faculté de théologie n'en subsisteraient pas moins. Le roi et son ministre conseillaient donc au cardinal, avant qu'il se prononçAt lui-même, d'attendre les proponitions de la cour de Rome.
Un muis s'était écoulé depuis l'importante conféroQCfl de Retz avec monsignoro Varese, et Rome,
LE CAHftINAI. DE BETZ.
malgré l'empressement qu'elle avait semblé mo**trer jusque-là à terminer l'airaire d'un comni.«-*ii accord, gardait un silence impéuétrable. Dans <î«3l intervalle, le cardinal avait vu le pape et le cardÎKK^ Albizzî, mais ni l'un ni l'autre n'avait ouvert la bo tache au sujet de la bulle. 11 se perdait en conje*ï~ turcs; celle qui lui paraissait la plus vraisemhlabl*^ c'est que le pape, dans l'espoir qu'une rupture éci^»^ terait bicutÂl entre l'Angleterre et la France, em-* cherchait qu'à ga^ucr du temps, pour profiler d^» événements. La lellre que Itetz adresse à Lionne -à ce sujet (2 février) peiut à merveille les indécisioc»-^ et les fluctuations du la cuur de Rome. » Je u*ai on^core aucune réponse du Palais, lui disait-il, «l que- ïque diligence que j'aie pu faire pour pénétrer la raS- 'flon de ce sîleuce, il m'a été impossible d'en tirt^»*' aucune lumière'. L'application extraordinaire qiB- ^ l'on a eue d'abord à recevoir et à examiner les oi^^*^ vertures que j'ai faites au pape, jointes à toutes 1*— *" circonstances que je vous ai écrites de temps e temps, font que nous no nous pouvons imagînci M. de Bourlemout et moi, qu'il y ait ou de l'art du dessein dans les premières apparences, qui uou ont persuadé que l'on souhaitait ici l'accommod' ment. Le secret que l'on y observe encore, atf< une exactitude qui passe jusqucs au scrupule, si tout ce qui regarde la dernière audience que j* eue de Sa Sainteté, nous empêche même de bou; çonner que ce qu'elle laissa pénétrer de la pi
I Archives r1ii minisiÈre des a[Titir< CwrttpoTviancf de Lionne.
èlraoeferes, I. XXIII ilo
lUSSION COXTBIÎ LA DOGTtllXt DE l'iNFAILUBIUTË. 335
mière, que j'avais eue à Castel, à M. le cardinal
PalU^-icin et au Pfcro Oliva'. fût en vue de prendre
avantage des apparences do la négociation. L'utilité
que In cour de Rome aurait pu concevoir ù jeter de
fausses lueurs pour ralentir les pas du clergé, du
l*arlenient et de la Sorbonne, serait un fondement
plu» vraisemblable pour nous faire croire que sou
intention n'a été, dès les commencements, que de
<^' tempo ai tempo, ce qui est assez du génie d^u
pays ; mus nous ne pouvons pas même tomber dans
^^ sentiment quand nous considérons le détail do
<^ qui s'est passé, que vous avez vu sans doute beau-
^ottp plus clairement dans la suite de mes lettres,
l*!» je no vous le pourrais exprimer ici, et nous
*iaus réduisons k croire que la froideur qui parait
*u Palais est plutôt l'effet du changement qui y est
^apparemment dans les esprits, qu'une' suite d'aucun
*ïe»spin qu'on y ait formé d'abord. Ce qui nous con-
'îrme dans cette opinion est l'avis certain que nous
"vons et que M. le nonce donne tous les faux-
'lyonts et toutes les fausses couleurs dont il se peut
Aviser à toutes les nouvelles qui regardent le dedans
"* le dehors du royaume, et que l'on se flatte au
"«iais de la pensée que, si la France venait à rom-
P^o 4Yec l'Ajlglcterre, elle n'aurait peut-être pas
"''ït d'applicalioii aux affaires de Rome. Voilà ce
9uî HQQS parait des véritables causes du silence que
^•* gens du pays, qui sont accoutumés à ne voir
'■^ delà lenteur et de l'irrésolution dans les affaire»
^*Qes puur lesquelles on ne peut avoir que du
bonnes dispositions, u' attribueraient certainement qu'à l'inaction inconct-vable où l'on est sur toutes choses en celle cour, et nous nous rendrions peutêli'o à une infinité d'exemples aussi suqirenanls que nous en avons ici, si l'application que l'on y a fait parallro dans les commence m enls de cette négociation, ne nous obligeait de juger autrement de la continuation do ses suites, et d'attribuer à d'autres causes le cbangemonl visible qui y paraît. On s'y veut tout au moins donner du temps pour prendre son parti selon les conjonctures, et ce qui nous coufirme tout h fail dans ce sentiment est que le de qui je pris hier audience au Consistoire pour lui parler d'une alFaire do moines du Portugal, qui m'était recommandée par M"° de Nemours, ne me parla en façon du monde do la bulle. M. le cardinal Chigi, que j'abordai exprès, sous le même prétexte, demeura dans le même silence. M. le cardinal Albi avec qui je m'entretins quelque temps, no m'en ou* vrit pas seulement la bouche, et M. àv Bourlemout n'avait pas été d'avis que j'en conmiençasse le discours, parce que l'on n'aurait pas manqué de prendre pour empressement ce que j'en aurais pu dire sur le tout.
