‹ Le Cardinal de Retz et son tempsChapitre 54 sur 70 · M. Guizot, Étude sur Corneille · texte numérisé non relu

M. Guizot, Étude sur Corneille

Cependant Condé, que fatiguait un genre de guerre si opposé à la nature de son génie, venait d'attaquer Charenton, l'une des clefs de Paris, malgré l'infériorité numérique des troupes qu'il commandait, la cour ayant inutilement sommé les Parisiens de se soumettre dans un délai de six jours. La résistance opiniâtre de Clanleu, officier digne d'un meilleur sort, n'avait pu arrêter son élan impétueux, et Charenton fut emporté d'assaut; mais ce succès avait coûté à l'armée royale la mort du duc de Châtillon, que Condé aimait comme un frère, et dont il pleura amèrement la perte. Pour la venger, ses soldats avaient passé la garnison au fil de l'épée. L'armée de la Fronde ne sortit de Paris pour aller au secours de Clanleu qu'après la prise de Charenton, et ses généraux, sentant bien qu'ils n'étaient pas de taille à se mesurer en rase campagne avec un capitaine tel que Condé, montrèrent une sage prévoyance en se retirant sans coup férir. Le Journal du Parlement nous apprend que le prince de Conti justifia devant les chambres assemblées cet acte de prudence, en disant qu'il avait jugé convenable d'épargner le sang des bons bourgeois de Paris , « dans la crainte de faire crier leurs femmes et leurs enfants. »

Dans le Mémoire que Mazarin envoya au pape en 1655 pour lui faire connaître la conduite du cardinal de Retz, qu'il voulait alors obliger à re-

noncer à l'archevêché de Paris1, il est dit qu'en 1 649 tout Paris avait vu le coadjuteur « monté sur un cheval de bataille, armé de pistolets et d'épées, à la tête d'un régiment, le régiment de Corinthe, aller en cet équipage combattre avec les rebelles les troupes du roi qui attaquaient le bourg de Charenton. » De la part d'un homme qui avait eu la pensée de réunir dans la même main le bâton du gouverneur de Paris et la crosse de l'archevêque, et que les lauriers des prélats-guerriers du temps de Richelieu empêchaient de dormir, une pareille excentricité ne saurait surprendre, et nous sommes, pour notre compte, fort tenté de l'admettre, quoique nous n'ayons à lencontre de Retz, dans cette circonstance, que le témoignage d'un adversaire déclaré. A notre avis, le silence que Retz a gardé à cet égard ne prouve rien. Si cette belle équipée avait eu une autre issue, il n'aurait pas manqué de s'en glorifier avec sa fatuité habituelle; mais le résultat explique très-bien son silence. Si, sous certains rapports, il se plaît, en quelque sorte , à dire plus de mal de lui-même que ses plus cruels ennemis, s'il fait bon marché d'un genre de mérite que sa profonde immoralité ne lui permet pas

1. Dans ce même Mémoire, Mazarin accuse également Retz « d'avoir prêché séditieusement dans l'église Saint- Paul qu'il fallait vendre les vases sacrés et l'argenterie des églises pour une si sainte et juste guerre. »

d'apprécier, il est, au contraire, sous d'autres rapports, très-soigneux de sa renommée. Il laisse volontiers dans l'ombre tout ce qui pourrait jeter sur lui une teinte de ridicule, et, malgré l'art avec lequel il a cherché à se donner un cachet de véracité par l'aveu de quelques-unes de ses fautes, il est aisé de reconnaître que ce qui le préoccupe par-dessus tout, c'est l'intérêt de sa vanité.

Ce sanglant échec de Charenton, cet hécatombe de victimes immolées par des mains fratricides, ne rendirent pas plus sérieux de jeunes fous qui, au milieu des dissensions civiles, ne songeaient qu'à se divertir, qui ne rêvaient que plaisirs et que fêtes, qui , en un mot, semblaient avoir pris pour devise : Rire de tout, cest ma folie ; mais ils eurent pour effet de refroidir l'ardeur d'une partie de la population parisienne , d'augmenter le nombre des partisans de la paix et de les enhardir à élever la voix.

