‹ Le Cardinal de Retz et ses missions diplomatiques à RomeChapitre 35 sur 41 · CLÉMENT IX · texte numérisé non relu

CLÉMENT IX

DUS y avons eues'. Noua arrivâmes le 6 de ce lois, à Civita-Vecchia, et le 8 en celle ville, où !. l'ambassadeur m'a fait l'houneur de me loger tez lui. » Le même jour, Retz éfrivait à Louis XIV >ur lui renouveler l'hommage de son plus entier i vouement'. Son premier soin fut d'étudier le rrain, mais, pas plus qu'à son départ, nul ne pou- .il prévoir quel serait le sufccsseur d'Alexandre.

Je vous écrivis on ce temps-là, disait Retz à onno (] 7 mai) ', que les factions différeiitcs, que «nprévoyaît devoir être dans le Conclave, fuisuient l'il était comme impossible que les cardinaux ouvrissent à eux-mitmes, dans le plus intérieur do ur ctpur, par la difficulté qu'ils trouvaiool â dismer par avance ce qui serait possible. Ce qui me

rail depuis mon retour est que la disposition du fllégo n'est pas changée sur cet article... J'ai en- K tenu aussi quelques-uns de mes amis de l'esi^aon, et, autant que Je puis ju^cr de leurs discours,

crois que les Kspag;nols auront de la peine à emwher que ceux de leurs sujets qui sont de ce corps ^xneureul dans leur conduite ordinaire... <> Relz

«liait dire par là que les cardinaux espagnols sui- Bient bien plutôt l'escadron que la faction d'Espa-

Xe pape ne mourut que quatorze jours après privée à Rome du cardinal de Relz, le 2â mai \ Ce Kir-Ut le cardinal adressa à Lionne une Irès-im- «rtante dépêche pour le tenir au courant de lu

Lettre solngraphe. Rome, 10 mai 1667.

• Rome, 10 mai lOCT. T. XXXJ il« In Cvnt'pondance de Lionne. ' Ibidtm, lettre aato^aphc.

LE CABDINAL DE BETÏ.

campa^o qu'il avait ouverte contre le népotisme, terrain sur lequel la France ne pouvait que s'entendre avec l'escadron. « Je vous écrivis mardi passé';... les quatre jours de l'extrémité du pape, qui n'est mort qu'aujourd'hui à six heures du soir' commencent à donner de TouvcrLure à la scène mais comme M. l'ambassadeur m"a dit qu'il vous en mandait le détail, je ne répéterai point ici ce qu« j'en ai appris parce que je lui en ai rendu compte* et je me contenterai de vous parler de ce qui con. cerne le népotisme, sur lequel M. l'ambassadei m'a témoigné qu'il ne s'était point étendu daos dépêche. Nous avons commencé de ti'availler ai moyens qui peuvent remédier à ces abus et avons lieu d'espérer que noti'e application ne ser pas inutile. Notre nombre s'augmente tous It jours et nous sommes déjà vingt-trois prêts à noi déclarer', M. le cardinal Palotla, qui est des pli anciens du Collège, s'y est engagé et M. le cardia Pallaviciniy paraît même des plus échauiTéfi. Noi avons lieu de croire que nous ferons encore p!u» m progrès dans le conclave, et, selon toutes les app— reiices, nous réussirons dans notre dessein. Ma5 supposé mémo qu'il fût traversé par des obstacle que nous ne puissions surmonter, il est coouff impossible que nous n'eu tirions au moins l'aval tage de commettre l'escadron, qui est comme l'AiS de cet ouvrage, avec l'Espagne qui le travorftera tout son pouvoir. Son ambassadeur s*ou

' T. XXXI Je la Corrapondance de Lionnr.

* Rome, 22 mai 1667. T. XXXI de la Currefponrfanct rf< L

' CoQira iei abua du népotiune.

CONCLiVK HK OLtaiEHT IX.

****i.]ne d'une pCDsée chimérique et même dange- ^^■-«^e, et je sais certainement qu'il fait état de faire ^*iXarer sur ce point ceux de cette faction qui sont '■j^ls du Roi son mailie. Il n'y gagnera rieu, à ^^*^Xi opinion, que de la désobliger tout oiitifeie, ce ***î ra^me me paraît assez considérable dans celte ""^^ijoncturo, où l'on ne peut, ce me semble, trop sor- ^*" les mesures qui furent prises l'année passée ^^Ac M. Tambassadeur. Ce n'est pas que ces mes- *^ »irs ne les aient gardées avec toute sorte d'hon- ^%^té et do bonne foi, et qu'ils ne les continuent **«2ore de fort bonne grâce. Mais enfin ils demeu- ^"ftlt dans l'indépendance qu'ils professent des cou- ^^fcnes, ils ne s'engagent pas à tout, ils conservent *^\ir liberté, ot il est bon, par conséquent, de ména- ^«r avec soin les occasions qui les peuvent toujours ^«i plus en plus détacher de l'Espagne. Je suis persuadé que la protection que Sa Majesté donne à un dessein qu'ils ont fort à coeur et l'imprudence du duc d'Astorga', qui n'est rien moins qu'un habile homme, contribuent beaucoup à cet effet. On m'a assuré d'assez bon lîeu qu'il aurait déjà éclaté contre MM. les cardinaux Borroméc, Aquaviva et Omodei sur la proposition contre le népotisme, sans M. le cardinal Barberin, qui est de leurs amis et qui a toujours conservé, depuis le dernier conclave, I quelque liaison avec l'escadron...» Cette croisade,

■ si habilement conduite pat* le cardinal de Relz con-

I tre l'un des abus les plus graves ot les plus invé-

I térés de la cour de Rome, lui faisait le plus grand

H I L'amba«M<

>i J 'Es pagne à Rome.