(( Nous nous croyons obligés d'ajouter en ce lieu que la conduite de celte cour est si obscure, si irréguliëre et si incertaine, que nous no serions pas tout à fail surpris, si, apr^s même ce que nous voui écrivons aujourd'hui, on nous faisait deinaÎD uaa réponse toute contraire à ce que nous vous mandons, elle mémo principe, qui nous a empêché d« vous assurer que ses dispositions fussent buimes
MISSION CONTHK LA DOCTRINE DE l'INFAILUBIUTÉ. 3tl
dans le temps qu'elles nous ont paru les meilleures, fait que nous ne voudrions pas vous répondre qu'elles se trouvent par l'éviSnement aussi mau-" vaises que nous avons sujet de le craindre par ce que nous envoyons présentement. »
Le gouvernement du roi, lassé de tant de négo-
*"talïons stériles, avait résolu d'en finir, en laissant
•îonnirla question. Comme instruction dernière, et
dans le cas seulement où la cour de Rome paraîtrait
décidée à ue plus donner suîto à ses pourparlers,
Lionne ordonnait au cardinal de Retz de déclarer,
^n son propre nom, au cardinal Albîzzi, que tout ce
3*** lui avait été dit jusque-là n'était qu'un jeu dont
** ignorait le vrai motif; quu, quant à lui, il ne s'é-
^^^l rais en avant que pour être utile au pape, et
^**'il retirait toutes les paroles qu'il avait données,
'-•*'>nno laissait le cardinal maître de choisir le mo-
^'***rit pour faire celte déclaration, el il lui enjoignait
** ^Jficher une indifférence complète sur cette
*''*.ire et sur sa conclusiou. R ajoutait que, si la
^****r de Rome avait la moindre envie de traiter,
^*t.« mise en demeure la ferait sortir enfin de son
** ^S^urdi s sèment.
9~^a lettre de Lionne était conçue en termes aussi ^•-« que hautains, ot digne de cette plume si habile
^^-ïaiter desmatiiîres diplomatiques les plus com-
.**ïuéefl et les plus variées : <• Monseigueur, disait-
«, ^- Retz', j'ai reçu la lettre dont il a plu & Votre
***inenco de m'honorcr du 2* de ce mois. Jusqu'ici
'-^ Xis avons pu raisonnablement attribuer le silence
* as février )66fi. l. XXlll de la Cf,r>-etpondanef 'le Lionne.
LE CABBINAL DE RËTZ.
d lis, sur une afTaire qu'il avait d'abord en
brassée avec tant de chaleur, à d'autres cause 'telles que vous me faisiez l'honnour de me b mander et dont le roi faisait aussi lo même jup ment que Votre Lœinence', mais la longue ivm de ce silence que le pape, que M. le cardiual Chîg que M. lo cardinal iVlbizzi uni eu chacun une sibeT occasion de rompre, quand vous leur avez parlé B d'autres matières, fait juger aujourd'hui à Sa M jesté. non pas qu'il y ait eu de l'art ou du i dans les prcmiè^res apparences, ni la vue de jetl de fausses lueurs pour ralentir les pas du clergi du Parlement et do la Sorbonnc, ni même qu'avai que se déterminer, on ait voulu voir pour mien prendre son parti quelle résolution prendrait le r à l'égard des Anj^lais, car le nonce, jusqu'au Joi de la rupture, qui n'a été que le 37° de l'autre moil a toujours eu une croyance bien enracinée quo c« qui ont l'bonneur de servir Sa Majesté dans ( afTaires, ou en empêcheraient l'effet par leur il ou n'oseraient lui donner ce conseil par lour ùi blesse, en quoi il a montré qu'il connaissait \âta peu Sa Majesté ; mais la plus vraisemblablo ( que Sa Majesté croit pouvoir donner au change ment qui paraît si visiblement dans votre courefl qu'ils ont été étonnés et comme étourdis quand, avançant davantage dans la matière, ils se sonlviU' plus proche d'ëtro obligés d'autoriser eux-mêmes^.
