Capitaine des gardes du Cardinal
— A Desbournais, mon valet de chambre, 6,000 livres, et je désire qu'il demeure concierge, sous mon petitneveu du Pont-de-Courlay, dans le Palais-Cardinal. — Au Cousin, 6,000 livres. — A FEspolette et à Prévost, chacun 3,000 livres. — Au sieur Eujenat (ou Evienat), mon argentier, 4,000 livres. — A mon maître d'hôtel, 6,000 livres. — A Picot, 6,000 livres. — A Robert, 3,000 livres. — Aux sieurs de Grave et de Saint-Léger, mes écuyers, chacun 3,000 livres, et en outre mes deux carrosses avec leurs attelages de chevaux, ma litière et mes trois mulets qui y servent, pour être partagés également entre mesdits deux écuyers. — A Charnarante et du Plessis, chacun 3,000 livres. — A Vilandry, 1,500 livres. — A de Roques, 18 chevaux d'école , après que les douze meilleurs de mon écurie auront été choisis par mes parents. — Au sieur de Fort, écuyer, 6,000 livres. — A Grand-Pré, capitaine de Richelieu, 3,000 livres. — A La Jeunesse, concierge de Richelieu, 3,000 livres. — Au petit Mulot, qui écrit sous le sieur Charpentier, mon secrétaire, 1,500 livres.
— A La Garde, 3,000 livres. — A mon premier cuisinier, 2,000 livres. — A mon premier crédencier, 2,000 livres. — A mon premier cocher, 1,500 livres. — A mon premier muletier, 1,200 livres. — A chacun de mes valets de pied, 600 livres. — Et généralement à tous les autres officiers de ma maison, savoir de la cuisine, sommelerie et écuries, chacun six années de leurs gages, outre ce qui leur sera dû jusques au jour de mon décès.
Je ne donne rien au sieur Charpentier, mon secré-
taire, parce que j'ai eu soin de lui faire du bien pendant ma vie; mais je veux rendre ce témoignage de lui que, durant le long temps qu'il m'a servi, je n'ai point connu de plus homme de bien, ni de plus loyal et plus sincère serviteur. Je ne donne rien aussi au sieur Chéré, mon autre secrétaire, parce que je le laisse assez accommodé, étant néanmoins satisfait des services qu'il m'a rendus.
Je donne au baron de Broyé, héritier du feu sieur Barbin ', que j'ai su être en nécessité, la somme de 30,000 livres.
Je prie mon frère, le cardinal de Lyon, de donner au sieur de Sagilly le prieuré de Coussay, que je possède présentement et lequel est à sa nomination.
Et pour exécuter le présent testament et tout ce qui en dépend, j'ai nommé et élu M. le chancelier2 et MM. Bouthillier, surintendant, et de Noyers, secrétaire d'Etat, ou ceux qui les survivront, voulant qu'ils aient un soin particulier que rien ne soit omis de tout ce que dessus, qui est mon testament et ordonnance de ma dernière volonté, laquelle j'ai faite, ainsi qu'il est dit ci-dessus, après y avoir mûrement pensé plusieurs fois, parce que la plus grande part de mon bien étant venue des gratifications que j'ai reçues de Leurs Majestés, en les servant fidèlement, et de mon épargne, il m'est
1. Intendant de Marie de Médicis et contrôleur général des finances pendant la minorité de Louis XIII, qui avait fait entrer Richelieu au ministère en 1616.