..de

honneur. L'Espngne. au contraire, faisait tous sea efforts pour lo maintenir à cause des avantages par — " ticuliers qu'elle y trouvait. Dans cette lettre, Itet^ ■ -ix annonçait à Lionne qu'il avait tenté d'inutiles dé— ■^!»émarches auprès des parents du pape pour que le»He duché de Castro fût restitué au duc de Parme.

La veille d'entrer au conclave, il lui adressait* j une dernière dépêche, non moins importante que \i précédente, dans laquelle il lui rendait compte d(» £Je ses nouvelles conférences avec Azzolinî au sujet dL* -Su népotisme et des ouvertures que lui avait faites c» cardinal pour porter au pontifical le cardinal Gri- S— maldi, dans lo cas où la France exelueratt Fran^oi . Barberini, candidat do l'Espagne. Suivant l'opinJoK «i^h" de Relz, la candidature de GrimaKlî n'avait aucun» «=»e chance de réussir et il n'était nullement d'avis qu' «»ie l'on s'y arr^lût. Il finissait sa lettre en déclnrant t - ' ' Lionne que, pour se conformer aux prescription ****5H des bulles, il no pourrait correspondre avec lui de -s^ ''7 qu'il serait entré dans le conclave. Mais te n'étaiî ,^*" qu'une déclaration sans aucune portée, car Retz n» **"*' se fil pas le moindre scrupule d'entamer une eorres^ '^*" pondance secrète avec le duc de Chaulnes pourl»» tenir au courant de toutes les péripéties du conclavip et pour lui demander se» instructions à chaque io— * cident qui se produisait. « Je n'entrerai anjourd'hu J que fort peu dans le détail de ce qui s'est passé îr : depuis la mort du pape, écrivait-il à Lionne', parce que je ne doute point que M. l'ambassadeur^ n'en rende exactement compte à Sa Majesté, e*^

' Reli A Lionne, 3t mai 1667. T. XXXI, Co'-retp. de Lionne,

CONCUVE DB CLÉIIi:5T IX.

■ parce qu il me parait que les lumières que l'on a f commcDcé à lircr en tetLo cour du promior mouvonienl des factions difTércntcs sont encore si confuses ^* si incerlaiiies, que je ne sais si elles ne seraient J^as plus capables d'embrouiller le plan qu'il m'a dit ■*'«>U8 en avoir «nvo'yé, que de l'éclaircir. Je lui porte ^«l'oc application le peu de découvertes que je fais d.'heure à autre. Mais comme lu plupart n'ont de *=OK>&jdération que celle du jour, et que toutes ont ■"^«■.pport aux cboscs qu'il vous aura certainement fait ^i»^"Voir devant que je fusse arrivé en cette %'iJle, je «^«■oîs que je lui dois déférer le jugement et le choix ^^ celles qui méritent de vous être mandées. Il a J»*8'é à propos que je vous écrivisse ce qui s'est passé "** ma part avec l'escadron touchant le conclave et ■**■ pro|tusitioii contre le népotisme. Je m'en acquitterai le plus succinctement qu'il me sera possible. *** - Je cardinal Azzolin me dit jeudi dernier que l'on ***U persuadé généralement à Rome que la France ^* Souhaitait pas l'exaltation do M. le cardioal ^^'■facrin et que, bien qu'il la crut fort diflicilo. il ^ tenait obligé de «'expliquer sur ce sujet avec moi, , . Pour lui Bl pour ses amis; qu'il ne pouvait avec '***aéanco s'engager contre les intérêts de M. lo ^^^'^linal Barberin, pour les raisons qui étaient con- ^«a do tout le monde' ; que ceux mémo d'entre - ^ <{ui pourraient no pas porter jusques h la liare

***itié qu'ils ont pour sa personne, no prendraient

tia, par bienséance et pur honneur, de liaisons

***.raires. Mais que, pour témoigner à M. l'umbas-

X BartiKrini '(U'Aizolmi iJevail an bnul» fortune,

sadour la passion qu'ils avaient de rencontrer service et la satisfaction du roi dans le bien c^^^^ l'Église, il me priait de l'assurer que la dispositio-^'-^)* qu'il me faisait voir pour M, le cardinal Barbent *^^ n'empêcherait pas qu'il ne concourût avec fidélil»-*^ au premier sujet capable qu'il leur proposerait, sam «^s excepter même M. le cardinal Grimaldi, qu'il prcf^'^^srerail de très-bon cœur à tout antre, parce qu'il W I le tenait pour le plus digne du pontificat et pour le plus ■ Jis éloigné du népotisme; que la qualité de faction- -m^bnaire de France otl'enti-epriso de Naples mettraîen«:arDl vraisembiablomont de grands obstacles aux pensée^^cis que l'on prendrait pour lui, mais que l'on y pour^ rrait garder de telles mesures que ces obstacles ^^ je trouveraient peut-être avec le temps plus apparen*^ -^Is qu'elTectifs, et qu'il les concerterait avec M. l'an^^EDbassadeur quand il lui plairait. Ils se virent dès It

jour même et je no doute point que M. l'ambass ^4^ M deur ne vous mande le détail de leur conversati^^an l aussi bien que les précautions trës-judicicuses qi^i^'il prend pour empêcher que co qui est fort bon de s — oimëme ue puisse être mauvais par l'événement. 'Ct g n'est pas que je ne sois persuadé et par la probité M. le cardinal Âzzolin et par ce que je sais dep^' longtemps do ses dispositions pour la personne ds^ M. le cardinal Grimaldi, que sa proposition est ^ itH cëre et de bonne foi. Mais comme le succès en dans le fond Irès-difficilo, on ne saurait, co me sa ble, agir avec trop d'égards pour faire que. si * n'a point son effet, elle n'en produise pas au moins qui soit contraire aux sentiments et aux volontés da roi, particulièrement en ce qui touche H. le tmr-

COHCLAVË HK CLf:MRI(T IX.

^inal Barberin. Je crois, Monsieur, qu'il est inutile '«jueje vous dise que je me conduirai sur ce détail et «ur tous les autres, précisément et ponctuellement selon re que M. l'ambassadeur me dira.

