‹ Le Cardinal de RichelieuChapitre 19 sur 203 · Zeller, p · texte numérisé non relu

Zeller, p

qui par-dessus toute chose détestait ceux qui voulaient le gouverner.

Les ministres étaient attaqués de toutes parts : pour se donner quelque force, Brulart et Puisieux firent entrer au Conseil le marquis de La Vieuville, personnage de peu de valeur, qui n'eut rien de plus pressé que de décider Louis XIII à les renvoyer. Leur chute fut décidée dans une entrevue intime entre Louis XIII, Marie deMédicis, Richelieu et La Vieuville '. Ces faihles ministres n'avaient jamais résisté à l'Espagne et lui avaient, au scandale des « bons Français », laissé le champ libre en Europe.

Le chancelier Brulart et MM. de Puisieux et de Sillery furent chassés du ministère et exilés (février 1624). Sans entrer dans les détails, disons cependant que leur faiblesse envers l'Espagne et leurs malversations justifiaient la dureté de Louis XIII envers eux. La Vieuville devint premier ministre, mais Richelieu n'entra pas encore au Conseil. L'explication de cette exclusion nous est donnée par l'ambassadeur de Florence.

Le Roi, dit-il, voudrait bien que la Reine sa mère acceptât que le cardinal de Richelieu s'en allât un peu à Rome et qu'elle voulût bien se servir pour principal ministre de M. de Brèves ou d'un personnage semblable. Si elle y consentait, il n'est pas douteux qu'elle en viendrait à avoir une autorité plus grande que maintenant, parce que le bon prélat est redouté de tous les ministres comme un homme trop fin, et qu'ils pensent n'être pas bon de l'avoir trop à côté de

Page 1