M. Cousin, Mme de Longueville
ternel. Ses inclinations naturelles ne se conciliaient pas mieux que celles de Retz avec la sainteté de l'état ecclésiastique. La pourpre même ne le séduisait pas au prix des devoirs qu'elle impose. Le désir qu'il avait de secouer le joug d'une volonté impérieuse , le besoin qu'il éprouvait de faire du bruit et de racbeter par quelque cbose d'éclatant ce que sa personne avait de disgracieux, venaient encore en aide dans cette circonstance à l'empire qu'exerçait sur lui une sœur adorée. Malgré la jeunesse de ce prince qui ne manquait ni d'esprit ni de courage, mais qui n'avait que dix-huit ans, malgré ses allures peu militaires et sa ressemblance compromettante avec un certain hôte habituel du palais de Saint-Germain *, devant lequel Condé ne passait jamais, après la défection de Conti, sans s'incliner jusqu'à terre pour saluer le généralissime des Parisiens , Retz l'avait destiné à remplacer le héros de Lens dans l'exécution de ses projets , parce qu'il lui fallait avant tout un nom « pour animer ce qui, sans un nom, n'eût été qu'un fantôme, et pour ouvrir la scène » comme il le dit lui-même. Il s'était aussi assuré, dans le plus grand mystère, de l'adhésion du duc et de la duchesse de Bouillon, qui étaient mécontents de n'avoir pu obtenir la restitution de Sedan, et avaient des in-