« Pour ce qui est du népotisme, vous aurez vu par ma précédente que l'on poussait ici le premier projet avec vigueur. Je trouve quelque changement dans les esprits depuis deux jours, sur ce que l'ambassadeur d'Espagne, qui y est contraire au dernier point, s'est servi de celte occasion avec adresse, par le conseil, à ce que l'on prétend, de M. le cardinal Ginetti, pour essayer de* brouiller l'escadron avec MM. les cardinaux Barberin et Chig:i, qui sont tous deux, par diiïércnts motifs, fort opposés au dessein qui se forme contre le népotisme. Le zèle et le peu de secret do M. le cardinal Pallavicin, à qui l'on s'est ouvert, contre mon sentiment, de trop bonne heure, ont donné lieu à la défensive, qui ne peut être Faible dans un temps où il ne se pout que l'escadron ne garde beaucoup de mesure avec les chefs de faction. J'espfere toutefois que la justice et la nécessité du dessein soutiendront des intentions qtii sont assurément fort sincères et fort bonnes. Nous nous enfermons après-demain, et vous croirez aisément que je suis trop religieux ob3er>'8teur des balles pourvous écrire du conclave. Comme M. l'ambassadeur n'est pas si scrupuleux que mol, je m'imagine que vous serez presque aussi ponctuellement informé de ce qui s'y passera par les mesures qu'il y prend, que si vous y étiez présent. Je crois que vous aurez su que, le jour do la mort du pape, le peuple éclata avec fureur contre sa mémoire, que

464 U: CARDIKAL Di; HETZ.

don Mario fut injurié publiquement dans les rues, qne M. Ravizza couru tfortuni; et que, les jours suivants, toute cette cour, sans exception, a rendu plus de civilités à ses parents que famille de pape n'en a jamais reçu. Vous inférerez de là facilement que nous sommes daus un p»ys oii l'intérêt l'emporte toujours sur la passion. Je ne vous recommande point le secret sur ce que je vous viens de marquer de M. le cardinal Azzolin à l'égard de M. le cardinal M^^sal Grimaldi. Vous en voyez la conséquence, n

Pendant les douze jours qui s'étalent écoulés^ ^^, depuis la mort du pape jusqu'à l'ouverture du con— .«c^iM clave, lo duc de Chautucs n'avait fait connaître tea^ ^^if^fl secrètes intentions du roi, en faveur de Rospigliosi M «^ qu'à deux cardinaux do la faction française : Uctz e^^M(i( Grimaldi. C'était pour celui-ci la ruine de ses pré^^»étentions. L'ambassadeur n'en dit mot aux nntre^^ss cardinaux de cette faction pour plusieurs motifs : à

d'Ëslc, parce qu'il voulait uniquement le triomph-^^a de Farnèse ; à Vendôme^ parce qu'il était trop net: — jt et trop pou intelligent pour qu'il ue fût pas dan^t^ — reux de lui confier un tel secret ; au cardinal Anloin^^*^^ Barberini, archevêque de Reims, par la raison bi« ^=ff ~* simple que, son frère François aspirant au jionlificaW — il prendrait plutôt ses intérêts que ceux de la Franci à Maldacbiui, Mancini et Orsini, parce qu'ils n' talent bons tout au plus quo pour l'exécution, duc de Chautnes avait fait un traité secret av< Chigi, par lequel il s'était engagé à ne pas sortir < sa faction pour le choix d'un pape, ou tout à ne pas s'y opposer.

Le conclave s'ouvrit le i juin. Sur soixaal

'. M'. CLÉMKNT 1

cardinaux douL se composait alors te sacré collège,

soixante seulemenl y entrèreut; dix n'avaient pu

s'y rendre , soit à cause de la trop jurande dia-

, tance, soit pour cause de maladie. Le conclave était

divisé en six factions principales : colle des Chigi,

I la plus puissante; celle de François Barberini, ne-

j veu d'Urbain Vlll ; celles de Frauci- ei d'Espagne,

I celle des vietix, et enCn V Escadron voiaiil, composé

i de plusieurs créatures d'inuocent X, des indépeu-

I donts et des mécontents des autres factions. Le

' vieux Barberini, doyen du sacré collège, aspirait

I pour la seconde fois au pontilicat, essayant de se

' ménager entre la France dont il avait autrefois

I embrassé la faction et l'Ëspagno avec laquelle il en-

Iretenait des intelligences. D'une habileté et d'une

Oxpérîeuce consommées dans oo jeu si difticile des

[ «îonclaves, pour me servir de l'originale expression

I <iu cardiual de Retz, il dénoutaù secrètement les

l^iiis après Ifis autres tous ses rivaux, et il attendait,

{ Jiour se mettre à découvert, d'avoir ruiné toutes

I leurs prétentions. Peudant quelques jours, ce fut

i'unc hécatombe de cardinaux. Dans cette confusion <]e votes qui signala les premiers scrutins, lu cardinal de Retz, chose étrange! eut sept voix ', sept voix qu'il n'avait pas assurément briguées, et qui |t lui vinrent un ne sait d'oîi ni coinmont. Lui qui riait de tout, il dut bien s'en l'gayer, et si, par un de ces jeux bizaiTcs de la Fortune, il fût devenu pape, il eût été assurément le dernier il croire que le saint Esprit eût participé le moins du monde à

à Lionne, 7 jiii

.. de U<,unu: T. X.XXI.

son élection. D'Onnesson, dans son Journal, ém:* vait à celle dale ' : i< L'on avail dil, duranl le con- clavc, que si Dieu s'en mêlait, Rospigliosi sprai- * *^* pape; si les hommes, le cardinal Barberin; si |^» Cle diable,... " et il laissait le nom en blanu. Maî^sKJs comme il venait de parler, quelques li|u:nes plii^s *->s haut, du cardinal de Retz, contre lequel il venait dci^»-fie gagner un proei*s, il esL fort probable qu'il songeaiL^ *-»iVà lui. -^É

