Mi. Etr., Rome. 57, fol
'^Si RICHELIEi; ET I.A RÉl OHME MONASTIQUE
prendre ses résolutions en celles qui serunt de plus grande importance et ait subject de me considérer tousjours
Sire,
comme son très humble, 1res obéissant et 1res fulele serviteur et subject.
Le GARD. ARCH. DE LiON.
Il écri\ait le même jour à M. de Chavigny :
Cette Cour est pleine d'irrésolution et est peu disposée à donner satisfaction à qui que ce puisse être... « Le refus qu'on a faict de confirmer le traicté de l'union des Congrégations de Cluny et de Saint-Maur en est une marque. Car il semble que la lettre du Roy a Sa Saincteté et les instances que nous avons faictes par son commandement n'ayent servy qu'a l'advancer. »
M. Gabriel llanotaux nous dira sans doute un jour avec sa compétence incontestée quelle est au juste la part qui re\ient dans ces refus réitérés à la politique générale et aux intrigues hostiles de TEspagne, où Ion sait que l'Ordre de Cluny avait à celle époque de nombreuses maisons \ Pour nous, qui ne nous occupons que d'histoire monastique, nous saAons par les Annales de Doin Mège et le récit de Dom Martène que Dom Hubert Rollet, mécontent de voir l'union se faire, contrecarrait sous main toutes ces négociations et suggérait lui-même aux cardinaux les difficultés qu'ils de\aient objecter aux mémoires du procureur de Saint-Maur : il espérait encore que Richelieu, mécontent de l'insuccès, appellerait une seconde fois les Pères de Saint-Vanne dans ses abbayes et que lui, Dom Rollet. serait de nouveau le maître à Cluny et dans ses dépendances.
Il fallait pourtant sortir d'une telle situation. Un plus grand retard pou\ait amener de grands désordres dans la congrégation de Saint-Maur et à Cluny. Aussi avait-on consulté pour savoir si on pouvait tenir un chapitre général avant que le concordat n'eût été confirmé par une bulle : six docteurs de Sorbonne avaient
1. .\ous avons vu plus haut une circulaire du roi d'Espagne, datée de juin 1637, interdisant aux abbés cislercieng de son royaume de rendre obéissance au cardinal de Richelieu, leur supérieur général. Il n'est point téméraire de supposer que les prieurs clunisiens des prieurés espagnols reçurent la même interdiction.
RICHELIEL' ABBÉ DE CLUXY. 1036. 285
opiné, le 3 juin 103G, que l'on tînt le chapitre sous le bon plaisir de Sa Sainteté ^ Doni Tarrisse en inlonnail le Père Procureur dans sa lettre du l" juillet. Quinze jours après, il insistait à nouveau sur la question de la protection et rappelait une fois encore « que la qualité de protecteur qu'on dernandoit pour le cardinal de Richelieu ne porteroit point préjudice à celle du protecteur général de l'Ordre, puisqu'elle lu\ estoit subordonnée, et que c'estoit seulement pour avoir quelque puissance en France pour promouvoir la réformation de l'Ordre, veu mesme ([ue dans les Bulles d'érection de la Congrégation, on avoit donné la mesme qualité au cardinal de Retz sans que pour- cola on creust à Rome avoir préjudicié au cardinal Ludovisio protecteur de l'Ordre. » Ce protecteur général était actuellement le cardinal neveu Barberini, le plus influent des membres du Sacré Collège. Il jalousait l'influence de Richelieu sur les Ordres religieux en France et se souciait très peu d'avoir pour collègue un homme aussi puissant qui n'avait pas accoutumé de se contenter d'une part minime. Après avoir reçu les lettres du roi et du cardinal de la Rochefoucauld, il fit très bon accueil au Père Procureur, mais demeura au fond très hostile aux Mauristes. qu'il regardait comme des accapareurs -.
Le 19 juillet, Dom Tarrisse rend compte d'une visite qu'il a faite au nonce, auquel il a expliqué les privilèges que donnait à Saint/-Maur sa bulle de conlirniation. Le 29, il mande à Dom Le Simon qu'à la fin on s'est demandé si vraiment il était nécessaire de recourir à Rome pour conclure l'union et l'exécuter et que le sentiment des docteurs les plus éminents^ et des religieux de meilleur conseil est qu'on peut assembler un chapitre général des deux corps en vertu du même pouvoir que la congrégation de Saint-Maur a d'assembler le sien et d'agréger à elle tous les monastères de France qui s'offrent spontanément. A ce moment d'ailleurs, on avait commencé les pré[)aratifs du chapitre général et les délégués de Cluny étaient nommés déjà *. Les bulles n'ar-