‹ Le Cardinal de Retz et son tempsChapitre 14 sur 70 · Traduction de M. Villemain · texte numérisé non relu

Traduction de M. Villemain

cœur qu'accusent ses déplorables calculs! « Saint Augustin, a dit merveilleusement M. Villemain, a su faire de la confession d'une vie longtemps égarée un livre édifiant. Cette confession est un cri d'humilité et un hymne à Dieu tout ensemble, le souvenir d'un pécheur et la prière d'un converti. Je ne crois pas qu'il y ait une plus belle histoire du mouvement du cœur de l'homme. » Retz, au contraire, raconte ses fautes avec complaisance ; il a en quelque sorte l'orgueil du mal ; on dirait qu'il se drape fièrement dans sa honte. En étalant les vices qui ternissent sa riche nature, il cherche encore la satisfaction de sa vanité, « le plus intime de tous1. » C'est comme le cynisme de Diogène sous une forme plus raffinée. Les confessions de saint Augustin, où les remords du pénitent se mêlent aux élans du néophyte qui a trouvé avec une joie ineffable la vérité et le bonheur en Dieu, où l'on sent, pour ainsi dire, couler avec les larmes brûlantes du repentir les douces larmes de l'amour divin, ne peuvent que réveiller en nous tous les bons instincts, et elles relèvent l'humanité déchue, malgré la peinture fidèle de ses faiblesses ; car le repentir, qu'on a si bien nommé une seconde innocence, efface toutes ses souillures^ lui rend sa dignité primitive, et la rapproche de son créateur.

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