Dans la senlo faction des Chigi, huit candi datais -JH étaient sur les rang» : Bonvisi, Ceisi, Vidoni, d'Ëlci, «- &4M Litla, Buaelli, Farnèse et Rospigliosi. Pollavicini, ^ ■ 'i qui avait servi d'intermédiaire entre Chigi et le duc^i:» *c de Chaulnes pour le traité qu'ils venaient dépasser' ensemble, étant mort peu de jours après rtiuverlurc « du condavf, le cardinal de Rolz fui chargé par" l'ambassadeur de le faire ratilier pur Chigi el de lui demander en même temps quel élail le candidat qu'il préférait dans les huit de sa facliou. Chigi s'élant montré de plus en plus exigeant dans ses prétentions, llelz, par d'habiles manœuvres, sut le maintenir dans les termes du traité et l'amener à le ratifier*. L'un el l'autre convinrent de choisir Azzolini pour pratiquer l'escadron. Le candidat que désirait ardemment et par-dessus tous les nulres le cardinal Chigi. c'était d'Ëlci, Slennois coranie lui et membre de sa famille. Tour k tour nonce à Veuiite el en Allemagne, d'Ëlci avait exercé ce» ftineUoQs avec autant d'habileté el de prudence que de tlou-

' Jownalde Lrfèort ifOrinneon, C Juillet 1667. l, II, p. Bit. ■ Chaulaes AU roi, il jnillel 1667, Cmrap. du Uunne.T. XXXI.

' CONCLAVE Oli CLKMEKT IX. 46"

CMir, n était de plus appuyé pai* le ^rand-duc de Toscane et par les Espaifiiols qui avaient gardé d'exrelloats souvenirs de sa nondature. Chigî espérait par son avènement conservei* toute son inQuence. Il fil demander au duo de Chanines de faire voter en sa faveur la faction française, mais Ketz, par l'ordre du duc, lui ri^pondit qu'il no pouvait commettre le uom du roi au proBt d'une faction sans être pleinement assuré du suocfes, et que tout ce qu'il pouvait faire, c'était do ne pas lui donner l'exclusion, f^biyi, se voyant tenu en échec par le refus du concours actif de la Friince, lit sonder l'ambassadeur pour connaître le.s socrfetes intentions du roi, et le duc lui fit répondre par Azzolini qu'il ne pourrait se prononcer que lorsque le nombre des huit cardinaux de sa faction qui se portaient candidats serait de beaucoup réduit'. Après plusieurs négociations, habilement menées par le cardinal de Retz, et lorsqu'on eut promis te secret k Chigi, celuici fit proposer Rospigliosi, Bonvisi, Celei et d'Elci, dans l'espoir de Faire réussir l'un des deux derniers, et il sacrifia les cardlnau.Y Litta, Vidoui, Bonelli et Farnfeso'. L'ambassadeur demanda que Famèse fût remis avec les quatre autres, pour faire craindre l'escadron, les trois derniers élant Irop jeunes pour qu'il pût les appuyer. Chigï proposa de nouveau d'Elri. L'ambasadeur feignit d'y consentir, mais il eut soin de lo miner secrètement. Uans la crainte que d'Elci ne fût naturellement porté h continuer

les Lraditiou» du uépolisme, l'EBcadroti ue vouIuH de lui k aucun prix ; lu Franco, de son côté, s'opposaiB de plus ii Sun Élection parce qu'il avait une liaisuic avec l'Espagne ; et la faclinu des vJeus, parce qu'if était trop jeune. D'Elcî, d'ailleurs, malgré se: qualités personnelles, était très-impopulaire à caus^ de sa parenté avec les Cliigi. Lorsque son nom iu prononcé, il y oui une émeute à la porte du clavo et le pouplc menaça d'y mettre le feu. I] n'obtînt que dix ou douze vois au lieu de quaroute trois nécessaires pour l'élection.

Restaient Rospigliosi, Bonvisi. Celsi cl FamèscL Fa rnëso n'avait été mis en avant par le duc deChanT nés. qui no tenait aucunement à lui, que pour fair— peur à Chigi de l'Escadron, D'ailleurs 11 avait puis adversaires Impériale, Âzzolini et le vieux Barberiis qui nourrissait contre lui et sa famille une haii^ mortelle. A peine son nom fut-il discuté. L'anibass sadeur commençait à craindre l'éleclion de Bouvisa parce qu'il savait que lo Sacré-CoUége n'acccpt*" rait pas Colsi à cause de l'extrême licenco de mceurs, et que d'ailleurs Chîgi détestait parlicalii remeut Rospigliosi'. Le duc était dans le plus ^rai~ embarras, n'ayant reçu aucun ordre de la cour d' dure Bonvisi ; toutefois, il l'eût préféré sans coi paraison à Barberiui, qui se préparait dans l'ombi Il avec toutes ses troupes fraîches, •> dans le < la faction Chigi serait impuissante h faire un Que fit l'ambassadeur? Il se coocertu avec Itutt ils résolurent l'un et l'autre de « risquer Hospiglioi

