‹ Le Cardinal de RichelieuChapitre 85 sur 203 · Lettres et papiers d'État, VI · texte numérisé non relu

Lettres et papiers d'État, VI

ses tentatives, il prit avec Gaston et le duc de Bouillon le parti extrême d'entrer en négociations avec l'Espagne, et de faire tuer Richelieu (décembre 1641). On dit que Louis XIII, fatigué du Cardinal, encourageait Cinq- Mars. Suivant sa coutume, il a pu le faire parler et, comme on dit vulgairement, lui tirer les vers du nez, en aidant l'opération par quelques mots qui pouvaient être pris pour des paroles d'encouragement '. Il me semble que Louis XIII écrivant à Richelieu, le 3 juin* : « Je finirai en vous assurant que, quelque faux bruit qu'on fasse courre, je vous aime plus que jamais et qu'il y a trop longtemps que nous sommes ensemble pour nous jamais séparer, ce que je veux bien que tout le monde sache» ; il me semble, dis-je, que Louis XIII n'était guère le complice de Cinq-Mars, pour lequel il n'avait aucune estime, et qui traitait le Roi avec un manque de respect bien extraordinaire. Il faut donner la preuve de ce fait afin de constater quelle était l'exacte position de ce jeune homme, que Michelet appelle si justement un polisson, vis-à-vis du roi de France. Pour ce faire, je citerai la lettre que Louis XIII écrivait, le 5 janvier 1641 , à son cousin le Cardinal-duc :

Mon cousin, je suis bien marri de vous importuner sur les mauvaises humeurs de M. le Grand. A son retour de Ruel il m'a baillé le paquet que vous lui avez donné ; je l'ai ou-

1. Le 1er décembre 1640, Louis XIII envoyait ce billet au Cardinal : « Je vous prie de ne point ajouter de foi à tout ce que M. le Grand vous pourra dire de moi ou pourra faire dire jusques à tant que vous m'ayez entendu ».

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