‹ Le Cardinal de RichelieuChapitre 80 sur 203 · Lettres et papiers d'État, VIII · texte numérisé non relu

Lettres et papiers d'État, VIII

Monod ' et de continuelles cabales ourdies par la reine Anne. Délivrer la maison d'Autriche de son terrible adversaire est toujours la cause et le but de chacune de ces trames.

La plus grave de toutes est le complot d'Amiens. Corbie avait été pris par les Espagnols, et aussitôt Louis XIII et son ministre avaient levé une armée, et avaient mis le siège devant cette ville qui ouvrait la route de Paris à l'ennemi. Gaston et le comte de Soissons, qui avaient accompagné Louis XIII, s'entendirent avec les Espagnols pour empêcher le Roi de reprendre Corbie2. En même temps (octobre), Gaston, le comte de Soissonset ses quatre favoris, Montrésor, Saint-Ibal, Campion et Varicarville, s'entendaient pour poignarder le Cardinal quand il sortirait du Conseil, sur un signe de Gaston. Le jour fixé, les deux princes abordent Richelieu et le retiennent en lui parlant : les assassins attendent le signal; mais Gaston, toujours irrésolu, ne le donne pas, et Richelieu échappe à une mort certaine.

Après la prise de Corbie, Gaston et le comte de Soissons se hâtèrent de quitter la France.

1637. Toute la famille royale continue à conspirer sans trêve ni merci contre Louis XIII et Richelieu, au profit de la maison d'Autriche. Le comte de Soissons, qui est en Hollande, et Marie de Médicis sont en plein accord avec l'Espagne a ; la reine d'Angleterre refuse

Page 1