M. Gustave Merlet
1648, l'année des barricades, et encore celle année, si funeste à l'autorité royale, fut-elle témoin dune de ces batailles qui laissent après elles des souvenirs impérissables et d'un de ces événements qui changent la face du monde. Nous voulons parler de la bataille de Lens et de la paix de Munster.
Un tout autre spectacle va maintenant se dérouler à nos yeux. Nous entrons dans la triste période de la Fronde. Le rôle que Retz y a joué, nous oblige à retracer les principaux incidents de ce cette mêlée confuse d'intérêts particuliers, de ce passe-temps de genlilshommes, de beaux esprits et de belles dames1 » qu'ont si malheureusement signalés tant de honteuses intrigues, tant de déplorables faiblesses : sorte de tragi-comédie qui a sans doute son côté plaisant, mais dont on est peu tenté de rire, malgré ce qu'il y a quelquefois de piquant dans ses folies? quand on songe au sang qu'elle Ht verser en armant les uns contre les autres, les enfants d'une même patrie, en mettant aux prises dans une guerre fratricide d'illustres capitaines accoutumés naguère à s'unir sous le même drapeau contre Pennemi commun, en égarant hélas ! les cœurs les plus nobles, en flétrissant les gloires les plus pures, et quand on
\ . M . Cousin , Mme de Lonmeville.
considère, à plusieurs points de vue, les conséquences de la longue anarchie qu'amenèrent ces jeux sanglants. Nous n'aurions guère le courage de nous engager dans cet inextricable dédale, si nous n'avions, pour nous soutenir, la consolante perspective de ce beau règne de Louis XIV, que la France enfantera dans la douleur, selon la loi mystérieuse à laquelle la Providence semble avoir soumis toutes les nations, mais qui lui fera bientôt oublier ses malheurs au milieu du plus magnifique épanouissement de l'esprit français.