‹ Le Cardinal de RichelieuChapitre 82 sur 203 · Lettres et papiers d'État, V · texte numérisé non relu

Lettres et papiers d'État, V

avait été mis à la Bastille. 11 connaissait toutes les menées et tous les secrets de sa maîtresse ; mais il ne voulut rien dire qui pût la compromettre. Mademoiselle de Hautefort, toute dévouée à la Reine, trouva moyen, en se déguisant, de pénétrer dans la Bastille et de faire parvenir à Laporte une lettre, dans laquelle on l'informait de ce que la Beine avait avoué et de ce qu'il pouvait révéler à son tour, sans inconvénient. Le chancelier n'en put apprendre davantage, et l'affaire en resta là. La malice féminine avait triomphé de la volonté toute-puissante du Roi et de ses ministres. Madame de Chevreuse se hâta cependant de se réfugier en Espagne.

Le P. Gaussin, poussé par Anne d'Autriche et par mademoiselle de la Fayette, alors sœur Louise, ne cessait d'inviter le Roi à renvoyer son ministre et à le remplacer par le vieux duc d'Angoulême1. Suivant son habitude, Louis XIII écouta son confesseur, le fît parler, et, quand il connut tout ce qu'il voulait savoir, il avertit le Cardinal*, et le lendemain le P. Gaussin était exilé.

Madame de Sénecé, première dame d'honneur de la Reine, était l'un des principaux membres de la cabale. Averti par mademoiselle de Chémerault, l'une des filles d'honneur d'Anne d'Autriche, et qui était en même

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