‹ Le Cardinal de RichelieuChapitre 9 sur 203 · Mercure françois, t. III, p · texte numérisé non relu

Mercure françois, t. III, p

Marie de Médicis ne tarda pas à récompenser son apologiste, et le talent de l'évêque de Luçon justifiait le choix de la Reine-Mère. Dès le commencement de Tannée 1616, il est nommé grand-aumônier de la jeune reine Anne d'Autriche. Il réside à Paris, où il a acheté, en 1615, une maison devant l'église des Blancs- Manteaux1. Le cardinal de Bérulle figure en tête de ses protecteurs. Il est hientôt nommé, toujours en 1616, conseiller d'État et secrétaire des commandements de Marie de Médicis, dont il devient le favori. Honoré de cet emploi de confiance et employé dans plusieurs missions difficiles, il obtient une pension de six mille livres 2, « afin de lui donner moyen de supporter la grande dépense » que ses fonctions le forcent à faire. On voulut l'envoyer ambassadeur en Espagne ; il refusa, et, au milieu de l'anarchie, des révoltes des princes et des grands, il entra au ministère, en novembre 1616, avec ses amis Mangot et Barbin, ce dernier intendant de Marie de Médicis. Le chef du pouvoir, le premier ministre, sous les ordres duquel allait se trouver Richelieu, était Goncini, maréchal d'Ancre.

L'évêque de Luçon était chargé de la Guerre et des Affaires étrangères, avec 17,000 livres3, de « gages et entretènements», y compris les 2,000 livres qu'il avait comme conseiller d'Etat.

1. Lettre à Mme de Bourges, niai 1615. Lettres et papiers d'État, I, 146.

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