< ArchÎTes ilei afiaires étiADgiiTe», Rome, l. XXill dn la Comi jiondance de Lioime.
* Le roi, comiiiv on la sait, avait déclaré la guerre aiu An^i eo fuieur des Hollondsii.
KISS[0!( CONTRK I-l nOCTRIN^: DE L INFAtl.UBatTl-:. 359
BQ moiiis par UQH déolaratias expresse et publique
di> loléraace, la doctrine contraire à celle de l'infail-
libililé dn pape, qni s'est alors représentée à leurs
ytttx comme lo principtil fondement de toute leur
paiasawe. qu'un si grand pas leur fait peur, qu'ils
Be lavent fommenl ajuster ce qu'on leur demande
«Teccc qu'a éiTÎt lo cardinal Hellarmin, que toutes
Im diverses expressions dont il leur est tombé dans
l'eapril de pouvoir user ne les eoulenleiit point assez
pour sauver ce palUulium de leur cour au point
qu'ils le voudraient, et qu'en même temps qu'ils
»onl fjlchés, d'un cAté. de s'Atre tant avancés, ils ne
laûsent pas de souhaiter de pouvoir trouver une
port* honorable pour sorlir de l'embarras où ils
*ont, mais qu'avec l'aide de leur inapplication natu-
* ■''Ue, ils demeurent dans l'irrésolution el ne savent
"onncmcnt quel parti prendre. Cependant Sa Ma-
jeiHé croit que si, au temps de la réception do celle
'''lire, on n'avait point encore reparié k Votre Émi-
"«iwe de l'affaire, elle pourrait prendre l'occasion
^ dire à M. le cardinal Albizi^i qu'elle voit bien que
*out ce qu'on lui en avait dit n'avait été qu'un amu-
**nkteot dont elle ne connaît pas bien la cause, qu'elle
^y avait agi que par le motif de rendre service à
** Sainteté, qu'elle retire toutes les paroles qu'elle
*^4kit données ot qu'elle en informera ses amisafîn
1U*ï)s ne s'attendent plus k rien. Quand nous pen-
''**«»B qu'une rhusc est à notre disposition, on a cou
"•*»ïe, d'ordinaire, d'eu faire moins de cas que
*I*A4U)d on croit avoir peino à l'obtenir. Si on a
^^^udu encore six semaines Ji vous parler, qui eat
** temps qai aura passé entre votre lettre du 8* et
LE CARDINAL DE BKTi:.
l'arrivée decello-ci à Rome, il sera comme indubitable que l'on y aura changé de senliment, et c'est en ce cas-là que le discours que je viens de dire parait d'autant plus nécessaire pour sortir de cette négociation avec honneur, en témoignant d'en mépriser le succbs cucare plus qu'ils n'auraient fait ol étant les premiers à rompre. Que si, au coulraire, leurs sentiments étaient toujours les mêmes et que leurs irrésolutions ne dussent être la seule cause de leur silence, rien n'est plus capable de les faire cesser et de les réveiller de leur léthargie qu'en leur faisant entrevoir par ce discours qu'ils vont n'être plus les maîtres do ce qu'ib croient avoir en leur
Sur la fausse nouvelle d'une alliance entre les trois hautes puissances ennemies de Louis XIV, . le pape ordonna d'ajom"ner les séances de la congrégation de Jansénius sur l'affaire de la bulle. C'est ce que le cardinal de Retz apprenait à Lionne dans une lettre en date du 33 février : >< Je tiens la parole que je voua donnai mardi passé, lui disait-il, de vous éclaircir k fond des intentions de la cour de Rome Louchant la bulle. J'appris jeudi au consistoire, qui fut intimé pour donner le chapeau aux nouveaux cardinaux, que le pape, étant sur le point de faire tenir la congrégation de Jansénius pour y résoudre les termes selon lesquels il pourrait répondre à ma proposition, en avait sursis tout k coup l'assemblée sur la nouvelle qu'il eut d'un courrier extraordinaire d'Espagne, amvé à Cônes le 21' janvier, qui apporte au gouvernour do Milan, à ce que l'on prétend au Palais, la conlirraation de la ligue conclue
