‹ Le Cardinal de Retz et son tempsChapitre 44 sur 70 · Henri Martin, Histoire de France · texte numérisé non relu

Henri Martin, Histoire de France

faire, d'un bout de son royaume à l'autre, cinq cents bonnes lieues françaises sur ses lerres. »

Le 24 octobre 1648, la grande ombre du ministre de Louis XIII dut tressaillir dans sa tombe, dans cette tombe devant laquelle un homme, non moins grand que lui *, a prononcé la plus belle des oraisons funèbres en s'écriant qu'il eût donné la moitié de son empire pour apprendre de lui à gouverner l'autre moitié : elle dut tressaillir en proie à deux émotions bien différentes; car des deux édifices dont son génie avait posé les fondements, d'une part l'indépendance de la royauté, de l'autre la suprématie de la France, le premier tombait en poussière sous les coups de l'esprit de faction; le second, au contraire, arrivait jusqu'au faîte, et recevait le magnifique couronnement qu'il avait rêvé.

Une seule chose manquait au traité de Westphalie : c'était la signature de l'Espagne. L'espoir qu'elle fondait sur nos querelles intestines et qu'entretenaient ses relations secrètes avec les Frondeurs, tristes préliminaires d'une alliance intime, avait arrêté sa main au moment décisif. Ces déplorables discordes valaient pour elle des batailles gagnées sur nos intrépides soldats. Nos barricades avaient pesé d'un plus grand poids dans la balance du gouvernement espagnol que les ex-

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