‹ Le Cardinal de RichelieuChapitre 51 sur 203 · Lettres et papiers d'État, IV · texte numérisé non relu

Lettres et papiers d'État, IV

terai encore le succès du voyage de Pignerol, qui est bien dît à sa présence, puisque sa seule ombre que je portais* en a été la cause2».

On n'en finirait pas si l'on voulait tout citer.

Il y a cependant un mémoire de Richelieu*, en date du 13 janvier 1629, qui nous fait assister à la plus étrange conversation que Ton puisse imaginer entre un roi et un ministre. Richelieu, mécontent de Louis XIII et de la Reine-Mère, veut se retirer ; mais, avant de partir, il donne à son maître les avis qu'il juge utiles « au bien des affaires ». Il est difficile de lire une mercuriale plus sévère que ce long discours. Il permet d'apprécier exactement la fermeté et la droiture du Cardinal, et l'affection que le jeune Roi avait déjà conçue pour ce grand ministre, si dévoué à l'État et à son maître. Loin de se fâcher, Louis XIII accepta les excellents conseils de Richelieu, admirant sans nul doute, comme nous pouvons le faire, le bon sens de ce grand génie et son dévouement, qui lui permettaient de dire si franchement la vérité; et il ne voulut pas que le ministre mécontent se retirât du ministère. Il faut répéter ici les paroles du P. Griffet et admettre qu'un roi absolu, pouvant satisfaire sans aucune gêne ses volontés, ses caprices mêmes, et qui subit une telle semonce, donne une forte preuve de son discernement et de sa grandeur d'âme.

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