‹ Le Cardinal de RichelieuChapitre 62 sur 203 · L'un des généraux de l'armée de Lorraine · texte numérisé non relu

L'un des généraux de l'armée de Lorraine

reste, on fait souvent plus d'effet par Ja patience qu'il faut avoir en certaines occasions que par les combats ; ce qui fait que la nation française, impatiente de sa nature, est jugée de tout le monde moins propre à la guerre que celles qui n'étant si vives sont plus pesantes et moins inquiètes.

Je supplie, au nom de Dieu, V. M. de ne s'ennuyer point, ne se fâcher point contre soi-même, et croire que ses serviteurs ne sauraient l'être des promptitudes qui peuvent arriver. Je la puis assurer que je me sens extraordinairemenl obligé de la lettre qu'elle lui a plu m'écrire sur sa vive promptitude; et si elle m'avait outragé, ce qu'elle ne fit jamais, par sa bonté, les termes en sont si obligeants, que la satisfaction, si on peut user de ces mots en parlant d'un grand roi, surpasserait de beaucoup l'offense. La lettre dont vous vous plaignez ne blesse en aucune façon vos serviteurs et la dernière les oblige grandement1.

Bien souvent Louis XIII, au lieu de demander l'avis du Cardinal, prenait l'initiative et agissait de sa propre volonté; puis il prévenait son ministre de ce qu'il avait fait.

Louis XIII était très brave et avait une certaine valeur comme homme de guerre. Il était très actif et aimait à se trouver au milieu de ses troupes dont il connaissait tous les officiers*; il prit une part sérieuse à la reprise de Corbie, à la prise de Nancy, d'Arras, de Perpignan, donnant l'impulsion aux généraux; il aida beaucoup Richelieu à former l'armée à la discipline, à l'activité, à la bravoure, à l'honneur.

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