M. Cousin, Mme de Longueville
Bussy-Rabutin écrivait à Mme de Sévigné , en 1650. « Quand je songe que nous étions déjà, l'année passée, dans des partis différents, et que nous y sommes encore aujourd'hui, quoique nous en ayons changé , je crois que nous jouons aux barres. » Il y avait bien peu de seigneurs qui n'eussent pu en écrire autant, de leur côté, à quelque parent ou à quelque ami.
Ici l'action exercée par les femmes se fait sentir de plus en plus. C'est en quelque sorte dans leurs boudoirs que se nouent et se dénouent toutes les trames. Leurs intrigues se mêlent , se croisent en tous sens; on dirait que, pour mieux éprouver le pouvoir de leurs charmes, ces grandes dames compliquent comme à plaisir les ressorts qu'elles font mouvoir, et l'État flotte aux mille vents de leurs caprices. « Dans les monarchies , dit Montesquieu, les brouilleries des femmes, leurs indiscrétions, leurs répugnances, leurs jalousies, cet art qu'ont les petites âmes d'intéresser les grandes, ne sauraient être sans conséquence. » La Fronde n'a que trop justifié cette réflexion de réminent publiciste1.
4 . La manie de s'occuper des affaires de l'Étal gagna jusqu'aux petites filles, qui voulurent imiter leurs mères : l'enfance pousse si loin le génie de l'imitation ! La fille de Mme de Montausier disait un jour à Mme de Rambouillet : « Giand'mère, maintenant que je suis grande et que j'ai cinq ans, parlons un peu des affaires d'État. »
Continuant à ne travailler que pour lui-même, Retz jouera les rôles les plus divers avec son incomparable souplesse; mais, au milieu des mouvements en apparence les plus contraires, il poursuivra toujours son but suprême, le renversement du cardinal.