Mémoires, tome I, page
langage blessant qui faillit amener une rupture violente. Faisant allusion au relâchement de ses mœurs, il lui dit « que, quand on affectait les actions de saint Ambroise, il fallait en faire la vie1. » A quoi Retz répondit d'un ton piqué « qu'il essayerait de l'avis que lui donnait Son Éminence, mais qu'en attendant il faisait état d'imiter saint Ambroise dans l'occasion dont il s'agissait, afin qu'il obtînt pour lui la grâce de pouvoir l'imiter en toutes les autres. » On devine aisément dans quelles dispositions ils se quittèrent après un tel entretien. Tous les jours, on le voit, le vase recevait, des deux côtés, quelque nouvelle goutte de fiel. Comment n'eût il pas fini par déborder?
Ce fut encore le duc d'Engbien qui l'empêcha de déborder entièrement à la suite d'une autre affaire qui avait beaucoup contribué à le remplir.
Richelieu avait fait prononcer, au mépris de toutes les règles protectrices de la liberté de l'Eglise, la déchéance de î'évéque de Léon, pour le punir d'avoir épousé en quelque manière la cause de Marie de Médicis, et de l'avoir suivie en Flandre. L'assemblée de 1645 avait aussi voulu que cette iniquité fut réparée, et elle était parvenue, après de longs débats et d'interminables négociations, à arracher à Mazarin l'engagement de réta-