MISSION CONTRE L\ DOCTRINE DE l'iNFAILUBIUTÏ). 361
entre l'Empire, l'Espagne et l'Angleterre. Cet avis m'a été donné d'un lieu aui]uel je crois pouvoir prendre toute sorte de créance, et ce qui m'y confirme davantage est que j'ai su, depuis, par une autre voie que M. le cardinal Chigi a parlé de cette ligne comme d'une chose très-assurée, dans le moment même que celui qui m'a donn6 l'avis ci-dessus, m'a marqué que le changement de la disposition du psipe, touchant la tenue do la congrégation, est ar- "vé. Comme je crois toutefois être bien informé que l'on n'apas laissé, depuis ce temps-là, de deman- <ier du côté du Palais h M. le cardinal Borromée ses sentiments sur ce que j'avais proposé, ainsi que jo vous l'ai mandé par ma dernière, je persiste "ans la pensée que la conduite du pape est de se •Retire en élat, s'il est possible, de rompre ou de Pejirflndre la négociation selon le cours des affaires Sén^rales. Et j'ai cru, sur ee fondement, qu'il était **** service du roi d'eu user de même à l'égard de "^ Sainteté, et de m'y conduire d'une telle manière T**^, si Sa Majesté juge qii'elle ue doive pas atten- ^f*^ plus longtemps la réponse de Rome, je puisse **~^. dans les suites, que, ne l'ayant pas eue en six ^■*3aines, je ne croyais plus que l'on se ressouvînt ^/^ "-élément en cette cour de ce qui s'y est passé entre - Tarese et moi ; et que si , au contraire. Sa Majesté - '^^ xvait qu'il fût à propos de revenir dans los temps *^ uelque pourparler, je pusse attribuer au respect ^A^^ j'ai en mon particulier pour Sa Sainteté le ■j * ^3nce dans lequel je serai demeuré en attendant a^ Réponse du signore Varese. J'ai proposé pour cela ^«1, de Bourlcmont s'il ne jugerait point à propos
■tjue je parlasse dans les reaeoQtros à ces messieurs de la cong^régalion d'une façou ambiguë, qui dirait l'une ot l'autre de ces choses. Il l'a approuvé et je m'en démêlerai assezaisémeiilen parlant en italien, qui est une laugue oii l'on a alTecté de trouver des expressions qui ne peuvent servir à quoi que ce soit, qu'à ne se poiat faire eulondro. Je croi» que c'est tout ce qui me reste h faire dans la conjoncture présente, qui est d'une telle nature que je suis persuadé que, quand m6mo il aurait plu au roi do se relAcher jusquos à l'expédient qui était veau daus l'esprit de M. de Buurlemunt, il uc serait pas  propos de s'en ouvrir, parce qu'il y a toute sorte d'apparence que la délibération de celte cour ne dépend plus du plus ou du moins de ce ijue l'on lui peut douner sm- la question du côté de France; je dis apparence, car je demeure toujours dans le seutimonl que l'on ne peut fonder aucun jugement sur sa conduite, et que ce qui y parait aujourd'hui le plus assuré, y paniUrii pcul-éire demain le plus incertain...
« La condamnation de Guimenius, qui avait été tout à fait résolue, a été encore sursise par l'extrême résistance du P. Oliva. On croit pourtant qu'il fiaudra qu'il cède à la fin aux efforts de M. le c«rdînal Ottobon', qui fait assurément sur toutes ces matières tout ce que l'on peut attendro de sa c^;i*cité et de sa vertu... »
Dans une dépêche adressée au cardinal de Reb,.^
SISSIOS COSTHE Lk OOCTBISE DE LINF.ULLIBEUTl!:. 303
fn date dii 12 mars, Lionne reconnaissait qu'il avait lOQché juste en supposant que le silence de la cour de Rome avait eu pour cause immédiate la prétendin nouvelle d'une alliance entra l'empereur, l'An- ^([errc et l'Espagne. Il accusait le nonce Roberti de cp* complications et il ordonnait do nouveau au cvdinal do retirer les oFTres qu'il avait faîtes.
