RELATIONS DE RETZ ET DE CHRISTINE
soit une comédie, soit une sérénade, soit une symphonie\ Sons Clément X, il y eut aussi des comédies publiques pendant le carnaval, à TorrediNova, et Ton voit que Christine y assistait dans une loge d^une magnificence extraordinaire, et qui pouvait contenir quinze ou seize personnes. Dix ou douze cardinaux ne manquaient jamais d'être de ce noml^re, et on les voyait aussi dans la galerie vitrée du petit palais que la reine avait loué sur la place Saint- ^arc pour y assister aux mascarades et aux fêtes du carnaval. Disons enfin que, sous le règne de ce tolérant pontife, qui n*en fut pas moins un homme •ï'une haute vertu, la reine de Suéde parvint à faire introduire dans les théâtres publics « de belles chanteuses, qui charmaient les oreilles p^r la douceur *îc leur voix, et les yeux par la magnificence de leurs babîts ». Le cardinal do Retz qui, faute de mieux, ^'était contenté en Hollande d'assister aux spectacles de marionnettes, se complaisait fort, sans doute, aux ■"eprésentations que donnait la reine Christine.
C^etle princesse, pendant les derniers mois du **jour du cardinal, fut obligée de se rendre à Stoc- ■^Holm pour y régler quelques allaires, et Retz, en *-'^>inpagnie d'un certain nombre de cardinaux, lui fit ^^^*orle à quelque distance de Rome. « Comme j'ai à Tivoli, écrivait-il à Lionne*, que Ton observe-
ît ici, au départ de la reine de Suède, beaucoup Imitas de cérémonies que Ton n'avait fait les autres ^•^î s qu'elle est sortie de Rome, je suis revenu pour * ^* î rendre les mêmes devoirs. Le pape la fi t accompa-
* Mémoires sar Christine, reine de Suède.
'^ 2:> mai 1666. T. XXV de la Coti'êfpondance de Lionne.
LK CARDINAL »K RBTÏ,
gner samedi au soir par M. le cardinal Chigi, don Mario et don Augustin, jusques a»-dcçà do Ponle Mole, ce qu'il n'avnit jamais fait jusques ici. Nuus uous trouvâmes dix-huil cardinaux chez elle, à vingt et deux li«urea, avec nos carrosses à six chevaux, pour prcodi'fi la m^mo route ; mais, sur ce «[u'oUc BOUS témoigna avec beaucoup d'honot-tel^ qu'elle serait fAcbéeque uous prissions cette peiuv, la plupart se retirèrent, et il n'y eut quo M. le cardinal Azzolin, M. l'ambassadeur de Venise et moi. qui allâmes l'attonilro uu-dctà do Ponle Mole pour y recevoir ses commandements... h Christine elle cardinal avaient eu trop de plaisir a se connaître pour ne pas désirer vivement de se revoir, et ils durenl .■le promettre réciproquement do se retrouver ù Rome il l'ouverture d'un conclave.
Lo cardinal de Het;: ne devait pas tarder long;tcmps non plus ù, quitter itouie pour retourner h Commercy. Désormais notre lâche va devenir pluB facile ; c'est à l'illustre voyageur que uous céderons le plus souvent la parole, <-\:sl luî-incmc <jui va nous raconter, dans quelques lettres fort intéressaotes, mais que le peu d'espace qui nous reste nous oblige de couper et de réduire, quel fut son itiuéraire et les péripéties de son voyage. Sa santé était dans un état déplorable ; il avait été sans cesse atteint de fluxions aux yeux et d'une telle violence qu'il avait été forcé; d'avoir recours à de fréquentes saignées pendaBl^tevns ardentes chaleurs de l'été, ce qui l'avait fort aInPU '% Il avait tenu ferme aussi
■ Le cardinikl de Keli à I.ionn«. Homo, 7 septembre 16M.
lM[i^li>mp3 que possible, sur les bruits qui couraient ili' lu Hii proL'haiao du pape ; mais, ayant appris que le puntifo était convalescent, il n'eut plus la force de résister au désir de cbuu^er d'air et d'aller se remettre de ses fatigues et de ses incommodités dans son vieux château de Lorraine.
