III. — Obsèques du Cardinal
1° Premier récit de la Gazette*-.
Le 13e de ce mois, le corps du Cardinal-Duc fut transporté de son palais en l'église de Sorbonne, étant dans un char magnifique, couvert d'un grand poêle de velours noir, croisé de satin blanc et enrichi des écussons des armes de Son Éminence, brochées d'or et d'argent : les six chevaux qui le traînaient, entièrement couverts de même parure ; environné de ses pages tenant chacun un gros flambeau de cire blanche, précédés et suivis d'une si grande quantité de mêmes lumières, que faisaient porter et portaient devant eux les parents, alliés, amis, domestiques et officiers du défunt, qui se sont trouvés ici, en carrosse, à cheval et à pied, que le soir du jour auquel se fit ce convoi était plus clair que le midi : les grandes rues de cette ville se trouvant trop étroites par la foule innombrable du peuple dont elles étaient bordées, comme dans les plus grandes et augustes cérémonies.
Les Cours souveraines furent invitées au service solennel que l'on devait faire, le 20 janvier, à Notre-Dame. Elles reçurent la semonce suivante :
« Nobles et dévotes personnes, priez pour l'àme de très haut, très puissant, très vertueux, illustrissime et éminentissime seigneur, Monseigneur Armand-Jean du Plessis, cardinal de Richelieu, duc, pair, grand-maître et intendant de la navigation et commerce de France, l'un des prélats et com-