Le lendemain même du jour où Condé avait commencé à jeter le découragement dans l'âme des Frondeurs et à ranimer les espérances des amis de la royauté , l'Angleterre épouvantait le monde par un de ces attentats qui impriment au front du coupable le stigmate d'une éternelle honte et dont l'expiation n'exige rien moins que les larmes de tout un peuple. Au mépris de toutes les lois divines et humaines, de furieux sectaires,

sous l'inspiration de Cromwell, avaient condamné Charles Ier à porter sa tête sur l'échafaud , et le 9 février 1649, la place de Whiteball que le souvenir d'un si grand crime devait couvrir à jamais d'un voile de deuil, était témoin de son supplice.

Cette effroyable nouvelle impressionna vivement et la cour et le parlement et la partie la plus éclairée de la bourgeoisie; la cour, parce qu'elle vit jusqu'où pouvaient aller le déchaînement des passions révolutionnaires et leur invincible logique, quand elles n'étaient point contenues dès le début, qu'on leur laissait le temps de se développer et qu'elles arrivaient à s'enivrer, pour ainsi dire, d'ellesmêmes ; le parlement , parce qu'il craignit qu'on ne le comparât en quelque manière aux auteurs de cet acte inouï , et que l'idée seule d'une pareille comparaison le révoltait ; la bourgeoisie enfin, parce qu'elle était, elle aussi, sincèrement attachée à cette religion de la royauté qui, par ce régicide, avait reçu une si grave atteinte, et parce qu'elle comprit à quels funestes entraînements elle pourrait être exposée, si elle persistait à marcher dans la voie dangereuse où elle s'était engagée malgré la cour. Jl en résulta que , de part et d'autre, il y eut une tendance plus prononcée à se prêter aux transactions.

La victoire de Condé permit à la cour de faire les premiers pas. Un héraut, revêtu de sa cotte

d'armes, se présenta à la porte Saint-Honoré, chargé d'un message pour le parlement, pour le prince de Conti et pour le prévôt des marchands. Retz vit clans ce message un moyen imaginé par la cour pour entrer en négociation. 11 se défiait des dispositions du parlement qui commençait à incliner vers la paix ; il avait déjà eu occasion d'observer « qu'une compagnie établie pour le repos était peu propre au mouvement, et que, bien qu'il y parût de la chaleur et même qu'il y eût très-souvent de l'emportement , il y avait toujours chez elle un fonds d'esprit de retour1. » Il redoutait l'effet que pourrait produire la présence de ce héraut dans la grand'chambre. 11 essaya de décider le parlement à refuser de recevoir de la part de son roi ce que l'on ne refuse jamais de la part d'un ennemi. Laissons-le raconter luimême comment il y réussit :

« Je proposai au bonhomme Broussel de dire qu'il n'y avait pas lieu de donner audience au héraut, attendu que ces sortes de gens n'étaient jamais envoyés qu'à des ennemis ou à des égaux ; que cet envoi n'était qu'un artifice très-grossier du cardinal Mazarin , qui espérait aveugler assez et le parlement et la ville pour les obliger à faire le pas le plus irrespectueux et le plus criminel , sous

i. Mémoires, tome I, page 304.

prétexte d'obéissance. Le bonhomme Broussel , qui demeura persuadé de la force de ce raisonnement, quoiqu'il n'eût assurément qu'une apparence très-légère, le poussa jusqu'aux larmes. Toute la compagnie s'émut et trouva tout d'un coup que cette réponse était la naturelle. Le président de Mesme qui voulut alléguer des exemples de vingtcinq ou trente hérauts envoyés par des rois à leurs sujets, fut repoussé et sifflé, comme s'il eût dit la chose du monde la plus extravagante. Ceux qui émirent une opinion contraire, ne furent pas écoutés, et il fut résolu que l'entrée de la ville serait refusée au héraut, et que les gens du roi iraient à Saint-Germain rendre raison à la reine de ce refus. >»

