Lettres et papiers d'État, VI
aux armées, dans sa maison, dans ses papiers d'affaires ou d'histoire. Il veut aussi que les papiers de l'Etat soient classés et conservés avec soin, et il forme le projet d'un dépôt d'archives, qui, malgré son utilité évidente, ne sera établi qu'après lui*.
Quoique constamment malade ou souffrant de mille incommodités, Richelieu est infatigable au travail. Les affaires extérieures, celles du dedans, l'armée, la marine, les finances, la préparation de ses Mémoires, la surveillance des complots et des intrigues ourdis contre lui, ses bâtiments, sa bibliothèque, les lettres, les arts, le théâtre, qu'il aime beaucoup, ses offices religieux, les audiences, l'occupent sans relâche. 11 travaille le jour et plusieurs heures chaque nuit, et il trouve encore du temps pour la conversation avec Boisrobert et Bautru, dont il aime la gaieté et la verve.
On lit dans le Mercure de Siri : « Pour se délasser de ses grandes occupations et pour conserver sa débile santé, le Cardinal prenait tous les jours quelques heures de récréation avec ses plus familiers, bannissant de son esprit, dans ces moments-là, tout ce qui en pouvait troubler l'heureuse tranquillité. C'était alors, comme lui ordonnait M. Cilois, son médecin, qu'il prenait une dragmede Boisrobert. C'était un abbé qui portait ce nom, attaché à son service, lequel avait infiniment d;esprit, et qui lui faisait ordinairement mille contes facétieux pour le divertir. Le sieur de Bautru, diseur de bons mots, et dont la conversation était des plus