INVESTITURE DU ROYAUME DE NAPLES
Lorsque Louis XIY fut assuré que le pape ne
f^mprait plus le silence sur l'affaire de la Sorbonne,
^ permit au cardinal de Retz, sur sa demande, de
Witter Rome, dont Tair était fort nuisible à sa
••Dlé, et de retourner à Commercy jusqu'à Tou-
^^rture du prochain conclave. « Monseigneur^ lui
Clivait Lionne pour lui faire part de cette bonne
'Nouvelle*, j'ai reçu la lettre que Votre Éminence
''^'a fait l'honneur de m'écrire le 6 de ce mois ;
^OQ-^geulement le roi trouvera bon que Votre Émi-
'^once aille aux lieux dont l'air pourra contribuer à
^érir le mal des yeux, mais Sa Majesté l'exhorte
^^ Songer à cela préférablement à toutes les affaires,
■••quelles, à dire vrai, hors d'un conclave, ne peu-
^•x^l jamais être à Rome assez importantes et pres-
*^*^tes pour obliger une personne de votre consi-
^*ï^tion à négliger sa santé. »
^i le cardinal eût été nommé ambassadeur en ^pagne ou à Vienne, il n'eût certainement pas
. * T. XXIV [de la Corresponiiance de Lionne. Lattre du 30 arril
876 LB GABIMKAI. DB RBTI.:
éprouyé une plus gprande joie que celle qoB Im eisia la lettre du ministre. On en jugera par sa répoQM toute pleine d'effusion, de reconnaissance et de et charme d'expressions dont il avait si bien le seerel : K Je suis assuré S disait-il à Lionne, que tous m doutez pas que je h'ate reçu la lettre que vous m*iH vez fait Thonneur de m'écrire du 30* d'avril avM tous les sentiments que je dois aux extrêmes bontés du rot n est impossible que je vous les puisse assw exprimer, mais je ne saurais m'empècher de vottt dira que |e n'ai jamais été si fortement touché dé quoi que ce soit, et qu'il n'y a que le reqpeetqv retienne au moinis les plus tendres et les ptoa vmii ezpireséiôns de la reconnaissaneQ du monde la phii entière et la plus parCaite. S'il n'avait plu à Sa Ibifit jesté de m'ouvrir la bouche sur les inconunodiléi que l'air de ce pays me fait ressentir, je les souffinrbM jusques h la d^mièra extrémité, H je rais demeuré dansun rilence qui m'aurmt an BioiiMr fait trouver dans la ruine de ina santé la satisfit fion de donner au roi la marque la plus sensible de ma soumission et de mon obéissance. Mais comme j^ai lieu de croire, parce que vous me faites la grâce de m'en témoigner, que Sa Majesté n'a pas désagréable que je pense aux soulagements qui peuvent au moins retarder les extrêmes inconvénients que j'ai sujet d'appréhender d'uue fluxion que j'ai sur les yeux, et qui est devenue continuelle depuis que je suis dans un pays où Texpérience fait
' ^ Archives des aÛaires étrangères. Con^espondane^ de tÀfimme, t. XXV, 25 mai 1666.