Retz raille évidemment dans son récit et le bonhomme Brousse! et le parlement, et il a certes bien raison de se moquer de leur crédulité ; mais s'il eut à se féliciter de l'accueil que reçut son idée lumineuse, il fut loin d'avoir à s'applaudir du résultat d'une si belle invention ; car cette députation des gens du roi , c'est-à-dire, de magistrats rapprochés du gouvernement par la nature de leurs fonctions et unis au parlement par l'esprit de corps, devait ouvrir la voie à un accommodement, et il fallait bien s'y attendre dans l'état où se trouvaient alors les esprits. Que pouvait un pareil subterfuge contre la force même des choses ?

Retz prétend qu'un émissaire de la cour avait

formé le dessein de l'assassiner sur les degrés du palais avec le duc de Beaufort , en profitant « du trouble et de la confusion qu'aurait jetés dans Paris un spectacle aussi extraordinaire que celui de ce héraut ; » mais il est seul à parler de ce complot que la cour ne cessa de nier énergiquement, et ce très-peu véridique historien ne mérite guère qu'on le croie sur parole, surtout quand il s'agit d'un crime contre lequel proteste le caractère bien connu de Mazarin, qui eut la gloire de triompher de ses ennemis sans avoir répandu une seule goutte de sang.

Depuis longtemps, on le sait, lecoadjuteur avait conçu le projet de conclure un traité d'alliance avec l'Espagne; il touchait au moment de le réaliser. Les relations qu'il n'avait cessé d'entretenir avec le comte de Fuensaldagne, gouverneur de Bruxelles, et avec l'archiduc Léopold, ne faisaient que trop prévoir ce triste dénouement l.

« Quand je connus, dit-il, que notre parti était assez formé pour que je n'eusse pas à craindre

1. Le passage suivant d'une lettre de Guy-Patin prouve combien l'étranger cherchait à mettre à profit nos divisions : « Le prince d'Orange a écrit à Mme de Longueville, lui offrant dix mille Hollandais soldés pour trois mois. Le Parlement d'Angleterre avait aussi envoyé un député au Parlement comme l'archiduc Léopold ; mais il a été arrêté et amené à Saint-Germain. Vous voyez, par toutes ces offres, que nous ne manquons pas d'amis. » (Tome I, page 520.)

d'être chargé en mon particulier de l'union avec les ennemis de l'Etat, je ne fus plus si scrupuleux ni si délicat , et je fis écrire à Saint-Hibal , qu'aujourd'hui je croyais pouvoir écouter avec honneur les propositions de l'Espagne, que je le priais toutefois de faire en sorte que l'on ne s'adressât pas à moi directement et que je ne parusse en rien de ce qui serait public. »

C'est encore là un de ces passages qui démontrent jusqu'à l'évidence que ceux qui ont prêté à Retz des intentions généreuses, des vues élevées, ont singulièrement flatté ce scrupuleux et délicat personnage, qui croit pouvoir écouter avec honneur les propositions des ennemis de la France, parce qu'il s'est mis adroitement en mesure de faire retomber sur ses complices tout l'odieux de sa conduite. Il serait difficile, ce nous semble, d'accumuler en quelques lignes plus d'indignités.

Ses complices étaient nombreux parmi les principaux Frondeurs; mais il tenait avant tout à compromettre le Parlement dans cette alliance monstrueuse, et il manœuvra habilement pour atteindre ce but. De concert avec le duc de Bouillon et le comte de Fuensaldagne, Retz fait venir de Bruxelles, muni d'un blanc-seing de l'archiduc, un moine nommé Arnolfini, qui s'affuble d'un costume de gentilhomme espagnol, et prend le nom ronflant de don José de lllescas. Pendant trois jours, Retz