Après avoir écrit k Lionne, afin de lui promelli'e qu'il ne mettrait pas plus de vinjil jours pour revenir À Rome, lorsqu'il apprendrait la mort d'Alexandre VII et sans attendre une audience de congé. que le pape semblait peu disposé à lui accorder, il partit dans la nuit du 16 au 17 septembre. Le duc <lo Chaulncs, qui avait trouvé en lui un auxiliaire BQ&si habile que modeste et toujours prêt à s'elTacer, éprouva un très-vif regret de son départ'. La veille, ^ cardiual avait écrit au roi pour lui protester que •oti plus vif chagrin en quittant Kome était d'avoir *t.ë .1 si inutile à son service et do n'avoir pu lui dono^^rdes marques elToctives do rattachement invio- '*l»le qu'il aurait toute sa vie pour sa personne ». Il '^Ppliait en même temps Lionne d'être persuadé de ** reconnaissance v qu'il ne perdrait, lui disait il, 1«« 'avec la vie ».
J'ar un sentiinent exquis de délicatesse, Lionne "^'■«it attendu le départ du cardinal pour lui ex- P*"iiner toute lu peine qu'éprouvait le roi d'être privé ^ KoniD des services d'un homme le! que lui. Aliu
* L'akbé da Uat'haul «crîrail de ROIU 4 Lionne, lu 31 Beplcmbre '*«« :• A ne mus pu dlssinml-r, M. al M" <ie Chaulno» ont él« "*■"«**■ eilrémemenl du deprt de 11. le cardinnt de RcU, eu. ^**» k nlitrsotioii d'ïïijir un bun svcoaâ, ils y r^nl^ni un galtnl I «t on ch«r uni. etc. ■'
LE CAHDIKAL DE HETZ.
que Retz ne prit pas la résolution de prolonger son séjour, au délriincnt de sa santé, il Ht en soiic que sa IctU'e ne lui fût remise que lorsqu'il serait déjii à une grande distance, •< Jo tends cette embuscade à Votre hminence à sou passage par la Lombardi<\ lui disait-il avec une grâce chEumante, pour lui dire certaines choses que jo n'ai osé lui écrire', lorsqu'elle était encore à Rome, dans la crainte que lu zèle de Votre bminence pour le service du roi ne lut ftt prendre une résolution préjudiciable à sa santé. J'oserai donc maiuteuaut, avec une entière liberté, dire à Voli-e Eminence, mais sans appréht^nder autre effet que celui de rendre le témoignage que je dois à la vérité, que je suis pci-suadé qu'il ne pouvait arriver plus de préjudice au\ alTaires que le roi peut avoir à Rome et en toute l'Italie, ni un plus ^and malheur à M. l'ambassadeur que le départ de Votre Emiuence dans ces conjonctures ; que j'eo soutTrirai beaucoup eu mon particulier, ou plutôt Sa Majesté, parce que ses dépêches nous intéreasaienl i.'l nous éclairaient sur toutes rhosos, t'I qu'enfin je prévois comme infaillible qu'en mille occasions , M. l'ambassadeur et les afTaires se ressentiront beaucoup de son absence. Votre Eminence, si je m'en souviens bien, lorsque j'eus l'honneur de prendre congé d'elle, me parla de son voyage comme d'un noviciat qu'elle allait faire; elle l'a si bien accompli qu'il- ne se pouvait rien de mieux, el il en reste tant de satisfaction à Sa Majesté que la
* Uonne au cardinal de Reiz, 21 Mptembre 166S, t. ZXVIU 4* ■ la Corrtipondanft lie Lionne.
SON BETOl'H A COMMEHCY. (35
X'rfitre doit titre très-grande d'avoir eu occasion, nonseulemontde signaler, comme elle a fait, son zèle «.; t t*a capacité, mai-t de se remettre aussi bien dans ^oii esprit qu'elle l'ii toujours été dans son estime. -Vii reste, si les imprécations qu'on peiitfairc contre i Aii mal pouvaient le guérir ou le soulager, nous en zB.vons tant fait ici contre celui que Votre Éminenco s^ouJTre, que je la puis assurer qu'il y a longtemps «ju'nlle en serait défaite et que, si mes souhaits *•: taîcnt d'un assez homme de bien pour cire exaucés, «slle verrait biealôl aussi clair qu'un lynx. Votre Emixscnce me pardonnera, s'il lui plait, ce transport d'affection qui pourrait paraître trop peu respectueux, Je lui demande pour conclusion la continuation de l'honneur de ses bonnes grâces, que j'ai grande I^assion de mériter par mes services, je les lui «leniande au pied de la letlre, sans qu'il y ait rien du courtisan mêlé, l'assurant en échange qu'elle peut compter sur moi comme le plus assuré et le plus zélé ser\'iteur qu'elle ail, dont mes actions et ma conduite lui rendront un continuel témoignage Lionne annonçait en même temps à Retz
«ju'îl était très-uvide de lire son beau mémoire sur les promotions des chapeau.^ dus aux couronnes et qu'il avait écrit au duc de Chaulnes de le lui envoyer. On se demande, après de tels témoignafçes rendus à la grande capacité do Retz, comment Louis XIV et Lionne ne jugèrent pas à propos do lui confier de hautes fonctions diplomatiques, qu'il eût remplies avec autant d'éclat que diplomate de son temps. Peut-être sa présence â Home leur parut-elle si nécessaire dans les affaires les plus difficiles l't dans
nal séjourna j J , pour y alt^ jj. V le, et pour &^t.je t
Lt CABDmAI. BE HETZ.
