‹ Le cardinal de Richelieu et la réforme des monastères bénédictinsChapitre 114 sur 183 · RICHELIEU ABBÉ GÉNÉRAL DE PRÉMONTRÉ · texte numérisé non relu

RICHELIEU ABBÉ GÉNÉRAL DE PRÉMONTRÉ

l'église depuis le 23 jusqu'au 2Ù décembre, déposa les anciens officiers, en nomma d'aulres, de l'avis des abbés partisans de Richelieu, et retourna à Paris.

Nous avons suivi le récit d'Hugo d'Etival, faute d'aulres documents \ mais cet auteur est un adversaire 1res partial de Richelieu, el nous devons ajouter que nulle part, — sauf dans un rapport de l'ambassadeur d'Espagne, témoin très suspect, — durant les négociations de sept années qui se poursuivirent en. Cour de Rome pour obtenir les bulles de confirmation, nous n'avons rencontré la moindre allusion à des violences qui auraient empêché la liberté de l'élection. Il y eut seulement deux élections simultanées, comme il arriva à Cluny à la mort du cardinal, où les réformés lui donnèrent un des leurs pour successeur, ainsi qu'il était convenu, et les anciens le prince de Conti. Les partisans de Pierre Desbans s'adressèrent aussitôt à Cornélius Ilanigrave, pré fet du collège de Prémontré et procureur général à Rome, et au cardinal Spada, protecteur de l'Ordre, pour obtenir la confirmation de l'élu. Ce dernier avait en vain désapprouvé cette démarche par une lettre écrite de Reims le 25 décembre.

Richelieu, nous l'avons vu, dépêcha lui aussi sans tarder un exprès à Rome pour obtenir du pape l'expédition des bulles de Cîteaux et de Prémonlré. Quelques jours après, il écrivait à son frère, l'archevêque de Lyon : « Bien ^ qu'il ne soit pas nécessaire de vous recommander les choses qui me concernent, je ne laisse de prendre la plume pour vous conjurer d'employer vostre adresse et vostre entremise pour l'expédition que je poursuis à Rome des bulles des abbayes de Cisteaux et de Prémonstré, en sorte que ce gentilhomme que j'envoye exprès à Rome soit promptement dépesché, et qu'il me rapporte la dicte expédition. » Dès les premières réponses de l'am'bassadeur et du cardinal de Lyon, Richelieu put comprendre que l'affaire n'irait pas aussi vite qu'il le désirait. Le comte de Noailles lui écrivait le 14 février 1636 ^ que le pape avait renvoyé l'examen de la question aux

1. Le Gallia Christiana, t. IX, col. 660. n'a fait que résumer le récit de l'abbé d'Efival. Il ajoute un mot d'un chanoine de Prémontré, mais celui-ci était également opposé à Richelieu.

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