Quelques jours après, le 19, Lionne' écrivait au
cardinal : " Sa Majesté a fort approuvé la conduite
ÇUe Votre Emiuence se proposait de tenir en l'affaire
de la ImUe, c'esl-à-dire d'en parler dans les rencon-
^s à ces messieurs de la Congrégation en termes
■ttïliigus qu'elle puisse e,\pliquer après comma elle
Voudra; elle approuve fort aussi que. si la uégocia-
''Onae rcpn;nd sincèrement, Votre Éminence ne s'ou-
'T^ plus de l'expédient qui élait venu dans l'esprit
"■s M. de Bourlemont, oîi l'on se relâcherait trop, ce
^ui prodnirait plutôt un mauvais qu'un hon efTet,
P*rcoque, comme Votre Eminence le remarque très-
JUiiicJousemeut, la délibération de la cour de Rome
"b dépend plus du plus ou du moins que l'on lui peut
"Onnerdc cec6té-ci sur la question dont il s'agit...*"
Va moment, Retz eut l'espoir que les négocia-
^Odb allaient être reprises. Il fut informé par une
►ource qu'il croyait très-sûre que Monsignore Va-
'"'^«6 devait lui porter une réponse au premier jour.
**«ii( l'assesseur dw Saînt-Oflice ne parut pas et le
I**^pe. qui eut un nouvel entretien avec Rets daos
** 1 consistoire, affecta de ne lui parler que de choses
* Linaae au cardinal de Reti, 12 murs 1660, I. XMV de In Cor- ^^pmdanrr dt Lumnf.
■■ T. EUV de U (■wrtijKindi.nce df lionn'.
.SfiJ LE caudinal dk retz.
îndiiTérentos. Loin de paraître vouloir donner sui't^ à l'affaire, Alexandre VII. comme s'il eût pris à lich^^ de blesser do plus en plus le gouvernement du roi, p^^ fort mécontent d'ailleurs de la ferme attitude du cardinal de Retz contre son infaillibilité, biffa son nom sur une liste qui lui avait été présentée pour le renouvellement des membres de la commission de YIndke. Lionne, h ce sujet, adressa à M. de Bourlemout une note fort méprisante pour la cour de Romo, el en même temps très-flatteuse pour le cardinal. Reti. avec beaucoup de sagesse et toute la froideur d'un vrai diplomate, ne fut nullement ému de ce pelît échec, ou du moins ii'en fit pas semblant, et, sans chercher à venger sa propre querelle, il ne songea uniquement qu'à mener à bonne Un, s'il était possible, la grande uD'aire dont ou lui avait confié ]s direction. Ne pas rompre avec la cour de Rome «l affecter en même temps la plus grande indîfl'érence pour le succès, telle fut la ligne de conduite qu'il suivit jusqu'il la fin.
En vue de ramener le pape h des sentiments de conciliation, Louis XIV lui fit oflVir sa protection armée, par le cardinal de Retz et par l'entremise du la reine Christine de Suède, si les Anglais menaçaient les Etats do l'Eglise. Cette ofTro bienveillante ne produisit aucun effet sur l'esprit du pontife, qui, de longue date, et surtout, comme nous l'avons dit, depuis le traité do Pise, était profondémeat ulcéré contre le roi de France, u Monsieur, écrivait Retz à Lionne, en date du 24 mars ', vous avez vu par
•et, Corrttpondance
KISSIOB COKTRE lA DKCTBISE DE L'iN FAILLI BIUTÉ. 3(io
l'noe de mes précédentes que la maaière donl j'ai parié aux CArdînaux de la congrégatîoa de JaoséniuB m« donne lieu d'exéruter fort justement, selun les intentions de Sa Majesté, les ordres que j'ai reçus [>ar voire lettre du 26 février. Je n'aurai qu'à ajouter quelques syllabes à ce que je leur ai dit pour leur faire croire qu'il y a près d'un mois que je me liens quitte de toutes sortes de paroles... »
Le cardinal de Retz, afin de tirer la cour de Rome de sa torpeur et de la forcer à sortir do son silence, pour peu qu'elle eut la moindre velléité de renouer les pourparlers, affectait de dire qu'il les considérait comme rompus. Quant à retirer les parole* qu'il aurait pu donner, il écrivait à Lionne qu'il ne s'était jamais placé dans cette nécessité, pute qu'il ue s'était en^çaf^é en rîcn. 11 lui annon- Çailen même temps qu'il venait de paraître un petit livre qui causait ù Rome lu plus grande irritation. C'était un petit recueil qui contenait toutes les pie- *«« officielles de la Sorbonne et du Parlement con- *** buimonius et la doctrine de l'infaillibilité du P*f»e, ainsi que des dissertations fort hostiles au ^*inl-Siége ' . Co volume venait d'être publié à Muns- **»■ sous le voile de l'anonyme, par les soins d'un ^^Vaut théologien, Jacques Boileau, qui y avait in- **r* des Considéraliotis respecliieuses sur la bulle **^ -^texatutre Vil, oii l'infaillibilité pontilicale était *-'*-aquéo avec une grande force d'argumentation. **^ recueil renfermait de plus des Remarques sur la **^/e contre les censures de la Sorbonne, que l'on a
* CtrrapvmdaMCe il* Uomif, i. XXIV.
