Voir son testament
savons et comprenons ces douleurs, et combien S. M. voudrait contribuer, pour racheter les souffrances de ses pauvres sujets. Ce sont des médecines dans les États, qui causent de fâcheuses convulsions, tandis qu'elles font leurs effets. Mais l'espérance de la santé doit soutenir le cœur des malades. L'on crie contre Messieurs les Surintendants ; on les accuse de dureté; mais si l'on voyait, comme nous, avec quelles peines ils amassent maintenant le fonds de nos effroyables dépenses, il y aurait en vérité autant de compassion que de plaintes, et beaucoup plus àdouloir-i dans leurs hautes dignités qu'à y envier. Je vois leurs fonds; je sors de leur corps ; je sais combien de tours et de détours fait l'argent avant qu'il entre à l'épargne. Tout cela me fait vous dire, Monsieur, que j'estime être du service du Roi, que les peuples le reconnaissent, que c'est avec un véritable regret et une invincible nécessité qu'ils sont dans un état si déplorable, et que la suite et les avantages que S. M. leur prépare quand Dieu aura versé sa bénédiction et apaisé son ire (sa colère) contre la Chrétienté, leur feront connaître que S. Km. n'a rien de premier ni de second dans les conseils qu'elle représente au Roi, que le soulagement des peuples et un bon établissement pour les en faire jouir longues années. Tous les soins, toutes les veilles, tous les travaux d'esprit qui roulent perpétuellement en cette haute et sublime intelligence n'ont autre but. J'ai l'honneur d'en voir quelque chose, et j'étoufferais la vérité, et, comme dit un Maître des Chrétiens, je la tiendrais injustement prisonnière si je ne la vous publiais ».