‹ Le cardinal de Richelieu et la réforme des monastères bénédictinsChapitre 137 sur 183 · Ibid., n · texte numérisé non relu

Ibid., n

'2S'^ lUCHKLIEL Eï LA UÉFORME MONASTIQUE

celle de bauiL-Miiiir ; ou lui tlouiie avis eu même temps que Dom Boucher et L)t)ui Dolé, ancien a\ocat, tous deux soi-disant abbés et tous deux chassés de leurs monastères, viennent de partir pour Rome afin de s'opposer à l'expédition des bulles d'union de ces deux congrégations. Le visiteur de ces deux religieux, Dom Bournon. les déclare fugitifs et ordonne quils soient emprisonnés par les ordres de raiiiiiassadeur, si cela se peut ; mais ils ont une lettre de recommandation du nonce, à qui ils ont promis <\(^ faire payer deux qiiindcnniiun dus par les abbayes de Chezal- Benoît '■. On espère que raffaire de Chezal-Benoit fera avancer celle de Cluny ; en tout cas, il faut faire expédier sans tarder le bref pour la tenue du chapitre. Le 2i mars, le Père Général revient sur la cpiestion des offices claustraux. Faute de mieux, on pourrait « les faire restreindre à ceux qui regardent précisément Cluny. quoicpi'avec cette restriction cela nous doit faire grand tort et (ju'il ne faudroit passer outre qu'à l'extrémité et après avoir tenté toute sorte de moyens, jusqu'à souffrir une pins grosse com])onende ». Oue Dom Placide tâche de faire insérer dans un bref particulier la faculté de traiter avec les séculiers titulaires des bénéfices de la congrégation, avec la clause retentis [nictibus.

A sa lettre du 19 mai, Dom Tarrisse joint la copie de l'arrêt du Conseil d'Etat du 2 du même mois touchant les monastères de la congrégation de Chezal-Benoît unis à celle de St-Benoît, « par où vous voyez premièrement : que Mgr le cardinal, le privé Conseil et tout le monde tient la chose faite et on ne parle déjà que de la Congrégation de St. Benoist. Secondement, que vous voyez une nouvelle matière des Bulles : nous n'avons sceu é\ iter ce coup, bien que les abbayes de cette Congrégation sont fort considérables mais beaucoup chargées à présent. D'ailleurs, si nous ne les eussions acceptées, il y avoit bien lieu de douter qu'on les eût mises en main des personnes qui nous eussent donné de la peine. Cet arrêt doit être scellé aujourd'hui ou demain, et en peu de temps, on nous obligera d'y faire des établissements afin de se mettre dedans les principales abbayes. » Dom Tarrisse ajoute

1. On a vu plus haut que cette affaire s'arrangea rapidement. Le concordat d'union fut signé le 28 mars 163o. Le quindennium était un droit que ('on payait tous les quinze ans et qui remplaçait l'annate.

aiCIIELIEU ABBÉ DE CLUNY. 1636. 283

que les deux soi-disaiil abbés de Chezal-Beiioîl dont il lui a parlé déjà ont. donné trois ou ((ualre mille livres au nonce sur les treize ou quatorze mille qui étaient dues pour les deux quidennium. La congrégation aura bien à payer aussi cette dernière somme avant d"avoir les bulles de cette union, avec les privilèges de rélcction des abbés que le roi accorde.

De Paris, on tenta un nouvel effort. Le 2 juin, l.>om Tarrisse envoyait au Père Procureur des lettres du roi à remettre au pape, aux cardinaux de Savoie et de Lyon et aux ambassadeurs, le maréchal d'Estrées et le comte de Noailles. En même temps le cardinal de la Piochefoucauld \ le Père Joseph et les supérieurs de Saint-Maur et de Cluny écrivaient au cardinal Barberini de fav^oriser de tout son pouvoir l'expédition de la bulle d'union approu\ant le concordai : rien n'y fît. On le voit par la lettre que répondait au roi le cardinal-archevêque de Lyon :

A Caprarolle ce 22^ iiiin 1636.

Sire,

Incontinant- après que j'eus receu la lettre que Votre Majesté m'a faict l'honneur de m'escripre sur le subject de l'union des Ordre de Clugni et Congrégation de Saint-Maur, je fis de nouvelles instances auprès de Sa Saincteté et redoublay celles que j'avois faictes quelques jours auparavant a M. le Cardinal Barberin pour en obtenir la confirmation. Mais les unes et les aultres avec si peu de fruict qu'il semble qu'elles n'ayent servy qu'a en faire recepvoir plus promptement le refus. J'ay faict quelque difficulté de l'escripre . a Votre Majesté, d'aultant qu'il sera bien difficile qu'elle s'empesche de croire que si les affaires qui He regardent purement que la gloire de Dieu estant recommandées de vostre part ne sont pas favorisées icy, que celles ou il y pourra avoir quelques aultres interests le soint encor moins, et que je vouldrois plustost servir a conserver une bonne intelligence entre le Pape et Votre Majesté qu'a la distraire : mais luy estant redebvable de tout ce que je suis je croi d'estre obligé de luy faire un fidèle récit de tout ce qui se passe affin qu'en estant informée au vray elle puisse plus aisément

1. La minute de sa lettre se trouve à la Bibl. Ste-Geneviève, ms. 3246, fol. 3.

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