‹ Le Cardinal de RichelieuChapitre 100 sur 203 · Ressentir de la douleur · texte numérisé non relu

Ressentir de la douleur

honorables et les plus glorieuses pour la France, ayant dit plusieurs fois qu'il ne mourrait jamais content qu'il ne l'eût signée.

Et certes il semblait qu'il n'y eût que cet avantage-là seul qui lui manquait, pour couronner dignement tant de belles actions, après avoir dompté la rébellion et l'envie, rangé les ennemis du dedans et du dehors au devoir, reculé de tous côtés les anciennes limites du royaume et rendu le Roi maître des plus importantes et plus fortes places de l'Europe, par la prise de la Rochelle, de Casai, de Nancy, de Brisach, d'Arras et de Perpignan. Tellement que si, autrefois, les Romains, pour moins que cela, lui eussent consacré des autels, ou au moins érigé des statues, il n'y avait pas lieu de lui envier la haute estime et la réputation extraordinaire qu'il s'était très légitimement acquise.

Feu MonsreTxri^^rinee1,- doué d'un Lrès grand jugement, ne pouvait se lasser de louer ni d'admirer sa conduite, et lui rendait effectivement des honneurs et des déférences qu'il n'eût pas voulu rendre à un autre de pareille qualité et de moindre mérite.

Le duc Bernard de Weimar, dont l'humeur frère et martiale l'éloignait entièrement du soupçon de complaisance ou de flatterie, était à peu près dans les mêmes sentiments, et a dit plusieurs fois que le cardinal de Richelieu était le premier ministre d'Etal qui eût jamais été au monde.

Le grand Gustave, roi de Suède, avait aussi un particulier respect pour son mérite, et, lorsqu'il l'honorait de ses lettres, il lui écrivait d'un style singulier et d'une manière sans comparaison plus obligeante qu'il ne faisait aux premiers et plus redoutables souverains de l'Europe.

En un mot, tous nos alliés ne s'intéressaient pas moins que nous à sa conservation. De sorte que dans les dernières brouilleries de la Cour, les factieux avant fait courir le bruit

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