JIFFAUB DE LA GARDE CORSE ET DU DUC DE CRÉQUI
avec une nombreuse suite de ses gens, qui, sous leurs manteaux, étaient armés de mousquetons.
Afin d'obtenir du duc cette concession, Sacchetti lui faisait valoir quelques mesures prises par le (a>iivemement romain à Tégard des Corses. D'abord, disait-il, cette soldatesque avait été retirée du voisinage du palais Famëse, transférée à l'autre bout de la ville et consignée dans son quartier. Puis^ la cour de Rome, par un édit en date du 39 août, avait mis à pris la tète des plus coupables. Sacchetti n'oubliait qu'une seule chose, c'est que don Mario et le rardinal Impériale, dans la crainte de révélations compromettantes pour eux, avaient fait évader vingt-trois des soldats corses les plus coupables. On s*était contenté d'en jeter en prison huit ou dix tutres^ mais on ne procédait à aucune information contre eux.
L'ambassadeur trouva ces explications dérisoires ci 8 en expliqua avec vivacité, Quant à la demande que lui faisait Sacchetti de ne plus se promener en annes par la ville, il répondit qu'ayant à craindre i^ bandits aussi féroces que les Corses, il n*y aurait aucune sécurité pour lui à marcher sans être anné, mais que pourtant, si le pape voulait lui Wre donner sa parole, par Tentremise du cardinal 'i Aragon, que ni lui ni l'ambassadrice n'auraient rieQ à craindre, il s'abstiendrait désormais de toute Hïanifestation armée.
L-ue visite de la reine de Suède à l'ambassadeur, <ians laquelle elle s'attacha encore à justifier la cour fle Rome aux dépens des Français, en répétant à plusieurs reprises qu'il n'y avait rien à gagner avec
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des prêtres, n'eut d'autre résultat que d'irriter contre elle le duc de Créqui et la cour de France.
Cependant la cour de Rome, loin d'aller au-devant des justes réclamations que pouvait exiger l'ambassadeur, lui donnait chaque jour de nouveaux sujets de plainte et de défiance. Elle avait renforcé la garnison de la ville, nommé un général des armes ; les corps de garde avaient été doublés aux avenues du palais Farnèse ; on en avait établi de nouveaux devant les palais des cardinaux de la faction française et devant celui du duc Cesarini, que l'on poursuivait pour avoir fourni des armes au duc de Créqui et qui avait cherché auprès de lui un refuge.
Comme la cour romaine avait été informée que le duc de Créqui faisait en secret quelques armements, elle publia des édits promettant des récompenses à quiconque viendrait révéler qu'un officier eût fait quelque levée pour son compte ou qu'un soldat se fût engagé sans permission à son service. On interdit à tous les marchands de Rome d'avoir aucun commerce avec les Fran<;ais ; on alla même jusqu'à défendre au boulanger et au boucher de l'ambassade de lui fournir par jour au-delà d'une certaine quantité de pain et de viande. On proposa, dans un conseil, de contraindre Tambassadeur à expulser du palais Farnèse tous les Français qui s'y étaient réfugiés, à livrer le duo Cesarini, et même il fut question d'arrêter le cardinal d'Esté pour avoir embrassé avec tant de courage la cause du roi de France.
Lhostililé était si grande entre le palais Farnèse
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et la cour du Vatican que le cardinal d* Aragon, redoutant de nouvelles vêpres siciliennes, n'osa donner parole, de la part du pape, au duc de Créqui qu'il n'aurait rien à craindre désormais pour sa personne et les gens de sa suite.
Le duc, ne trouvant ni dignité ni sûreté à rester plus longtemps dans une ville où il était menacé de nouveaux attentats, partit de Rome, le 1^' septembre suivant, avec l'ambassadrice et la plus grande partie de sa maison, et il se retira sur les terres du ^nrand-duc de Toscane. Il y fut bientôt rejoint par le cardinal d'Esté et par les cardinaux 'de la faction française, à l'exception du cardinal Orsini. Cette marque de faiblesse de la part de ce cardinal fut châtiée sur-le-champ par la cour de France : ou lui retira son brevet de protecteur des affaires ecclésiastiques du royaume, et on le priva du revenu d'une abbaye.
Le lendemain du départ de l'ambassadeur (â septembre), le pape donna une audience aux ministres des princes étrangers, et leur fit une relation, à son point de vue,.des graves événements qui venaient de se passer. Le 4, dans le consistoire, il attribua la principale cause de l'événement du 20 août aux provocations des Français et à la fureur aveugle des Corses. Il n'osa avancer toutefois que lui et ses ministres eussent fait le moindre eifort, pendant cette longue effervescence de sa milice, pour arrêter l'eirusion du sang. Il déclara qu*il avait écrit un bref au roi de France, comme si un bref pouvait être une réparation suffisante pour un tel attentat ; il aunoni^a qu*il avait demandé aux princes voisins
l'extradition de» eoupablus. comme s'il n'eût pus été plus simple et plus juste de ue pae> faeîliler leur fuite et dp les punir. Il so plaî^it dvs levée» de soldats et des amas d'armes ordonnés par l'ambu»- SHdeur, et ihvrcha à juatilîer le renforcement de la garuison par la nécessité même de proléf^er la personne du due de Créqui. H prétendit, non sans uns évidente exa)2;ération, que l'ambassadeur, par dft eontînuelles levées, avait menacé la sécurité di Rumo, qui. d'un moment à l'autre, pouvait être exposée au meurtre et au pillage, et qu'alors, poui garunlirla ville contre de tels dangers, il avait fallu y faire entrer de nouvelles forces. Il déplora amë^ rement le départ de l'ambassadeur, et déclara qu'il' avait donné ordre à tons les gouverneurs de l'hUit ecclésiastique d'aller au-devant do lui, delui rendre toute sorte d'hunneurs et de lui founiir ahondammetit tout ce dont il aurait besoin. Il exprima l'ospoir que le roi, dans sa bonté et sa justice, examinerait l'affaire autrement que ses ministres, et promit de lui donner la plus grande réparation possible par la punition des coupables.
Dans ses brefs au roi, le |)upe n'avait pas trouvé de meilleures explications que dans son discours au sein du consistoire.
Cependant le duc de Créqui, retiré eu Toscan»', y avait dérouvert la preuve, par une lettre de l'abbA Slrozzi, agenlde la cour de France auprès du tp-andduc, que l'airaiïo des Corses n'était nullement fortuite, mais préméditée. Des Corses, réfugiés en Toscane après l'uttentat, avaient déclaré qu'ils u'b-> vaient agi qu'à la suite des reproches et des ordres