‹ Le Cardinal de RichelieuChapitre 59 sur 203 · Hemi Aruauld, cité par Marius Topin, p · texte numérisé non relu

Hemi Aruauld, cité par Marius Topin, p

portuné de ce grand monde qui va maintenant à Saint- Germain et a dit, il y a deux jours, qu'il ne voyait pas pourquoi on s'y pressait tant, qu'il n'y avait rien à gagner pour ceux qui y allaient et qui s'imaginaient que la mort de M. le Cardinal avait apporté du changement, mais qu'il n'y en avait point ».

Louis XIII prit pour ministre le cardinal Mazarin que Richelieu lui avait recommandé de choisir; il travailla avec assiduité, passant le tiers de ses journées au Conseil; il maintint l'exclusion de son frère au conseil de régence ; il s'opposa au retour des réfugiés venant d'Angleterre, exila à Anet le duc de Beaufort qui avait osé rentrer en France sans permission, et montra par sa conduite qu'il avait été entièrement libre pendant la vie du Cardinal et que la politique de Richelieu était complètement la sienne. Ils avaient, en effet, gouverné la France ensemble et d'accord '.

Louis XIII n'a pas été une sorte de roi fainéant, aimant seulement la fauconnerie et la chasse au loup, et abandonnant la direction des affaires à un premier ministre omnipotent. Il s'occupe sérieusement de tout, affaires extérieures, armée, sièges, opérations militaires, et il y prend une part active, sérieuse, tout en laissant au Cardinal, dont il apprécie la haute intelligence, une grande autorité. Il travaille avec lui, accepte « ses bons conseils ». Quand le Cardinal n'est pas

1. La Lettre déchiffrée, biographie apologétique du Cardinal, bien faite et rédigée évidemment avec des documents communiqués à l'auteur, le dit formellement. Ce petit livre parut

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près de Jui, il lui demande son avis, et Richelieu s'empresse de lui envoyer un mémoire où la question est étudiée sous toutes ses faces et donne au Roi la solution qu'il désire '. C'est Richelieu qui rédige la plupart des lettres officielles du Roi; il lui dicte quelquefois les réponses qu'il doit faire. En 1636, le Cardinal avait fait un mémoire au Roi pour répondre au clergé ; Louis XIII lui écrit à ce sujet : « J'ai répondu de mot à mot suivant votre mémoire2 ». En 1636, Louis XIII écrit encore au Cardinal : « Le P. Monot 3 me doit venir demain dire adieu ; si vous savez qu'il me veuille parler de quelque chose d'affaires, je vous prie de me faire savoir ce que j'ai à lui répondre * ».

Ce qui atteste la liberté du Roi dans ses relations avec son ministre, ce sont les discussions, les brouilleries légères, mais assez fréquentes, qui s'élevaient entre eux. Ces « nuages » se dissipaient assez vite. Quand le sujet en valait la peine, le Cardinal insîstait et demandait à s'en aller, mettant toujours en avant sa chétive santé ; alors le Roi cédait 5. En 1635, quand Louis XIII voulut se rendre à l'armée de Lorraine, où les choses n'allaient pas à son gré, le Cardinal, qui était fort souffrant et ne pouvait pas accompagner le Roi, essaya de

i. Lettres et papiers d'État, IV, 497.

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