‹ Le Cardinal de Retz et son tempsChapitre 21 sur 70 · Une gravure du temps représente le duc d'Enghien · texte numérisé non relu

Une gravure du temps représente le duc d'Enghien

Roses et la bataille de Llorens consolidaient l'autorité de notre vice-roi et nous aidaient à conserver une province qui, dans les projets de Mazarin, était pour nous comme un gage de la cession des Pays-Bas : il espérait qu'un moment viendrait où, en rendant Barcelone, nous obtiendrions Bruxelles. Au delà des Alpes, les maréchaux de la Meilleraie et du Plessis-Praslin , joints au prince Thomas, ajoutaient de nouvelles palmes à tant de trophées. Les princes italiens se déclaraient pour la France et la prenaient pour arbitre de leurs différends. Naples révoltée se mettait sous sa protection. L'Italie semblait destinée à échapper entièrement au joug et à l'influence de la maison d'Autriche. A l'autre extrémité de son immense empire, l'Espagne rencontrait encore, sur le théâtre de sa lutte contre le Portugal, la main de l'infatigable ennemi qui se multipliait pour la combattre, et elle y subissait de sanglants affronts. En même temps nos diplomates les plus distingués soit par le talent soit par la naissance, d'Avaux, Servien, le duc de Longueville, le comte d'Estrades, préparaient à Munster le traité de Westphalie; sous l'impulsion de Mazarin qui de son cabinet dirigeait lui-même les négociations

après la prise de Thionville, d'une main tenant la foudre, de l'autre soutenant les fleurs de lis et foulant aux pieds un lion terrassé.

avec autant de vigueur que de finesse, et grâce au puissant concours du héros dont l'épée victorieuse tranchait tous les nœuds gordiens, ce glorieux traité allait bientôt consacrer notre souveraineté sur les Trois-Evêchés, sur l'Alsace, sur Pignerol, une des clefs de l'Italie, et justifier ainsi la politique de Richelieu.

Le roi d'Angleterre, l'infortuné Charles Ier, et le parlement anglais, qui était à la veille de consommer le plus odieux des attentats, se disputaient notre alliance au milieu des vicissitudes d'une guerre allumée par les passions révolutionnaires et par le fanatisme religieux. Jamais le nom français n'avait été entouré de tant de prestige.

A l'intérieur, Gaston d'Orléans, et Coudé1 qui avait profité des dures leçons de l'expérience, remplissaient fidèlemeut le rôle que leur imposait comme un devoir sacré le titre de prince du sang; ils se serraient autour du jeune roi avec tous les gentilshommes qui marchaient à leur suite. L'union des membres de la famille royale était la plus sûre garantie du maintien de l'ordre. 11 n'eût pas été sérieusement troublé, si cette union eût toujours existé. Paris était souvent appelé à voir la cour tout entière agenouillée au pied des autels, quand l'hymne de saint Ambroise retentissait sous les

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