rdément la cour de Rome, était mtUiiTé'e:fl I sur le xviii" tome des A7tnales ecclésiastifi^ ricus Raynaldus, continuateur de Baromtté'. avez vu par mes précédentes, écrivait le de Retz à Lionne, te 6 avril, qu'il n'a pai cessaire que j'aie retiré ma parule pouj modement, parce que la défiance quej'fl eue de la conduite de celle cour m'y avaîS der des mesures tout n fait éloignées d'auo gemcnl. Ce que je dis à la cbapelle de ta à MM. les cardinaux Âlbizzi et Borromée le assez connaître qu'il y a longtemps que je négociation pour rompue. Je trouvai enc une occasion assez naturelle de l'insinuer à i qui ne manqueront pns do le porter fidèle Palais, parce qu'ils soûl fort attachés à M. nal Chigi. Je continuerai à m'en cxpliquei d'une fhose passée, et jo suis persuadé que imprimé pour le défense do la censuri* de 1 té dont on a eu nouvelles par le dernier ot fera que l'on donnera pins aisément créanc paroles'. Je ne l'ai point vu, mais on mel'i a prétend qu'il n'y en a encore qu'un 3 à Home. Mon élonnoment est que )
me 11 l'u^
KISSIOS CONTRE LA BOCTRINE DE l-'lNVAILLlBlLlTÉ. 367
l'ail point. Je crois la savoir de bon lie», et de plus ijii'il en a beaucoup de curiosité. »
les choses en étaient là, lorsque la cour de Rome
crut qu'elle se tirerait du labyrinthe dans lequel elle
s'était engagée en condamnant nommément le Père
de Moya et ses abominables doctrines. Par cette
sentence, elle absolvait Indirectement la Sorbonne
ào ses censures contre le livre de ce casuiste, et
loutesles foudres dont- elle l'avait menacée portaient
désormais à faus et devenaient Inutiles. Voici com-
■wenl lo cardinal de Rel^ annonçait à Lionne ce dé-
loùment depuis si longtemps souhaité par les âmes
chrétiennes et les gens de bien, et que Rome avait
""ï tant de peine à se laisser anacher. Il lui parlait
*** même temps do l'ellFet produit par le recueil ano-
''ytie do Jacques Doileau. •< On a enfin confirmé
•^^Ue semaine, lui disait-il', dans la dernière con-
^^gation de Vlndke, le décret de la condamnation
''^ Guimenius. Vous le trouverez cî-joînt. Les jésui-
^3 menacent de représailles sur le ]i\Te du Pfere
"^^ron, mais, comme M. Fagnano le défend avec
application et avec ardeur, on ne croit pas qu'ils
**tiennent ce qu'ilssouhailent, et on ditmftme qu'Us
^ ï'éduisent déjà à se contenter que l'on donne à ce
"^Ugieux un ordre de supprimer, dans les éditions
'^**JVante8, ce qu'il a dit touchant le cardinal Hellar-
•^O, etc.'. » 'I Le livre fait pour la défense de la
Correjponrfflnre de Lionne, l. XXIV. lotira du 13 avril 1666.
XjiloD», pour rendra bommn^P à la vérilÉ, ijue le Père Kaj>ini
***îie, a complète ment Iravesti el danuture dans ses Hétaoiret
^*-« cette afTaire de OuimeniuB el do l'inruillibililé du pape, que de
*^ «Atë ua autre jénùte, le Pire i'Avrig^, on a fuil autant dans
L HE HKTZ.