i, û juiiiH leeT. i

w/.. ih lion

CONCLAVE [>K CLÉMENT l

•:s..sin8 puurlaiit le nommer, mais en faisant voir les *S ifficuUés pour l>ulsi el Buiivisi, >i pour le premier, «3 u côLû de la majorilù du Sacré-Collége ; pour ]e ^3b«M.'ond, du cftlé de Barberiui et du grand-dur. do ' -■.'oscane'. lia jugitrent do plus qu'il h serait plus J^â^lorioiix pour lo roi f/e proposer que de concourir ». ^S^cUt mcna<;a donc Chigi de l'exclusion de Bon\isï X^kAi'Barbfiriuiqiil ne manquerait pas de se faire ainsi ;K»Iace à lui-même. Cliigi, poussé dans ses derniers ^v~olran(!)iemont$ et dans l'impuissance d'agir seul | •^^ïo dehors do la France et du l'Escadron, envoya -■^^loolini auprès de Retz pour le prier de s'oumt I ^^^Inft nettement*. >> Betz avoua alors à jVzzolini, sous B.C sceau du secret. « qu'il avait un ordre de s'ox- "^liquer on faveur du cardinal Hospigtiosi, » autant j 4 cause de son mérite que des difficultés que l'on | Tenconlreraîl dans l'exaltation des autres, et il lui , déclara qu'il était do l'Iionneur du roi de ne pas proposer de sujet dont l'élection ne fût certaine. Cummu l'un des premiers actes de Clément IX, apri-s son élection, fut do choisir, eu qualité do secr6> \ taire d'htot, Azzolini, qui ne se déclara eu sa faveur t qu'après s'Atre concerté avec Retz, il no me parait point douteux que celui-ci gagna son ami par lu promesse de ce poste et que ce fui ainsi que l'Esca- j dron fut entraîné. Ce qui est certain, c'est que Rets | décida Azzolini. séance tenante, â faire d'activés ' démarches aupri'S deChigi pour l'amener à ne plus Vouloir d'autre candidat que celui de Louis XIV.

Qjuillci \mi.CoiTrii,..U Lioi

Wm9 I->^ CAHrtlKAL UK 1ltTI»4

AzEolint s'arquilla avec tant d'haWleW «Îp sa tnis- —

sion, qiH! k' loDdeniaia Chipi vint chez le ronlitial MX

de Retz pour lui dedaror que, bien que le dar. lie ^^

Chuuliie» n'ignorât pas les raisons qu'il avait du ni» «s»

pas sntibaitor Rospigliosi, n cependant il votilnit, ^ J

en une oocasion considérahln, faini voir bu roi les -^st marques iv son respect et de »« d^Mrenro en ac- — -n

ceptant celui qu'il proposait'. » Suivant les exprès- «

siuus de t'&nibassudeur, " on convint do bonne Foi S:^n de mettre k's fera au feu, ce qui HVséeuta si hnis- — ^ qiienient qu'en deux fois vingt-quatre heures on fit ~~^ m^ IVdei'tiou. " Au dernier moment, la faction de* t^^ vien\ opposa une vive rési8taii<:e. main « le rarditia] K ^%

de Hetz se conduisit si bien, » iprîis le tfmoi- ff

gnage de l'ambassadeur, nu'il t rallier tour h ^^^fc tour à la cause de Rospij si i les membres de — h»*

culte faction: Ginetti, Rra rcu , l'alutta. Car "^i

pexna.Gabrielli.noaottipt ï. vieux BariMsrini, ^ «i d'ailleurs, qui avait de l'estime j r Ruspigliosi, et-^P" *^ qui aurait vuliî pour lui s'il n'cM été lui-m^me shi— ^b' ^^

les ran^s, ne fit rien pour k son élection .^ca

Dans un scrutin précédent, il l pu obtenir quu*--^ -^

seize on dix-sept vois, mal > tou la ses intrigues — -^^ (juant aux [•'spaçnols, ce fut une des rares ocra—— -^ "* siona où ils se trouvèrent d'accord avec ta FrantuM' * "^ pour l'élection d'un pape. Elle eut lieu le M jnio, .«- ^*^

après dix-huit jours de lutte. En comptant les ce ^^

dules, on en trouva unç de moins; on en rechercha.

la cause et l'on trouva que c'était celle du <

de Retz. Comme il remplissait ce joor-là tes fonc-

' ChanlnM an roi, 6 juillet 1667, Corrttp. de InmK. T. XXXI.

CONCLAVR DE CLH.UmiT IX. 4T1

lions de scrutateur, il l'avait confiée au cardinal de "Vendôme pour la déposer dans le calice, et Vendôme avait si peu do tète qu'il oublia do l'y porter. Tout scrutateur qu'il était, Retz aurait dû porter lui-même son vote à l'autel, et l'on dit que son sansgène fuilraïlé do t/mncoitiua liianslc sacré-colIége'. « Le roi, écrivait à Louis XIV le duc de Chaulnes, ne fait pas plus absolument h Paris le prévôt des marchands qu'il a fait le pape *. » Le duc faisait l'éloge du cardinal de Retz dans toutes ses lettres, mais non toutefois autant qu'il le méritait, et en ayant bien soin de glisser que c'était l'ambassadeur de Sa Majesté qui avait tout prévu, tout conçu et tout ordonné. " Je ne crois pas, Sire, devoir fmîr celte lettre sans dire à Votre Majesté que le cardinal do Helz s'est fort distingué dans le zële qu'il a témoigné pour le service de Votre Majesté '. » — « Je vuus assure, Monsieur, disait-il à Lionne*, que M. le cardinal de Retz s'est fort bien porté en cette négociation, ayant joué toutes sortes de personnages, et en a usé à mon égard le mieux du monde, ayant eu toutes les circonspections possibles pour moi, jusqu'à celles mêmes qui passaient ce que l'on doit & ceux qui portent les ordres du roi, comme ambassadeurs. » Enfin il écrivait au roi le 6 juillet : Il Pour M. lo cardinal de Retz, gui avait la véritable attaque, je suis obligé de dire k Votre Majesté qu'il a eu toute l'application possible pour le succës de

I Hùt, dt» foiivemin.' ponlifes romains, par Artaud, t. VI, p. 78.

* 5 juillet. T. XXXI de la. Corrtipondanct de Lionnt,

» Chaulnes au roi, 21 Juin 1U67. CoiTtap. de Lionne. T. XXXI.