les conclaves, qu'ils ne voulurent pas le placer su ^a -^ un autre théâtre. Mais, k défaut du titre i'iTnhn- -ijj sadeur auprès du Saint-Siège, qui, d'après une hull^^^^p d'Urbain VUI, était incompatible avec la dîgmiM»^^^ de cardinal, n'était-il pas juste qu'on lui Records- j^[ la modeste position qu'il ambitionnait, celle ^^^^=3^ prolocteui' des aiïaires ecclésiastiques de Franc^^^^^* Tous les éloges dont Lous XIV et Lionne soûl jj
prodigues envers cet homme illustre ne sont-ils p-fc ^ autant do reproches que l'histoire est en droit ~^^v leur adresser?
Pendaut quelque temps, te cardinal :
(^amaiori, dans le pays de Lucqucs, drc des nouvelles de la santé du pape, et pour plus en état de retourner fi Rome, sî elles de -v naîcnt plus mauvaises. Plusieurs lettres intéressa, iiles de lui sont datées de ce lieu. En voici quel(|UK en fragments : '< Mon dessein a été, en parlant de Ron^ "■
de prévenir la neige des montagnes ' ; mais si je |
continue mon voyage comme je l'ai commencé ■ -1^ ne sais si elle uo sera ]ioint écoulée devant que__^ — 1^ les passe. J'ai déjà fait soixante et dix lioues en tro "'* semaines... Je serais parti dès hier pour conlinu^^^ mon voyage, si je n'avais jugé plus à propos d'atten^^ dro encore en ce lieu lit réponse d'une lettre qii^ * j'écrivis le 30 du passé à M. l'ambassadeur, parc^ ""\ I 1"^ j^ lui ai mandé que je ne sortirais d'ici quequanc:^
§ ^ il m'aurait fuit savoir précisément son intcntiou ^^
M J'espère que j'aurai celte réponse uprès-dcmaîr*
1 Cûi-respoTiiiaHrr pays de Lucques.
•y Lionne, 7 ociobre t8$e. *-
SOH RETOUR A COMMERCY. 437
d'assez bonne heure pour me remettre en chemin. M. le grand-duc m'a fait écrire poiir très-certain par M. Tabbé Strozzi , que le pape se porte beaucoup mieux, qu'il donnera demain audience aux ambassadeurs et qu'il ira ensuite à Castel^ etc. »
« Les nouvelles de Rome que je reçus à Florence m'ont obligé de ralentir ma marche *. J'ai demeuré unjouràPise; j'ai été même me promener àLucqoes, et j'ai eu ici, à ce matin, une lettre de M. l'ambassadeur, qui me marque que la rechute du pape a plus de suite que l'on n'avait cru au commencement, ^i que sa santé diminue de jour en jour. J'attendrais en ce lieu les nouvelles que j'en aurai demain par le retour d'une estafette que je dépêche à Florence, *i l'air n'y était si mauvais qu'il m'oblige de passer jusqucs à Lirezane, qui n'en est qu'à seize milles d'ici, ^ù je m'arrêterai sous prétexte d'une fluxion sur le ^ol, dont j'ai commencé effectivement de me sentir à i-ucques et je n'en partirai (à moins que M. l'ambassadeur me mande, poste venant, que je dois conti- ^^er mon voyage) que pour aller à une maison de 7*- l'abbé Lenari*, qui est auprès de Lucques, d'où J® lue pourrai rendre facilement à Rome en deux J^Urs, ou tout au plus en deux jours et demi. Je crois ^'^o les sentiments de M. l'ambassadeur, que j'ai ab- ^^lument suivis, justifient suffisamment mon départ ^^ Home... »
<< ...M. l'ambassadeur m'écrit que le pape lui a
T. XXVII de la Correspondance de Lionne, Lettre sans nom de
et sans dat«. (Avant le 13 octobre.) ^ans une lettre qui suit, Retz le nomme Cennni,
*88 LE r-ABDlNAL DE BETZ,
donné audience', (ju'il a paru en public, qu'il s'est promenô dans Saint-Pierre asspz longtemps à pied, ot que je ne dois faire aucune difriciiltô de rouUnuer mon voynge... Je pars d'ici demain au malin pour passer les montagnes, s'il m'est possible , de> vant les ^randcii neigres ; mais je croirais manquer à mon devoir si je quittais lo pays do Lucques sans vous faii-e savoir que, bien que je n'y aie passé qu'incognito, j'y ai été reçu et traité d'une manière qui marque quu cette République joint une véritable passion et un zîjlo particulier au respect qu'elle doit à Sa Majesté. Je ne saurais môme mempêelier de vous dire que M. l'abbé Cenani, qui a l'bonnenr d'être connu do vous, m'a tenu et traité dix ou douze jours chez lui avec une politesse et avec une magnificence incroyable. Je crois vous avoir déjà mandé que je passerai partout incognito et que je me contenterai d'envoyer un geotilbommc à M. de Parme et à don Louis Ponce de Léon ', en touchanl