Faculté, dont je vous ai parlé parle dernier ordinaUl a été enfin vu au Palais, et je sais que l'on l'y traM à l'ouverture, à cause de sou titre, de Recueil de vî4 les pièces. Quelques-unes de celles qu'il contlfl y avaient en effet déjà paru; mais on y est fortl que des quatre nouvelles qui y sont insérées,! particulièrement des Remarques qui ont été fak stir le dix-huitième tome des Annales d'Odorictts^ naldus, co7itimialeur de Baronius. » Et le 4 maj <i ... Je vous ai déjà parlé du livre qui a paru ici s( le litre de Réflexions très-respectueuses sur la buUk etc. Un cardinal du Saint-Office me demanda samei à la chapelle, en présence de plusieurs autres, i était vrai qu'il fût imprimé à Paris ? Je lui dis ^ je ne le croyais pas et qu'on voynit au moins p le titre qu'il était de l'édition de Munster. Aluis, aJQ la-t-il, est-il possible que la doctrine qu'il contie soit approuvée à la cour de France? — A quoilui répondis que je le pouvais assurer que la sei doctrine suivie par la cour de France était celle i l'hglise gallicane, qui n'est autre, lui dis-je, que c^ de l'Église romaine, quand l'une et l'autre sont 1h entendues et bien expliquées. Je crus que j'en i vais demeurer aux termes généraux, tant afiu | lui laisser soupçonner, selon ce que M. do Bouij mont et moi avions concerté, que ces sortes d'o
»e» Mfmoiret ch-oi>oiogique$ et dogmatiqiin, * H- l'ablie BoiOD, dnna une thèse pour le doclorat *■ IMifiM. 1 leuue t Ift Surbonns, a niikrcbé >ur leun trftcei en Lîoiinv le langage tenu pnr le nonce Robertî.
t Correipondtmce de J-ionne, t. XXV.
■ Par Jftcquet Boi]eB< qui gardait l'aaoaTBM,
mSSION CONTRE LA nOCTRINE DR L 1!
iTa^es peuvent ^tro des suites de la manière dont cette cour s'est conduite en ocs derniers temps, que pour n'être point obligé de m'espliquer sur le détail de quelques propositions contenues dans ce livre, qui passe universellement ici pour être assai aromart<ro'. Vous connaissez, Monsieur, la force de ce mot, cl Qous avons cru d'ailleurs que, ue sachant pas pré*aisément les sentiments de Sa Majesté sur le particulier de celte édition, noua ne ferlons que mieux •le n'y point entrer de notre côté... »
■L.ouis XIV et Lionne, à chaque lettre du cardinal
"O Retz, répondaient par une approbation pleine et
^DlîÈre de sa conduite si prudente et si habile.
•« Monseigneur, lui écrivait Lionne le 16 avril',
J*^ lie pus répondre, il y a huit jours, à la lettre de
' otre Éniinence du 16' de l'autre mois, et, depuis
*^*^la., j'ai reçu celle du 23*. Le roi a fort approuvé
"* ïiianière et les termes duiit Votre Émineuce se
Proposait d'user pour se retirer des engagements
^*^ elle était entrée sur raccommodement do la Fa-
*^'l.é; il pourra arriver que ces messieurs se re-
^^Htcnt d'avoir négligé l'occasion de sortir d'em-
^^ïT-as, et, à dire vrai, le principe sur lequel ils ont
fei depuis quelque temps me parait fort absurde, ne
^>'ant pas quelle plus grande force ils auraient
.,*^*'a.lrB nous, quand il y aurait un traité conclu entre
"■^Spagne et l'Angleterre. Ils seront donc bien aur-
^^*s aujourd'hui quand ils sauront que la reine
-^Ispagne est si mal satisfaite des Anglais qu'elle a
accepté le roi pour médiateur de raccommod avec le Portugal. C'est la dernière nouvel nous avons reçue de Madrid, et M. TarclK d'Embrun^ mande que tous les ministres 1 témoigné une très-grande joie de la chose... 23 du même mois : u Monseigneur, le roi a éi aise d'apprendre, par la dépèche dont Voir nence m'a honoré le 30' de l'autre mois, qu'c rencontré une occasion fort naturelle d'exéci derniers ordres que Sa Majesté lui avait dom le sujet de la Faculté...*. » Enfin, le 30, ] adressait une dernière lettre au cardinal su grave affaire, pour le féliciter de l'extrême fa qu'il avait déployée dans le cours de cette n^ tion si délicate et hérissée de tant de difB « Puisque Votre Éminence, lui disait-il *, s'ei de tout engagement sur l'afTaire de la Fac même qu'elle s'y est toujours conduite avec dextérité qu'il se peut dire qu'elle n'a jam engagée, c'est désormais une affaire dont n'aurons plus occasion de parler dans nos le moins que la cour de Rome ne se ravise, et j quasi dire qu'elle n'est pas à se repentir d'avi de faux fondements, laissé échapper une s occasion de sortir d'embarras, et que ce r même pourra augmenter tous les jours, à i qu'elle verra naître de nouveaux ineonvénie la fâcheront, comme la thèse des Bernardins pression du livre qui défend la censure de la Fi
' I/ainbassadeur de France en Es])a^'ne. * T. XXIV de la Correspondance de Lionne. ■ T. XXIV de la Correspondance de Lionne.