et Bouillon, étant convenus du langage qu'il aurait à tenir, le dressent au rôle qu'il doit jouer, et quand il s'est bien pénétré de l'esprit de ce rôle, ils le lancent chez le duc d'Elbeuf, sur qui ils ont jeté les yeux pour l'entrée en scène, parce que, sous Richelieu, il avait porté pendant quinze ans l'écharpe rouge, que l'Espagne l'avait compté au nombre de ses pensionnaires, et qu'avec de tels précédents, rien de sa part rie pourrait étonner. Le noble hidalgo don José de illescas, se présente au duc d'Elbeuf mystérieusement, au milieu de la nuit, comme envoyé de l'archiduc, avec une lettre de créance fabriquée par Retz. Le duc d'Elbeuf, fier d'avoir été choisi pour une pareille ouverture, s'empresse de réunir chez lui les membres les plus considérables du parti. À propos de ce conciliabule, Retz nous donne un de ces croquis comme lui seul sait les faire :

« M. d'Elbeuf, dit-il, qui était grand saltimbanque de son naturel, commença la comédie par la tendresse qu'il avait pour le nom français, tendresse qui ne lui avait pas permis d'ouvrir seulement un petit billet qu'il avait reçu d'un lieu suspect. Ce lieu ne fut nommé qu'après deux ou trois circonlocutions toutes pleines de scrupules et de mystères, et le président de Nesmond qui, avec tout le feu d'un esprit gascon, était l'homme du monde le plus simple, remplit la seconde scène

d'aussi bonne foi qu'il y avait eu d'art dans la première. Il regarda ce billet que M. d'Elbeuf avait jeté sur la table, très-proprement recacheté, comme l'holocauste du sabbat. Il dit que M. d'Elbeuf avait eu grand tort d'appeler des membres du parlement à une action de cette nature. Enfin, le président le Coigneux, qui s'impatienta de toutes ces niaiseries, prit le billet qui avait bien plus l'air d'un poulet que dune lettre de négociation ; il l'ouvrit, et après avoir lu ce qu'il contenait et avoir entendu de la bouche de M. d'Elbeuf ce que le porteur de la lettre de créance lui avait dit, nous fît une pantalonnade digne des premières scènes de la pièce. 11 tourna en ridicule toutes les façons qui venaient d'être faites ; il alla au-devant de celles qui se préparaient, et l'on conclut, d'une commune voix, à ne pas rejeter le secours offert par l'Espagne. »

Quelle touchante unanimité ! Et qu'il est beau de voir des chefs du clergé, de la magistrature et de la noblesse, prêts à livrer leur pays à l'étranger pour satisfaire de misérables ambitions ! Plus nous avançons dans notre travail, plus nous sentons notre cœur se soulever d'indignation et de dégoût; plus nous regardons comme un devoir impérieux de flétrir avec toute l'énergie dont nous sommes capable, les tristes héros de ces temps malheureux où la sainte flamme du patriotisme et

ce sentiment si éminemment français de l'honneur

qui, élevé presque à la hauteur d'une religion , a inspiré tant de nobles sacrifices , étaient comme étouffés sous les préoccupations de l'égoisme le plus déhonté.

Retz et Bouillon qui assistaient à ce conciliabule, se réjouissaient en secret du succès de leur artifice ; mais il s'agissait maintenant de le faire réussir au sein du parlement que Mathieu Mole et le président de Mesmes poussaient fortement à se réconcilier avec la cour. Le coadjuteur avait compris qu'il fallait éviter avec soin tout ce qui pouvait donner à l'intervention de l'Espagne le caractère d'un dessein conçu par elle dans le seul but de prolonger la guerre civile et de l'exploiter à son profit. S'il était des magistrats qui disaient hautement qu'un Espagnol leur faisait moins peur qu'un Mazaiïn, le plus grand nombre avait horreur du crime de haute trahison, avec lequel étaient depuis longtemps familiarisés ces hauts et puissants seigneurs qui visaient à refaire de la France une république de grands vassaux; il était nécessaire de colorer cette intervention des apparences du bien public. Il fut résolu qu'on ferait briller aux yeux du parlement l'heureuse perspective de cette paix générale après laquelle soupirait la nation tout entière ; on espérait le décider ainsi à recevoir l'ambassadeur qui apportait un si grand bienfait

en ménageant à l'illustre compagnie la gloire de contribuer elle-même à en doter la France. Le prince de Conti fut chargé de lui annoncer l'arrivée de ce messager de paix et de préparer son introduction.

