‹ Le Cardinal de Retz et ses missions diplomatiques à RomeChapitre 5 sur 41 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

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Lorsque le cardinal de Retz fut rentré en France, après un exil de neuf années, Lous XIV, à diverses époques, lui confia plusieurs importantes missions auprès de la cour de Rome et dans les conclaves, dont les archives du ministère des affaires étrangères ont seules jusqu'à présent gardé le secret. Disséminer le récit de ces missions dans l'histoire de la fin de la vie de Retz, c'eût été leur faire perdre une grande partie de leur intérêt. Afin d'en mieux saisir le caractère et de montrer dans tout son éclat 1p ffénie de celui qui fut appelé à les diriger, nous avons jugé qu'il valait mieux les étudier à part et suocessivement.

Louis XIV savait par expérience tout le parti qu'il pouvait tirer de l'homme qui, pendant quatre ans, «vail tenu Mazarin en échec.

Lorsque eut lieu Tattentat de la garde corse du I»ap(» contre le duc de Créqui, ambassadeur do France à Rome, aucun des ministres de Louis XIV no put amener Alexandre VII à donner au roi les réparations qu'il exigeait, et ce fut le cardinal de

7i LE CARDINAL DE RETZ

Retz qui découvrit et indiqua le seul moyen de Vy contraindre.

Le même pontife ayant affirmé son infaillibilité, en 1665, dans une bulle, cette bulle fut censurée par des docteurs désignés par la Sorbonne, parmi lesquels se trouvait Bossuet, et elle fut interdite par le Parlement. Comme l'affaire pouvait devenir grave et amener de nouvelles complications entre la France et le pape, le cardinal de Retz eut pour mission d'engager Alexandre Vil à ne pas donner suite à sa bulle. R fut assez adroit pour le décider à garder le silence et à la laisser dormir dans les archives du Vatican. Retz, dans cette mission, se montra aussi savant théologien qu'habile diplomate, et ses dépèches à Lionne, dans lesquelles il raconte avec un esprit incomparable ses entretiens avec le pape, ne le cèdent en rien aux Provinciales.

Au xyu* siècle, ainsi que de notre temps, le sacré collège était composé presque uniquement de cardinaux italiens. Le cardinal de Retz, dans un mémoire des plus remarquables, où il examine la question au point de vue du droit ecclésiastique, prouve, l'histoire en main, que ce monopole, auprofit des Italiens, est une violation formelle des décrets du concile de Trente qui exigent, pour que l'Eglise universelle soit convenablement représentée, que les cardinaux soient choisis dans tous les diocèjtes de la chrétienté.

Sans parler de plusieurs autres missions du cardinal de Retz, bornons-nous à dire que, dans les trois conclaves où furent élus Clément IX, Clément X et Innocent XI, il joua un rùle si important, si décisif.

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