‹ Le Cardinal de Retz et ses missions diplomatiques à RomeChapitre 22 sur 41 · INYESTITURE DU ROYAUME DE NAPLES · texte numérisé non relu

INYESTITURE DU ROYAUME DE NAPLES

voir que ces sortes de maux ne reçoivent jamais de guérison, vous jugez bien, Monsieur, qu'il ne se peut que je ne sois sensible, au-delà de tout ce que je vous puis dire, à la bonté que Sa Majesté veut iien avoir pour moi, et que je ne la considère, jusqu'au dernier soupir, comme une grâce qui me conser\'era la vue, qui m'est, sans comparaison, plus précieuse que la vie même. Comme je n'estimerai pourtant jamais ni Tune ni l'autre à l'égal de ce qui touche le moins du monde le service du roi, il sera toujours la seule règle même de mes désirs, et vous verrez, par ce que j'en ai dit à M. de Bourlemont, que la juste impatience que j'ai de trouver quelque soulagement à mon mal ne me fera rien omettre des préalables qui peuvent faire connaître à Sa Majesté, autant que ma faiblesse me le permet, que je ^^ considérerai jamais ma santé que pour être plus ^^ état d'employer toute ma vie à son service... » VUelle différence de langage avec celui de l'ancien ^'^bun, du pamphlétaire qui avait lancé contre la <^our et Mazarin de si terribles libelles! Quel conavec le ton des Mémoires I Condé, lui aussi, avoir porté les armes contre la France à la ^^^ des Espagnols, Condé, rentré à grâce, adressait ï^)i des lettres non moins humbles, non moins ^^^mises que celles du cardinal de Retz, et ni l'un l^autre, à coup sûr, ne pensait faire acte de bas- «e. Le roi, comme il en a fait l'aveu dans ses Méirès, le roi, en recevant de telles marques de pect de la part des deux hommes dont il avait eu ^lus à se plaindre, goûtait dans toute leur plénie les enivrements de l'orgueil . L'éclat de ses vie-

toires l'avait mis au rang des demi-dieux, et rien

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hautes se courber devant lui. Dans une autre lettre en date du 13 juillet. Retz donnait l'assurance à Lionne quo, si le roi avait besoin de ses services dans le futur conclave, il se rendrait aussitôt à Rome, et Lïonno se hâtait de lu remercier au nom du roi, et en lui citant les propres paroles de Louis XIV. c< Comme jo no manque jamais de lire au roi, lui disait-il', toutes les lettres de Votre Lminence, Sa Majesté a vu dans celle doul elle m'a honoré le 13° de l'autre mois, les expressions de sa joie et de sa reconnaissance sur la permission qu'elle lui a accordée de revenir cet automne. Sa Majeslé Ta do nouveau conlirmée, et en termes, à mon sens, non moins obligeants quo l'est la grâce mémo : « Man- <i dez à M. le cardinal do Retz qu'ayant la auffi- (1 sauce qu'il a en me servant avec le zèle qu'il m'a Il témoigné en ce voyage, je connais fort bien qu'il « est impossible que mes siraires ne soulTrout quel- Il que chose do son absence de Rome, mais quo <i je sacrifie volontiers cet intérêt à la considéran tion de sa santé, sur la parole qu'il me donne do « se rendre à Rome dans vingt jours, dans l'occa- '< sion d'un conclave, et sur la confiance que jo K prends aussi qu'il ne se servira pas même de (i celte permission de revenir, s'il voit la santé du Il pape en plus mauvais état. » Il ne nie reste après eola qu'à supplier Votre Ëminence de croira quo

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ju une joie extrèino àe sa satisfaction, et après lui nsir eouhailé un hcm-eux voyage, l'assurer que psnoDDe au monde n'est plus véritablement que moi, etc. » Comme on lo volt, les deux illustres correspondants fuisaient assaut de témoignages réciproques do dévouement et de bonne gr&ce.

Lo rai'dinal de Retz a dit avec un incomparable tKinbeur d'expression : « Les petites a/^aires sont des victimes qu'il faut savoir sacrifier aux grandes. » ExcËllenle en politique comme dans la pratique de la. ne, cette maxime no t'est pas moins dans l'étude Ao l'histoire. Nous aurons soin de l'appliquer au t*^Jt mAme des missions de l'iUnstre diplomate. Nous panserons donc sous silL>nce plusieurs ques- ^OD* ecclésiastiques qu'il eut à traiter, bien qu'il ïea lût presque toutes menées h bonne fin avec son l>abilcté ordinaire. Qu'importe à l'histoire qu'il ait Bdfflinistré avec autant de SRgesse que de succès les ^Baires des religieux trinitaires, du général des C«jines, dos religieuses carmélites de Bretagne, des "«Ihurins fram^is réformé,s, du couvent de Saint- '*6ni8 et d'autres menues affaires de ce genre ? '-' essentiel est de ne pas sortir des grandes lignes ^' d« savoir quel a été lo rôle de cet homme exlraoraiUairc dans les missions les plus importantes que *** confia Louis XIV. Nous nous attacherons donc **'*î«]ucment à tJtudier la part t'onsidérable qu'il prit, *5* "1865, à l'affaire de l'investiture du rayaume de ""■^ples, h un grand projet de réforme du collège des **"«linaux et, plus tard, aux trois conclaves où fu- "^«ït élus Clément IX, Clément X et Innocent XI.

Parmi les questions d'hérédité que souleva, en 166S, la mort de Philippe IV, rui d'Espag-nn, le cardinal de Relz fut appelé à étudier quels pouvuieol être les droits du roi de France et do la roine Marie- Thérèse, fille du roi défunt, sur le royaume de Naples. Philippe laissait pour lui succéder un eofanl de quatre ans, faible et maladif. Charles II, et une seconde fille, l'infante Marguerite-Thérèse. Les Espagnols, ue présumant pas que Charles il put vivre longtemps, ne jugèrent pas k propos de demander bu pape Alexandre VII, et dans le délai de six mois prescrit par les bulles, l 'investiture du royaume de Naples, qu'ils espéraient obtenir du Saint-Siège en faveur de l'empereur Léopold I", avec lequel ÎU,

avaient projeté de mai-ier l'infanle Marguerite — .

Thérèse. Louis SIV avait ie plus grand intérêt à^ j écarter un tel compétiteur et à préférer que i'inve^^^ ture fût donnée au jeune Charles II, puisque do ^^Ha sorte, en cas de mort de l'enfant Roi, il sauveganlo^Ml les droits do Marie-Thérèse, fille aînée de Phili[>^|^ L Ajoutons que l'empereur n'avait aucuu dï~«^:z3ll le royaume Je Naples, d'abord parce qu*n~^Bcy

ne de Jules II déclarait qu'il y avait iuçomp^ ^^'m Mlité entre la possession de l'empire <:l ••r\\(, diî ■** 1 royaume, et qu'en second lieu il ne descendait X^*"^ de Chaiies-Quint, à qui le pape Léoo X, par la '^' bulle, avait donné l'investiture personnellement. 0' par exception.

Quant aux anciens droits des rois de France »■ '■'' le royaume de Naples, ils n'existaient plus dep*-^"* plusieurs renonciations faites par eux au xvi* '^' au XVII' siècle. Résumons en quelques mots l"^

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