* S juillet. Ibidem.

lAL HK HKTZ.

celte népofîalion, ot qu'il n'a épargné aucun pour satisfaire Volrp Mnjiïsté once reucontre, ayai même fait pnsser le respect qu'il a pour ello jusqu'. titre d'ambas-sadeur, n'ayant voulu régler ses moîr cires pas que par les seuls avis que je lui donnai: me demandant jusqu'aux moindres rhosos, pouvan dire à Votre Majesté que. si sa conduite avait qu(? que air de vouloir se précautionner contre les évoemenls fâcheux, elle rossomblait encore plus k urr aveugle obéissance, k uu grand xhle et capacité c: contribuer au siiccfcs di's ordres do Votre Mujeslpour l'exécution desquels il s'est trouvé beaucoir soulagé par l'abbé de Machau'... » On remarquer avec quelle extrême finesse le duc de Chaulne sous prétexte de louer le cardinal, insinuait si propre élog-e. Est-ce un motif suffisant pour donui raison à Saint-Simon lorsqu'il pri'te ù en personna^ la plus haute rapacité? Assurément non, et il sufl de se rappeler l'ingénieuse maxime de La Rocbi= fouofluld pour se rendre compte de la ualuro il'«i prit du duc de Chaulnes : « L' amour-propre ex/ pii^ haliile çtie le plus habile homme du mondfi. » KbsI— tuons JL qui de droit l'honneur d'avoir fait réussiiM malgré tant de difficultés et d'intérêts contraires le protég;é de la France, et ne citons que deux noms^ Retz et Azzolini.

Tandis que l'ambassadeur se donnait si adroite ment pour le grand électeur de Rospigliosi, le cai dinal de Retz, avec un excès d'humilité dont o nous permettra de douter, s'excusait auprès

I ■ r, XXXI iir'

r-OKLAVi: ni: clémunt i\. i'i'.i

■Louis XIV cl de LioDUo d"avciir fait si peu : " Sire, je ne puis laisser parlir le ruurrier de M. l'ambas- ■.«It'Ursatis supplier Irès-humblement Votre Majesté <ï'<*lre persuadi^e que le seul déplaisir que j'ai eu au k nclave n été de n'avoir pas assez de capacité pour loi douner dos miirques plus considérables du zèle t.r-«-»-ardflnl que jn conserverai toute ma vie pour <:>ii aer\ice. eU:. '. >■ — » Comme je u'ai rien fail •â^ns 1(1 «onclavo que par les ordres de M. Tambas- -*»-«lc»r. écrivait-il h Lionne peu de joiii-s après', je ■~«ig que je me dois remettre à ce qu'il vous en ^<^rîra; mais je ne puis m'empAiher de vous dire 1 *~>o U ^oire que le roi y a eue de rcxallatîuu lUi ftpi> est eniiéremenl due à ses soius. et que ^4 lA. les cardinaux Chi^i etAzzoliniy ont aussi a|>^i •4~ «oe roanî^^e qui marque qu'ils ont eu une trts- •«» Ttc passion de plaire en en reucontre à Sa Majestt'. J^ fais étiit de partir dans buit ou dix jours pour ^*^lfr faire des remèdes k Commerey, desquels j'ai ^«■sûrement beaucoup de besoin... » DiKons, à la "**«i«og« de Relz. qu'il avait l'Ame trop élevée |>oiir ï***rtor la moindre envie au duc de Chaulnes; que, ^**>l) de I&, il véeul avec lui dau» une parfaite union **^ Hentimonts e( que <■ leur commerce fut le plus "Wï'^able du monde* ". I*ar son ordre, il dut retar- —^■' son départ de quelquoM jours pour assister aux

***« du fouroiinement.

*-« cuinpa^uon do voyage de Relx, lo sieur Bar- **^>* (le Ûercurol, a esquissé un portrait du uoit-

^ Hom-, 20 juin, l. XXXI -io In lar,-r,p..mfonrc .U iMiinr. j, *t"n.^. SOjuili. I. XXXI. Ihùlrm.

^IiKliitnK «I l.iftnn-. 22 jnin HVfi7. t:<nt>,,. ./- Lf^mf. Y, XXXI.

un CÂWÊÊmjbmm mmnu-

veM poîitEfa, dont k fiiàtiiiiv fM^ «INf il»t

nâlVw «t 060 plot prfaBitt¥Mv^*Mt

loôtei feaiMBinManto 9'Wll<tt]ftt^^

tHèi'mittïé mtre Tpe et f«iiÉrevîiiii jpèar^téj

tMgie^loi^tî un peu dMujtrnéi'lé teiiitexi

Uhnieét dâfeat, leiMSBqfiiilw^idMiyeiirigiisyJ

dt'biwfendns, avec^nn ▼imifflaat inr lin JWK1

rfltt^lMlëTreft qui fut im effet miwMiilflù

Inniine de son âgt;. n-^lee.qlinfWBdantti

(|«e'tont Usn^v In J^aribeuépiiBée ié(Hoi|gw»yt<

Méine'conlenr qne les dievensv nt dne

hèlM^'Manehes etkmgnên Soniespritlertinf^:

akmc mèk fort doux et d'mi«nlîordjngeiÉliB,i

entjferenientàkipiétéy^te^i^ m ¥oicii

inpMtalt à LionneeiHl nntsÉMe/nMiillns

pkfé et^ en mème'liniipn/inmfri^fAnil^

r 'Mj jt^Éinbaaiadêur «fut jngéè

tMt^ MU eéiénumiet du eootonÉiii^teÛteWttlff^''"^

depoieewion, j'ai diflité de qadqneit j<

ètrnonii audience deeoÉgé^ f^Vi

eHffepaaaa tout etttièfè de infnrl)iéiaÉhiliiÉ|^

eiitdes tinioinarnaaM de- la •MnaiiadiÉanianïinHSIiiÉi

doitmnioi. H ne eepent nfea i^foote MttFen|pBMK'

siens dont elle se servit, elle me répéta plus de vingt

fois en une heure qu'elle devait le pontifical à Sa

Majesté, et toutes ses paroles furent accompagnées

d*un air qui me persuade qu'elles partaient du cœur.

