Lettres et papiers d'État, VI
?>. M. de Guise, qui n'était pas dans les ordres.
roi d'Espagne, l'Empereur et le duc de Lorraine, c'està-dire avec tous les souverains contre lesquels Louis XIIÏ était en guerre, et pendant que le Roi assiégeait Arras. On voit que ce n'est pas d'aujourd'hui qu'il y a des Sans patrie chez nous. Le comte de Soissons et ses amis prirent les armes, et 7,000 Impériaux vinrent les joindre à Sedan, leur quartier général. Le secours promis par l'Espagne n'arriva pas.
Les forces principales de Louis XIII étaient devant Arras. Le Roi envoya contre les révoltés le maréchal de Châtillon, qui se fit battre à la Marfée. Une partie de la cavalerie, dont les officiers étaient de connivence avec le comte de Soissons, avait trahi et s'était sauvée. La déroute de l'armée royale était complète et pouvait avoir pour résultat la levée du siège d'Arras. Mais le comte de Soissons, le chef de l'entreprise, avait été tué pendant le combat, et sa mort rendait inutile la victoire des rebelles : lui seul était en état de continuer à diriger l'entreprise. Le duc de Bouillon traita aussitôt avec Louis XIII, qui arrivait avec une nouvelle armée. Le Roi voulait absolument faire traîner sur la claie le cadavre du comte de Soissons. Richelieu le décida à céder sur ce point. Bouillon obtint sa grâce; Guise, qui s'était sauvé à Bruxelles, fut condamné par contumace; le duc de Lorraine effrayé se réfugia aux Pays-Bas; César duc de Vendôme gagna l'Angleterre. Les autres conjurés attendirent une nouvelle occasion, qui ne tarda pas, en effet, à se présenter.
Gaston parait être resté étranger à la révolte de 1641 . Nous allons le revoir en scène l'année suivante.
1642. Louis XIII assiégeait Perpignan, dont la prise devait assurer à la France la possession du Roussillon et sa frontière des Pyrénées. Les Espagnols trouvèrent encore, comme pendant le siège d'Arras, comme toujours, le moyen d'opérer une diversion.
Le premier ministre d'Espagne, le comte d'Olivarès, était tellement certain du succès de cette nouvelle conspiration, qu'il annonçait à qui voulait l'entendre le triomphe prochain de l'Espagne1. Ce qui lui permettait d'avoir cette espérance, c'était le traité qu'il venait de signer (13 mars) avec Gaston et ses complices, par Tintermédiaire de l'envoyé du duc d'Orléans, M. de Fontrailles.
Par ce traité, l'Espagne s'engageait à fournir à Gaston 17,000 soldats, 400,000 écus comptants, 10,000 écus par mois2. Gaston et Bouillon s'engageaient à se déclarer ennemis des Suédois et de tous les autres ennemis de l'Espagne et de l'Empereur.
Après le frère du Roi, le principal acteur de la conspiration était Cinq-Mars, favori de Louis XIII; venaient ensuite le duc de Bouillon, prince souverain de Sedan, de Thou, Montrésor, la reine Anne, toujours affiliée à toutes les intrigues espagnoles. On a vu que Cinq-Mars était fort engagé dans la révolte du comte de Soissons, après la mort duquel il prit la direction du complot. Profitant de sa faveur auprès du Roi, il s'efforça d'obtenir le renvoi du Cardinal. Après avoir échoué dans toutes