Aff. Etr., Home, 48. fol
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tion. l'oub ceux qui supposeul a l'union sont des libertins qui ne veulent pas de réforme. » Enfin que le Père Procureur lâche d'obteiiii- la protection particulière du Saint-Siège, en offrant pour cela tpu^Upie redevance.
Les grandes fêtes qui furent données à Rome en l'honneur du cardinal .Vli)honse de Richelieu suspendirent quelque temps les ilémarches eu faveur de l'union; de plus, la rédaction des suppliques et mémoires, faites avec l'aide .d'hommes doctes et dévoués à la congrégation, demanda de longs jours, car il fallait les documenter au moyen de textes tirés du buUaire ; enfin les affaires à Rome \ont toujours lentement ^. Rien n'était donc commencé encore quand, le 24 avril, le Père Général envoyait à Doni Placide Le Simon des pièces et mémoires pour empêcher la sécularisation de l'abbaye Saint-Rénigne de Dijon ; il l'avertissait en outre qu'on avait demandé au Père Joseph d'employer son influence pour arrêter ces sécularisations, et qu'une fois l'union approuvée à Rome, le supérieur de la nouvelle congrégation serait bien plus fort pour s'y opposer. S'il pouvait faire insérer dans la. bulle d'érection, sous forme d'explication et non point par forme de commandement absolu, que le Pape entend qu'il n'y ait qu'une congrégation générale réformée en France de l'Ordre de Saint- Benoît, pour s'accommoder en cela à l'inclination du Roi et au dessein du cardinal, lequel veut accomplir la réforme de tout l'Ordre en France avec cette seule congrégation, cela donnerait occasion d'empêcher les sécularisations et démembrements des monastères ; il ne faudrait pourtant pas que la clause fût en termes de commandement, mais qu'il témoignât le souhaiter et le désirer pour un plus grand bien et pour éviter la confusion qui arrive souvent de la diversité des réformations et obsen-ances dans un même Ordre.
Il serait peut-être mieux aussi de faire ratifier l'union par une Bulle que par un simple Bref, vu l'importance de l'affaire ; mais si cela ne se peut, il faut accepter le Bref de confirmation de l'union, pourvu qu'on pût suppléer dans la suite par une Bulle à ce qu'on aurait omis ; le mieux pourtant serait d'obtenir tout par
1. Quae dum Romao aguntur romano more, id est moroso, in Galiiis nonmilla agilantiir, et ipsa gallico ritu. id est aninio et impetu paulô concitatiore (Dom Mègc, p. 1%).
une Bulle, en preuuat garde quil ne s'y mette rieii qui puisse en empêcher en France l'homologation aux Cours Souveraines et que la clause portant l'exemption des Ordinaires y soit par voie de déclaration, en conséquence de l'exemption de Cluny et de notre congrégation.
Le Père Général annonce en outre que, par affection pour la réforme et reconnaissance pour le concordat. Hichelieu a fait installer les religieux de la nouvelle congrégation dans son prieuré de Saint-Martin des Champs le vendredi de l'octave de Pâques, 13 avril, par l'archevêque d'Arles et l'évèque d'Auxorre assistés de deux maîtres des requêtes : le cardinal de l-yon verra par là combien son frère aime la congrégation. 11 ajoute, à propos de la soumission exclusive et immédiate au Saint-Siège, qui délivrera la discipline religieuse des vicissitudes provenant de l'ingérence épiscopale :
(( Quant aux exemptions des Ordinaires, on ne donne rien de nouveau, puisque Cluny les a déjà et notre Congrégation par les privilèges précédents, outre que la plupart des Abbayes sont déjà exemptes. Pour la suppression des offices, si on ne peut les obtenir autrement, il vaudroit mieux donner une honnête componende. Pieste la clause des exemptions pour l'obtention de laquelle, si les difficultés sont grandes, il vaudra mieux ne rien dire et se contenter de l'article qui porte en général la communication des privilèges.
» Pour ce qui regarde la clause de traiter avec les bénéficiers, c'est à cette condition : retentis Iructibus, car l'intention de nos Pères est de l'obtenir aussi ample qu'il se peut, pouveu qu'après les expéditions soient faites en sorte qu'en celle qui devra paroître on omette ce qui pourroit faire difficulté aux Cours souveraines : voilà pourquoi vous pouvez les poursuivre les plus amples que faire se pourra. »
Il ajoute un mol sur les traverses que les Pères de Lorraine font en France contre l'union : ils cherchent à empêcher l'enregistrement du concordat ; ils demandent un hospice à Paris et désireraient vivement qu'on leur donnât Saint-Denis de la Chartre; il peut se faire « qu'ils forment opposition à Rome comme ils l'ont fait au Grand-Conseil, sous prétexte que cette union préjudicie à leur Congrégation, mais il faut l'empescher tant que
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vous; pourrez, car celte union ne préjudicie en rien à leur Congrégiiliuii, puisqu'elle ne regarde que la France et que leur Congrégation est en Lorraine ou, au plus, des trois eveschés : Metz. Toul el Verdun, selon les Bulles de Tan 1G07 par Clément VllI et le Brel octroyé au cardinal de Lorraine par Paul V lan 1G05, 21 Septembre, lequel ne parle de leur Congrégation que pour ce pais. Ils l'ont tous leurs efforts pour se vouloir autlîoriser en France. »
C'était la première note discordante entre les deux congrégations de Saint-\'anne et de Saint-Maur : elle devait s'accentuer peu après. Le Père Général consulta à Paris des docteurs qui répondirent que Saint-Maur avait eu le droit, d'après la bulle même d'Urbain VIII, de se donner des constitutions, bien que dans la formule de profession on jurât d'observer celles de Saint-Vanne * ; il demandait dans sa lettre du 7 mai au Procureur général de consulter de son côté les docteurs romains « afin de confirmer ceux de Paris et de contenter certains esi)rits faibles ». Le 4 juin, il lui mande que les difficultés, suscitées par « certains Pères », qui ne sont pas des vrais profès et enfants de Cluny, portent surtout sur le mode d'élection de l'abbé qui, d'après le concordat, doit être faite par le chapitre général de la congrégation de Saint-Benoît au lieu de l'être par la Voûte au chapitre de Cluny, et le presse de hâter la conclusion de l'affaire pour prévenir les empêchements des mécontents : on peut se contenter pour l'instant d'une simple ratification, parce qu'on espère obtenir le reste plus tard.
A ce moment-là les religieux anciens de Cluny venaient de consentir, par acte du 25 mai 1635 ^. à l'exécution du concordat, à la double condition qu'on ne dérogeât pas en ce qui les concernait au règlement de 1631 et qu'on ne changeât ni leur manière de -vivre, ni surtout le paiement de leurs prébendes. Ta diète réunie à Saint-Faron de Meaux le 18 juin ratifia ces modification'; et réserves ^. Les supérieurs assemblés délibéraient encore quand leur arriva de Rome le projet de bulle arrêté par Dom Placide le Simon avec le concours des amis de la congrégation :
?. ]bid.. n° 179.