J'aurai Thonneur de recevoir encore demain ses

commandements et elle a eu la bonté de me rordon-

ner... L'entrée du roi en Flandres m'avait fait près-

* 4 juillet 1666. T. XXXI de la Correspondance de Liomne.

COSCLAVE IlE CLfiMKBT l\. 175

q«i •» résoudre à prendre la route de Venise pour évi~

•<s»- te Milanais. Mais M. l'ambussadeur m'ayant

assuré qu'il n'y avait aucun inconvéuient k y tou-

*^**«»r, je prends le parti d'envoyer un g^ntilliummtr à

•■OMl Louia Pouce de Léon, pour m'assurer lie ses in-

*-^«»(ion9 en lui faisant compliment sur mon passage,

•™* - l'ambassadeur croit qu'il n'y aura aucune difli-

'*^**B t^. et, à vous dire le vrai, je le souhaite, parce

^ ■■«« dix jours de voyafie de plus en celte saisou et la

t*<*«jdpe de Lombardie méritent quelque n'-llexion. Je

*■■ «ivancerai toujours jusques à Fonioue, en atleii-

****-»it la réponse de Don Louis... » Et le 6 juillet:

*" tîepuis ma lettre écrite, j'ai vu le pape qui m'a té-

"■*«»igné encore plus de reconnaissance des obliga-

''***Tis qii'U a au roi qu'il n'avait fail à ma première

^**<lit"npe. MM. ses neveux arrivèrent ici avant-hier

^•* soir, et ils me firout l'honneur de me venir voir

^■«*r, ce qui m'a obhgé h remettre mon départ d'un

^'^«arou deux pour leur pouvoir rendre la visite. On

***'« enseigné un chemin par lequel on m'asàure

1*** je pourrai passer du Parmesan Ji Bresce, sans

'**»jclier l'État de Milan. Je prendrai ce parti pour

^^''îter ou les difficultés, ou les cérémonies de don

"Oui»' Il ... Je ne suis ici que d'hier, écrivait-il à

W«ïooue, de Commercy, le li aoilt'; le détour que ) ai jirîs ayant allongé mon voyage de dix ou douze jour». Je vous écrivis de la (larfufjrnane que, pour éviter le Milanais, je prendrais la route de Vérone. (In m'y fil tant de peur dos montagnes des Grisons,

< îtomt. 0 jnillil {«7. T. XXXI de la Cormpon<U • T. XXXI de la Çnrrtrponilanix ilr tUaine.

que je me résulua de passer par le TjtoI et par l'Ai ^j^.

lemapuc. J'en ai trouvé eu piïel le i-liemiu beaucoup*^ ^j. plus beau, maie eaus comparaison plus incommoder» ^^|, à cause de la longueur. J'ai passé parloul inro — ^:^'/,. f/nilo... »

Le voyage de Ht'tz avait duré plus d'un moi». 1 M |] «tait parti de Rome fort mécontent de n'avoir nx»-.^» ^çn aucune lettre de remeiflmeut de la cour, pour tiinr:* ^n( de services qu'il venait de lui rendre. Dans une imm Halention toute bienveillante pour lui, l'alibé de MtEa VJarhaut en avait iuformé Lionne ', et Louis XIV. afr^ .«iliii de réparer cette néfjligenco, lit en sorte que le ca .^ex. aidinal, en arrivant îi Gommercy, y trouvûl cette l>-» M.h-itre écrite do sa main, ainsi que la nouvelle du dt» M hn d'une abbaye deseplrà huit mille livres :' «Monco^n^inisin, vous avez trop contribué à l'heureuse exécuti» A iun de mes ordres, dans ce dernier conclave, pour * ii« vous téraoifiuer pas la satisfaction que j'en ai. f!l r^'p* lignes vous assureront qu'elle ne peut pas être pK -^Ibs grande et que vous nu saunez avoir de renommai dation plus agréable auprès de mui, que le souvec des serviees que vous m'avez rendus en cotle im contre. » Comme on le voit, Louis XIV saVfM quoi s'en tenir sur le rôle si considérable du car^ ^^ nal dans le conclave. Itelz, k peine de retour, i pressait de répondre au roî : « Sire, j'ai trouvé «" arrivant ici la lettre dont il a plu à Votre Majesté dp m'honorer du âO' juillet ', sur laquelle jt- la sup^-^Jifl trfes-humblement de lue permettre de lui dire «r^""

' Machaut l'i Liunue, 1^ Juill''I. dyrrfsp. de Liimnr. T. XX3CS -

> CompUgne. te 20 juillet 1067. UKuoivi Je Louù.XIl',*— ^■

> Archives <le» aSairei étrangères. Ciiniui«rc]r. li ooAl.

■roa joie, cguoiquo exirème, n'a pas été si pure qu'rïlli n'ait étéméléeilebonucoupde ilnuleur deu'avo «té plus utile à son ficrvice. J'ai appris eu mt^me temps piir M. de Linnne la bonté qu'elle a ou pour moi sur ce qui regarde l'abbaye do (.tuimperlé. Je lui «H rends les Irjts-huinbles actions de gr&ce que je lui dois, et je la coujuro d'être persuadée que rien n'égalera jamais ma reconnaissance que rattachement que jo conserverai toute ma \-ie pour sa personne et pour son service. Comme je craindrais de manquer do respect si j'eutruis dans un petit détail dont j'entretiens M. do Lionne, je me conlcntcroi de supplier trts-humblemeat Votre Majesté do me pardonner la liberté que je me donne do lui faire une nouvelle prière, puisqu'elle n'est qu'un effet de l'extrême confiance que je prends eu sa bonté... >j

