‹ Le Cardinal de Retz et ses missions diplomatiques à RomeChapitre 8 sur 41 · AFFAIIE DE LA GARDE CORSE ET DU DUC DE CRÉQUI · texte numérisé non relu

AFFAIIE DE LA GARDE CORSE ET DU DUC DE CRÉQUI

guet-apens, à ces nouvelles vêpres siciliennes. A leur grande surprise, don Mario et le cardinal Impériale ne vinrent même pas protester par leur présence contre cet abominable violation du droit des gens.

La reine Christine de Suède, revenue depuis quelque temps à Rome, et qui recevait du pape une pension considérable, s'offrit comme médiatrice afin d apaiser le différend. Entièrement dévouée à la cour de Rome, elle écrivit le jour même au duc de Créqui pour le supplier de ne pas céder à ses premiers ressentiments, pour lui protester que cette coUision n'avait pas été préméditée et pour lui promettre que le pape lui donnerait toutes les satisfactions qu'il pourrait désirer*.

Le soir même de Tattentat, l'ambassadeur dépêcha un courrier au roi pour lui apprendre cette grave nouvelle. Elle causa en France autant de surprise que d'indignation et elle eut en Europe un immense retentissement.

Comme le gouvernement romain avait posté des corps de garde dans toutes les avenues du palais Famèse, sous prétexte de protéger la personne de Tambassadeur, le duc de Créqui, voyant avec raison dans cet acte une violation flagrante de ses franchises et un danger pour sa personne et pour sa maison, arma toute sa suite, jusqu'à ses valets et tous les pèlerins français qui avaient cherché un refuge dans son palais contre la fureur des Corses et des sbires. Un moment il fut sur le point de se jeter

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sur eux pour tenter de les débusquer de leurs postes : mais, en faisant réflexion que Rome avait une garnison de plus de trois mille hommes et que lui n*avaii sous la main qu'une poignée de gens mal armés et sans discipline, il renonça bientôt à ce projet.

Cependant la cour pontificale, paraissant céder aux remontrances des ministres étrangers, soumit l'affaire à deux congrégations, l'une ayant charge de procéder contre les coupables^ Tautre d'examiner quelle réparation pourrait être faite au roi de France. Des avances furent faites au duc de Créqui par Bassadona, l'ambassadeur de la république de Venise, et par la reine de Suède ; mais il refusa leur médiation, disant que, désormais, l'affaire était entre les mains du roi.

Deux jours seulement après Tattentat, le cardinal Chigi, membre de la congrégation d'État, alla rendre visite à l'ambassadeur de France pour lui apporter la bénédiction du pape, l'expression du déplaisir de Sa Sainteté sur l'accident qui était arrivé, pour protester qu'Elle avait fait toutes les diligences pour punir les coupables et qu'Elle avait une extrême envie de donner au roi toute espèce de satisfactions.

Mais les actes répondaient peu aux paroles; les deux congrégations, saisies de l'affaire, laissaient le temps s'écouler sans prendre de décision.

Le cardinal Sacchetti, un des membres les plus distingués du sacré collège et qui faisait partie de la congrégation d'Ltat, vint trouver l'ambassadeur pour le prier de ne plus se promener dans Rome

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