le Plaisantin et le Milanais
" A la Torretta, à sept milles do Milan, ce îû octobre 1666". Je vous écrivis, le 13 de ce mois, de Camaiore. J'en partis le lendemain, et aussitôt que je fus arrivé h Fornovo, j'envoyai nu g:entilhomme h M. de Parme. Il me dépi>cha en même temps M. le comte Antonio Maria Tejizi di Lisa, qui me joignit en poste et mo témoigna, de bi part de son maître, toute la reconnaissance ïmagi-
' T. XXVIl de la Corraponilaitee ilr Lionne. Cani»iat^ )e \3 oelolire 1066.
• Le gouïerneur de Milnn, ' T. XXVU de la Co)-ret/-oiiilaace île Liiiniip. L*llr? nul ugr» plie.
SO!t BETOl-R A COMMKBCÏ. i39
uable des obligations qu'il a au roi. Je vins avant-
Mpr coucher à la Chartreuse de Pavic, pour éviter
lu grande route de Mitaii, dans laquelle j'at été,
toutefois, oblif^é, par la iit'cessilé dos passages, d'y
reloml>er. Je passai hier à la vue de cette ville et
j'envoyai un gentilhomme à don Louis Ponce de
i^on, qui m'a répondu avec, toutes les honnêtetés
possibles et qui aurait envoyé des carrosses après
ntoi ti l'on ne l'eiU assuré que j'étais déjà dans les
Voilées... n
Belz venait de recevoir la gracieuse lettre de Lionne, dans laquelle celui-ci, après lui avoir exprimé tous les regrets du roi de son départ de ïtome, lui adressîiil des compliments si délicats et *i*îs éloges si mérités. Le cardinal en fut dans le '■«vissement et le remercia aveir effusion : « Il ne se peut rien ajouter, d'un c6té, lui disait-il à la fin de '•* lettre précédente, àrextrémp joioque m'a donnée (votre lettre du ai septembre), en me maniuant que ■«3 roi a la bonté d'être satisfait d'une conduite qui **emc peut contenter moi-même, parce qu'elle n'a <î<unais rempli le zMe que je consenerai jusqu'au ^omier soupir de mu vie pour la gloire et pour la l^korsonne de Sa Majesté, et je vous confesse, d'au- *-ro part, que ta reconnaissance que j'en ai, et qui ^sl encore émue par ce que vous me faites la gràoo ^o ra'eu mander, renouvelle et augmente, dans le ^luii intérieur de mon cœur, le regret sensible que je ^ois avoir d'être obligé, par une incommodité aussi pressante que lu mienne, de m'éloigner d'un Hou «^ui m'a procuré le seul bonheur que j'aî souhaité «lans Inut le cours de ma vie, et qui est l'unique, je
LE CAHDESAL I
VOUS proteste, pour lequel il me reste du sentiment. Je ne sais si je ne manque point nu respect de parler avec tant de liberté d'uno douleur fjuoje uc dor» ressentir que par ma propre oonsîdéralion , car, outre que je ne saurais jamais être que tr^s-iDUlile au service de Sa Majesté, les mesures sont si bien prises avce nos amis que ma présence no servirait de quoi que ce soit pour les préalables ; je me rendrai au conclave avec autant de ponctualité pour le besoin que si je n'avais bougé de Tivoli. Je n'ai d'application, dans la route que je fais h cette heure, qu'à obsei-vcr ce qui pourra accourcir celle de mon retour, et je vois déjà par avance que, si il nem'ai^ rive pas d'accident, je la ferai on beaucoup moins de vingt jours. Je suis sï plein do ce que vuus m'avez fait l'honneur de me mander de la bonté du roi pour moi, que je sens qu'il faut que j'aie une haule estime pour voire mérite, et, si vous me permettez de parler ainsi, une amitié et une lundn^sse 1resvéritables pour votre personne... Je trouvai hier M. de Longueville à trois ou quatre milles de la Chartreuse de l'avie... »