Ouellc était celle altbaye de Ouîniperlé dont il est [jucstîou dans la lettre précédente? Pur le fuit, elle appartenait encore au cardinal qui, pour récompenser les services de loul genre que lui avait rendus le Auncux abbé Charrier, lors de la correspondance du chapeau, lui en avait laissé les revenus, mais sans en raire obtenir les bulles. Comme l'abbé venait ,e mourir, le roi, sur la demande de Lionne, crut lire en droit d'en disposer de uouveau en faveur ,u coi'dinal, eu l'autorisant k la faire passer sur lu te d'un de ses amis ou de ses protégés. Elle était i« sept mille livres de revenu. C'était beaucoup lour l'abbé Charrier, ce n'était rien pour le cardinal àe Uetz, eu égard aux éclatants services ou'il ve- Biiiil de rendre. 11 devait s'attendre à une autre ré-

iT8 Li; CARDINAL Dli HKT^.

compeuse, et au fond il fut assez piqué de la parci — « -rimonie de ce don, qui, à tout prendre, éUùl une» «~aie lestituUon. Au lit'U do l'accopter pour lui-même, vt ?^» el afin de donner iiidireclemt^nl une leçon de généro— «:»-ûsité au grand roi , il le supplia, dans les termes les -^ ies plus respectueuiL, de lui permellre de disposer des^» Jes revenus Ad cette abbaye en faveur d'un neveu d»J^dc l'abbé Charrier et d'un fils de M. de Moulmoren<-y~.^^r¥, qui se trouvait dans un étal voisin de lindiKence^^^^jce. L'action était noble et g^rande sans doute, mais in^.«rHi5pirée par un soulimenl qui n'avait rien de continu' m^ ^im avec la morale chrétienne. Voici la curieuse déytf^m^itchoque Helz adressait à Lioune h ce sujet :

•i ... J'ai reçu en arrivant la lettre dont il a plu m^ h Sa Majesté do m'hunorci- du 30' juillet, et les deiK.v r^^'ux vôtres du 23' du mùmo mois et du 3" du courant » ^i'. Vous pouvez croire que j'ai reconnu aisément daa la première les effets de vos bons oflices, et que;= quos observations dans les deux autres qui ne ma: quont pas moins la bonté que vous avez pour mrci» â Soyez persuadé, je vous conjure, que rien au mon* ne m'a jamais été plus sensible et que la reconnaï sauce que j'en ai, dans le plus intérieur de mi» j cœur, est beaucoup au-dessus de ce que je vous * sauraisjamaîsdire... J'espère que vous me ferez bi S~Âei la gr&ce do témoigner au roi le ressentiment qj^^tin j'ai de ses bontés euL'ore plus particuliiîremont q^n^ria je n'ai osé, par rcsptTl, le faire dans la lotlro 1»'^=~^ j^l mo donne honneur d'écnre à Sa Majesté. Je pret^^ds § la liberté de vous en envoyer la copie, afin que ï«

' Commercy, li ai

coacLAvK m- clicment i

'3no puissiez faire la grAce de lourner, eu la maiiiéte '^ue voua jugerez la plus couveDablo, la prière Irès- I liumble que je lui fais sur oe qui regarde l'abbaye kde Quimperlé. Je vous remercie de luut mon i;œur ^du soin que vous avez eu en ce rencontre de ce qui "TOC regai'de. Je n'en suis point snppria, miiia, en vé- 'rité, je n'en suis pas moins touché. L'abbé Charrier jt'a point eu de bulles de cette abbaye. Il n'en a point pris possession, et je n'en ai jamais été dépossédé; mais il est certain toutefois qu'y ayant une démission de moi. et un brevet du roi ensuite, le plus sur fierait d'en prendre nn nouveau, l'I, si je faisais étal de retenir pour moi le bénéfice, jl' ne balancerais pas à suivre votre conseil, tant par cette raisou, quu parco que jo trouverais do ht satisfaction à le tenir «ncore comme une nouvelle grlcc du roi; mais puisqu'il pluîtau roi de m'en donner la disposition, jo me résous de le laisser à un des neveux de l'abbii Charrier, et j'écris aujourd'hui à Lyon pour savoir de SOS frères celui de leurs enfants, pour lequel ils désirent que je supplie le roi de donner son brevet. Il est vrai que je vous aurais encore une nouvelle et trës-sensible obligation, si vous pouviez obtenir [pour moi de Sa Majesté une permission de réserver une pension de mille écus sur l'abbaye pour le II» de M. de Montmorency. Comme elle est de sept lille livres . charges faites, et par conséquent de lus de neuf mille en tout, elle la peut porter. C'est, vérité, une très-grande charité; car je vous puis surer qu'il n'a pas du pain avec un fort grand m, et jugez, Monsieur, s'il ne faut pas que je sois ' suadé que les nns el les autres en ont beaucoup

186 Ui; CAltrilNAL riK iii;tz.

de besoin, [luisque je m'en dépouille moi-même., uz» ou plul&t puisque j'en dépouille mes iTéanciers, qui s -^^ m ront encore pour quelque temps plus mailres c» Ai

mon bien que moi-même ; vous voyez la uouGan» m:mM: avec laquelle je m'adresse à vous. Aimez-moi tôt «r».oii jours, je vous conjure, etcroyez que je suis, aveo pi f « j)|ii de passion et de tendresse quopersonne du mou JE» Mriit Monsieur, votre Irès-atîecfioiiné serviteur, etc. . «Je prends la liberté de mettre daus ces paqii»«„ffuct deux lettres pour M. Le Tellier et pour M. CuUiera ^cj^rl ce n'est que compliments, et je ne leur parle pu «__* uint du tout, de Quimperlé, »

Après avoir dounô k sos dépens ratte Iim^u do ^ •générosité, Retz obtint satisfaction sur ses deux • dis mandes en faveur du neveu de l'abbé Charrier et ,^1 ilu fils de M. de Montmorency '.

■ Reti à LioiiDe, 8arr; |>rès ChAlotu, 4 octobre 1667. Ardar^ .liinj lits affaires élrangères. Rom», l. CLXXXVI de la Con ~

giJtérale.

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