‹ Le cardinal de Richelieu et la réforme des monastères bénédictinsChapitre 105 sur 183 · Avenel, t. V, p · texte numérisé non relu

Avenel, t. V, p

198 RICHELIEU ET LA RÉFOUMC MONASTIQl E

Cvisteaux, et vous conjure de continuer. Si le pape est bien informé il sçaura, je in'asscure, que je ne i)rcnds pas les bénéfices pour en profiter, mais bien pour les tirer de leur ruine, et les mettre en estât dune bonne réforme. »

Ces lîères paroles n'eurent pas d'écho à la Cour romaine. Dans un mémoire à l'ambassadeur, en date du l" mai 1637, Richelieu faisait insérer ces mois : ^

... Les dilïicultez ^ qui ont esté faictes .sur l'affaire de Cisteaux ont fort peu de fondement parce que Ton sçait assez que la dignité de cardinal rend M' le Cardinal capable détenir labbaye de Cisteaux comme feroit un religieux de l'Ordre, et par mesme sujet d'estre chef et gênerai, puisque cette dignité est attachée à celle d'Abbé dudit Cisteaux, ce qui satisfaict aussy a la 2® difficulté, et il semble que le Pape n'en doibt pas faire davantage a approuver que M. le Cardinal soit gênerai de Cisteaux que de Cluni. A la 3^, il est aisé de respondre que la résignation du précèdent Abbé gênerai ne doit estre considérée que comme une démission ou abdication de l'abbaye et generalat afin qu'il fust procédé a nouvelle élection. Pour ce qui est du scrutin que l'on dict estre nul a cause que des personnes séculières y estoient présentes, l'on peut respondre que cela ne peut infirmer l'élection puisqu'elle a passé tout d'une voix, et qu'en telles élections solemnelles en France il y intervient quelquefois des commissaires du roy comme simples spectateurs et pour empescher qu'il n'y soit faict aucune violence, ainsy que l'on a souvent entrepris d'y en faire.

En attendant ses bulles, Richelieu réprimait d'une main ferme les scandales qui se produisaient dans l'Ordre, ceux de la maison d'Olivet en particulier, qui a^aient éclaté en octobre 1636 -. D'autre part, le 20 novembre 1637. il écrivait à l'évêque de Chartres :

1. Aff. E(r.. Rome, I. 50. fol. 208. Richelieu a développé les mêmes raisons dans ses Mémoires.

2. Voir sur cette affaire une lettre de fr. .Jean Jouaud, abbé de Prières, au prieur d'Olivet, Paris, 16 avril 16S7 (Aff. Elr.. France. Mém. el doc., t. 826, fol. 282), une lettre du même au même du 28 mai 1637 (Ibid., t. 827, fol. 55), une lettre de l'abbé des Pierres, prieur des religieux réformés de Cîteaux, à Richelieu, « de votre maison d Olivet, ce 2 juin 1637 >■ (Ibid., fol. 81); (c'est lui qui avait été chargé de 1 enquête), et une lettre de fr. H. G. Cordet, prieur dOlivet, à Richelieu, du 4 juin 1637 (Ibid., fol. 82), où il le félicite d'avoir réprimé les désordres qui ont eu lieu à Olivet. « Tout vostre Ordre de Cisteaux vous en bénira ».

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