« A Basie, le 27 octobre 1666*. — ... Je trouve en arrivant ici le courrier de Franco près de monter à cheval , et je ne saurais laisser passer cette occasion sans vous assurer de la conservation de mes services très-passionnés. Je vous écrivis, lo 20 de ce mois, de la Torrctta, et il m'arriva deux jours après un accident assez bizarre. Une chaise, qui se renversa sous moi, me porta avec violence
' T. XX\'1I Je la Cnnrspoiidaiice i/c Linnnc. Lettre aaiograpb*,
SOH RETOUR A COMMERCY. 441
sur la quarre d'un piédestal de table et m'a fait un Irou à la tâte. Je vous supplie de n'en être en aucune peine ; Tes n'est point offensé ; je n'en ai point discontinué ma route, et j'espère que je serai dans quatre ou cinq jours à Commercy. »
Dès que le cardinal fut arrivé dans son vieux château, il s*empressa d'écrire à Lionne pour lui dire que son accident n'avait eu aucune suite grave. « Commercy, 5 novembre 1666*. — ... Je vous éerivis de Basle le 37' du mois passé. J'eus le lenden^ainun éblouissement qui, ayant été suivi d*un autre le jour d'après, m'obligea de demeurer deux jours & Bemiremont. Ces accidents ont été si légers que l^on n'y aurait pas fait réflexion sans ma chute préalable. J'espère qu'ils n'auront point d'autre suite, et je ne prendrais pas même la liberté de vous en parlerai je ne me croyais obligé, par la bonté que vous avez pour moi, de prévenir la peine où l'avis que vous en aurez peut-être d'ailleurs vous pourrait ■lettre... »
X^orsque Louis XIY eut appris que le cardinal de
'^^iz était de retour à Commercv, il lui adressa de
^■^ Hiain ces quelques lignes, qui font autant dhon-
'^^^r à celui qui les traça qu'à celui qui les reçut :
•* Mon cousin, je suis bien aise que vous soyez
^^reusement arrivé chez vous, et je souhaite que
^8 y trouviez le remède à votre mal *. Outre Tin- * ^ ^^t que je prends à votre guérison par principe de ^^Wiveillance, vous me servez si bien à Rome que
^ *r. XXVIII de la Correspondance de Lionne,
^aint-Oermain en Laye» le 12 novembre 1666. (JEuvres de ^4f XIV, t. V, p. 395.
j'aurai beaucoup de satisfaction de vous savoir bientût on élat d'y rolotinier en caft de besoin. Comme en vous permettant d'en partir j':ii bien voulu préférer , votre santé k mon ser\ic:e, je m'assure aussi qu'aux occurrences «Ile ne sera pas épai^ gnéc pour me témoigner votre zfele. » Le l«ndomaiu Lionne écrivait au cardinal ' pour lui annoDcsr (|U4> son Mémoire sur lo sacré colléf^e était enfin arrivé, que le roi l'avait lu avec admiration, et eu niémitemps il lui faisait ses offres de services dans lo ca& oîi il aurait qucltiiie grâce k demander au roi. « ... J'avais demandé avec grand empressement 1 H. to duc de Cbaulnes, lui disait-il. le discours di* Votre I''mînence sur les promotions, et, l'ayant enfin rei;u par le dernier ordinaire , j'en ai fait aujourd'hui la lecture nu roi, qui y a pris un plaisir singulier. Aussi ne so peut-il rien voir de pins fort ni de mieux couché par écrit, et je ne sais pas ce (pie M. le cardinal Pallavicini pourra y opposer*. J'ai ■ mandé audit sieur duc qu'à moins que Votre hmineoce l'eût requis du contraire, il doit en faire courir des copies dans la cour (de Rome). S'il arrive, ajoutait-il, que Votre uminenco ait quelque chose à désirer de celle-ci, en quelque nature que ce soit, on . pour elle-même ou pour ses serviteurs , elle peul^j tout ordonner à celui qui est et qui sera toute s)^b vie, plus qu'aucun autre, Monseigneur, etc. »
Il semble que jamais occasion plus favorable t^^z se présenta au cardinal de Retz d'obtenir ce qtt*"^
< Lionne au cnnlinal àe ReU, SaÎDl-O^rmain cd Lajr, !« 13 ^^ veinbr« 1666.
* L« cardinal Pallavicini avail défendu lei promotiotu tn p*