De l'Ancien Régime et de la Révolution* — A propos de
par la vénalité des offices, de diriger, de contrôler et de contraindre leurs propres agents Par
là pénétra dans les entrailles de la nation cette passion universelle des places qui devint une des plaies de la société française. » On s'ingéniait à faire revivre d'anciens édits tombés en désuétude. Chaque jour était marqué par quelque nouvelle invention fiscale l. On ne connaissait guère en ce temps-là ces merveilleuses ressources du crédit, qui permettent aujourd'hui d'exécuter de si grandes choses en ménageant le présent et en faisant supporter à l'avenir une partie des dépenses dont l'avenir doit profiter. Si Ion demandait à l'emprunt ce que l'impôt ne pouvait donner, c'était toujours au taux le plus onéreux2. Comment le crédit public se serait-il fondé, quand l'Etat ne se croyait pas lié par les engagements qu'il avait contractés, quand il réduisait à son gré et sans le
cette passion universelle des places, Retz dit dans ses Mémoires que « les grands et les courtisans payaient certains médecins pour leur signaler en secret les gens en place atteints de graves maladies et qui pouvaient y succomber. »
1. « On met ici de nouveaux impôts sur tout ce qu'on peut, écrit Guy-Patin ; j'ai peur qu'enfin on en mette sur les gueux qui se chauffent au soleil. » Il y avait, en matière d'impôts, des conseillers bénévoles, sous le nom de donneurs d'avis, qui avaient une prime plus ou moins forte sur les produits du nouvel impôt, quand leur idée était adoptée. On avait créé des contrôleurs pour toute espèce de transactions commerciales.