Disons ici que Retz était parvenu par ses manœuvres à obtenir de siéger au parlement comme substitut de l'archevêque de Paris, son oncle, malgré l'opposition du premier président qui redoutait avec raison sa funeste influence. Il trouvait dans l'exercice de ce droit l'immense avantage de diriger lui-même son bataillon, de l'exciter, dans les occasions importantes, du geste et de la voix, de dresser ses batteries suivant les exigences du moment. Avec le rare talent qu'il avait pour l'intrigue, avec sa merveilleuse faconde, il ne pouvait manquer d'être en quelque sorte maître des délibérations en y apportant non-seulement le poids de son vote, mais encore celui de son prodigieux ascendant.

Sur ces entrefaites, les députés envoyés à Saint- Germain vinrent rendre compte au parlement de la mission qui leur avait été confiée. Désireuse de mettre un terme à une anarchie qui désolait le pays, la cour avait affecté de considérer la démarche faite auprès d'elle comme un acte de soumission, et elle s'était plu à montrer les dispositions les plus pacifiques.

L'avocat-général Orner Talon s'étend avec complaisance sur les témoignages de bienveillance dont les députés ont été comblés. A peine a-t-il terminé son récit que le prince de Conti se lève, et demande que le parlement veuille bien entendre un gentilhomme espagnol qui vient de la part de l'archiduc lui soumettre des propositions importantes. A ces mots, le président de Mesmes, un de ces nobles cœurs où s'était réfugié l'honneur français, se tourne vers lui en proie à la plus vive émotion : « Est il possible, s'écrie-t-il les yeux baignés de larmes, qu'un prince du sang de France propose de donner séance sur les fleurs de lis à un envoyé du plus cruel ennemi des fleurs de lis ! » Admirables paroles que Retz lui-même trouve « éloquentes et pathétiques au-dessus de tout ce qu'il a lu en ce genre dans l'antiquité, » et qui honoreront éternellement celui qui les a prononcées sous l'inspiration d'une conscience justement révoltée. Ce cri généreux et patriotique aurait dû sortir spontanément de toutes les bouches pour accabler sous le poids de la honte le prince qui n'avait pas craint de descendre à un tel degré d'abaissement et d'ignominie.

Puis, interpellant le coadjuteur dont il a reconnu la main dans cette abominable intrigue, le président de Mesmes lui dit : « Quoi, Monsieur, vous refusez l'entrée au héraut de votre roi sous

le prétexte le plus frivole!... >» Retz que sa présence d'esprit n'abandonne jamais, l'interrompt pour prévenir la seconde partie de l'apostrophe qu'il était aisé de deviner : « Vous me permettrez, Monsieur, de ne pas traiter de frivoles des motifs consacrés par un arrêt. » En relevant ainsi cette attaque intempestive contre l'autorité d'un arrêt au sein d'une compagnie si formaliste et si jalouse de ses droits, il détruit tout l'effet du beau mouvement oratoire qui avait été suivi d'un frémissement général. Les jeunes conseillers des Enquêtes, cette cohue du parlement, pour nous servir des expressions de Retz, reprochent vivement au président de Mesmes d'avoir manqué au respect dû à la chose jugée. De Mesmes est soutenu par Mathieu Mole et par les grandes barbes de la grand'cbambre. Retz a recours à ses affidés les plus sûrs pour animer la discussion. Il sait1 « que toute compagnie est peuple et que tout y dépend des instants, que les propositions n'y ont qu'une fleur, que telle qui y plaît merveilleusement aujourd'hui, y déplaît demain à proportion. » L'imprudence du président de Mesmes lui a fait la partie belle ; il veut l'emporter de haute lutte : « J'avais éprouvé plusieurs fois, dit-il, que le moyen le plus propre à faire passer une affaire extraordinaire dans les

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