‹ Le Cardinal de Retz et son tempsChapitre 52 sur 70 · M. Moreau, Choix de Mazarinades . Introduction · texte numérisé non relu

M. Moreau, Choix de Mazarinades . Introduction

la bouffonnerie, voilà le fond de la plupart de leurs productions. « L'accent italien de Mazarin, dit un historien1, est un texte plus fécond que la misère du peuple. On se moque du ministre, plus encore qu'on ne le maudit, sans compter que bon nombre de pamphlétaires se moquent à peu près impartialement de tout le monde, voire même du Parlement. Il y a dans les Mazarinades, quatres pièces bouffonnes pour une sérieuse. » Quand on compare les pamphlets de cette époque avec ceux qui signalèrent les commencements de la révolution de 1789, et égayèrent, par le tintement de leurs grelots, les scènes parfois si lugubres de cette grande tragédie, on remarque entre les meilleurs de l'une et l'autre catégorie de nombreux traits de ressemblance, quoique il y ait généralement plus d'esprit dans ceux de la seconde : titres bizarres faits pour piquer la curiosité, facéties marquées au coin de la gaieté française, éclairs de bon sens et de haute raison

mêlés parfois à de vulgaires saillies. Malheureusement quelques-uns aussi se ressemblent par le cynisme et par l'impiété. Dans plus d'un libelle de la Fronde, les lois de la pudeur sont honteusement violées. On s'y heurte à chaque pas contre des obscénités dignes de làrétin. Les plus saints

Page 1