1US9I0N CONTHK LA DOCTHINE &E L'INFAILLIBILITÉ. 371
Aiasi fut assoupie par Ifl silence de la cour de Rome celte question brûlante, qui avait eu un si ^auil retentissement dans lo monde, et qui eût infailliblement allumé un schisme. Plus ardente et pins terrible éclata la même querelle seize ans aprfes, à propos de la régale, et l'on sait comment elle provoqua la célèbre Déclaration de 1682, qui 'tFArmait et résumait de nouveau les droits de la france à l'égard du Salnt-Siége. Louis XIV n'avait pas attendu jusque-là pour proclamer son indépea- <^ance absolue et celle de son royaume sur les ques- 'Joag du temporel, ainsi qua tes libertés les plus ■essentielles de Tli^lise gallicane. Déjà, en 1663, à P'"opo3de la thèse d'un bachelier, qui avait soutenu lue le pape avait la plénitude de juridiction dans 'ouic i'Lgliso, c'est-à-dire qu'il pouvait déposer les évèques, délier les sujets du serment do fidélité, au temporel comme au spirituel, qu'en un mot son pou-yoir était au-dessus de tous les pouvoirs do la ^«rre, la Sorbonoe s'était émue et avait exprimé en Quelques articles ses véritables sentiments sur la ■hiérarchie de l'Église et sur la souveraineté des Pï'ioces. Ils avaient été dressés par le successeur ^^ cardinal de Retz à l'aivhevêché de Paris, par "'■■ Bardouin de Péréfixe. La Faculté de théologie y affirmait hautement que le pape n'avait aucune ^"lorité, mémo indirecte, sur le temporel du roi; *lUe le roi ne reconnaissait d'autre supérieur au •temporel que Dieu seul; que ses sujets lui devaient I*'*iinc et entière obéissance, sans pouvoir en être '^pensés sous quelque prétexte que ce fût ; que le >P"pe n'avait aucun droit de déposer les évAques
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contre la disposilion des canons; qu'il n'étnït [t —
au-dessus du ronoilc général; enfin lu Faculté d .
clarait que, pour elle, ce n'était point un doyme i\wle pape fût infaillible sans le couscnlenaenl ào !' glise universelle'. Le roi approuva ces articles, le Parlement, par un arrrl. eu date du 30 mai de-^ même année, ordonna qu'ils seraient lus, publiés enregistrés dans tous les bailliages et universités France, avec défense, sous peine de punilL exemplaire, de pratiquer et d'enseigner toutes dcz trines contraires aux libertés de l'Eglise gallicair^
Ce fut d'happés la substance de ces articles qu<^ gouvernement du roi régla ses rapporta avec la ce:»de Rome jusqu'à la Déclaration de 1683.
Alexandre VII jugea qu'il était plus prude -m avec un prince du caractère de Louis XIV, de s'a 1: tenir et de se taire dans la crainte d'allumer vaste incendie. Son successeur, Cléropnt IX vé«:r« avec lo roi dans les termes les plus pacifiques, pourrait même dire les plus bienveillants. Il n'en ^^ pas de même d'InnoccntXI dont l'intégrité et la h* « vertu furent si mal servira par des vues étroites par une extrême violence de caractère.
Alexandre Vil n'était pas moins opiniâtre au fo ' qu'Odescak'hi, mais ce défaut était tempéré IT*^^" l'incertitude naturelle de son esprit et par des «A^" faitlancGS de cœur. Le cardinal de Retz ne contrit» •*" pas peu à l'entretenir dans ces dispositions par i^* frayeurs qu'il sut lui inspirer. S'il n'obtint pas '^
' CeTUwet et condusioiia de ia Fncullé de théologie de Parif t ehant ta touverainelé des rais, p. 347 et suit. D*Arg«Dlre, De im vrraribut, I. Itl, A. p. 80 et sutv.