Lettres et papiers d'État, VI
l'imprévu : c'est une excellente leçon pour l'exécution des détails du métier.
Son indignation éclate contre les chefs qui servent mal l'État, c'est-à-dire la France. En 1635, il écrit: « Si M. d'Angoulême continue à faire ce qu'il fait, il se retirera enfin dans la France, et y lairra prendre les quartiers d'hiver à Galas ; auquel cas je ne saurais penser sans être hors de moi. Je voudrais de bon cœur que ceux qui en ont si peu, ou d'affection, comme il en fait paraître, fussent dans l'armée de Galas ; le Roi y gagnerait beaucoup1 ».
En 1638, à propos de l'échec de Fontarabie, causé par les fautes graves commises par le duc de la Valette : « Je prie Dieu de tout mon cœur que tous les mauvais Français puissent être connus et châtiés comme ils le méritent2 ».
En 1641, M. de Saint-Preuil, gouverneur de l'Artois, fut décapité à Amiens, le 9 novembre. Il avait commis, dans cette province nouvellement conquise, des violences et des excès de toutes sortes, qui rendaient la domination française intolérable. Richelieu ne fit pas grâce à Saint-Preuil, qui était cependant l'un de ses amis. Il se contenta de faire mettre dans la Gazette les lignes suivantes :
Ce gentilhomme a eu cet avantage qu'il a été regretté du Roi et de Son Éminence, qui eût fait grande instance pour