‹ Le Cardinal de RichelieuChapitre 81 sur 203 · Lettres et papiers d'État, V · texte numérisé non relu

Lettres et papiers d'État, V

de recevoir les lettres que lui adresse Richelieu1; Christine, duchesse de Savoie, est son ennemie déclarée; la reine Anne et son amie la duchesse de Chevreuse, bien qu'en exil , conspirent en permanence avec le cabinet de l'Escurial. Anne d'Autriche a une correspondance secrète avec le roi d'Espagne.

Richelieu, autorisé par le Roi, faisait surveiller activement la Reine ; ses agents, répandus partout, sur toutes les routes, saisirent un paquet de lettres mystérieuses envoyées par la Reine à madame de Chevreuse. Prise de peur, Anne fit demander une entrevue au Cardinal, avoua qu'elle avait donné quelques avis à la cour d'Espagne, jura de ne plus recommencer, de ne plus faire savoir dorénavant des nouvelles en pays étrangers par voie directe ou indirecte, s'humilia devant Richelieu, le remercia de sa bonté et obtint du Roi le pardon de ses fautes.

Mais Louis XIII et son ministre étaient bien certains que la Reine n'avait pas tout avoué. Ils envoyèrent le chancelier Séguier au couvent du Val-de-Grâce, où Anne d'Autriche, sous prétexte de dévotion, faisait de fréquents séjours et voyait souvent l'ambassadeur d'Espagne. Elle avait, au Val-de-Grâce, un appartement, dans lequel elle était libre et affranchie de toutes les surveillances qui l'entouraient au Louvre. Le chancelier ne trouva rien, la Supérieure ayant fait disparaître tous les papiers de la Reine.

Le valet de chambre d'Anne d'Autriche, Laporte,

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