‹ Le Cardinal de RichelieuChapitre 24 sur 203 · Amitié, bienveillance · texte numérisé non relu

Amitié, bienveillance

résisté plusieurs années à leurs divers efforts, leur malice a enfin prévalu, ce m'est une extrême consolation qu'on ait souvent ouï sortir de la bouche de V. M. que, lorsque je pensais le plus à la grandeur de la Reine sa mère, elle travaillait à ma ruine.

Il fut donc convenu en réalité, entre le Roi et son ministre, qu'on remettrait les choses en l'état où Henri IV et Sully les avaient laissées, et qu'on ferait disparaître l'anarchie et le désordre général qui s'étaient établis pendant le gouvernement de Marie de Médicis. Il fallait tout créer ou tout refaire : armée, marine, colonies, finances, diplomatie, administration, pouvoir centra] assez fort pour réprimer l'anarchie d'où qu'elle vînt, des grands, des huguenots, des parlements, des gouverneurs de provinces, véritables rois dans leurs gouvernements, où le Roi n'était qu'un être imaginaire'; il fallait détruire l'État protestant qui s'était formé dans l'État français; il fallait punir sans pitié les traîtres qui, au moindre caprice du frère de Louis XIII, Gaston d'Orléans, s'alliaient avec l'étranger pour lui livrer nos places fortes, ouvrir nos frontières à ses troupes et entraver toutes nos volontés.

Tel fut le programme que Richelieu proposa à Louis XIII, qui le fit sien, et que le Cardinal accomplit à force de génie, de patience, de volonté, de fermeté et de travail, et qui lui a valu le titre de Grand Cardinal que lui donnait Colbert, et qu'il a bien le droit de conserver dans l'histoire.

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