Ibid., fol ir
il'uii si grand ordre et une œuvre si bonne et si dévote ; que toutes les maisons de la Congrej^ation du Mont-Cassin en Italie, bien qu'elles fussent fort proches île Rome jouissoient du privilège de nommer à semblables oflices sans avoir besoin d'aucune expédition du Pape ; que je scavois aussi qu'ils sarrestoient sur ce qu'ils vouloient oster aux abbés le droit de collation aux bénéfices dependans de leurs abbayes et se les réserver. Il m'a fait entendre que sur l'un et l'autre poinct il n'y avoit nulle difficulté, mais qu'il s'en trouvoit d'autre que je scaurois plus particulièrement de M. Panzirolle ; la plus grande que j'apprens qui s'y puisse rencontrer est comme je croy qu'ils attendent nouvelles du Nonce auquel ils ont écrit de cette affaire pour en estre informé plus particulièrement, et reconnoistre si c'est chose que Sa Majesté et son Eminence affectionnent beaucoup, car on les a tellement éclaircis et levé toutes les difficultés qu'ils ont faites qu'ils ne peuvent plus s'en défendre que par opiniastrelé et en feignant de s'assembler.
L'ambassadeur français voyait les choses très exactement : le nonce à Paris avait transmis un rapport très favorable, mais les prélats romains étaient bien décidés à lasser les négociateurs. Il écrivait derechef à Chavigny le 13 février : « Le Dataire ^ étant malade il y a (yuelfiues jours, il ne s'est pas pu tenir de congrégation pour l'affaire de l'union de St-Maur et de Clugny. M. Panzirolle doit se tromer icy vendredi avec le P. Placide et bien qu'ils ayent dessein de continuer à tirer cette affaire en longueur comme ils ont fait jusqu'icy, il leur sera bien mal aisé, ou qu'ils ne la terminent, ou qu'ils ne témoignent ne la vouloir pas faire du tout. »
Un instant, il crut avoir obtenu gain de cause. En envoyant au Père Joseph, le 1 i mars 1637. un modèle pour un bref, il lui disait : « Je vous^ en envoyé un autre sur l'union de Clugny et •Saint-Maur, par où vous connoistrez que nous les avons pressés si fort qu'ils ne peuvent ])lus ce semble différer d'en bailler les expéditions, si ce n'est qu'ils trouvent encore de nouvelles difficultés aussi mauvaises et frivoles que celles qu'ils ont alléguées depuis quelque temps. »
Ils en trouvèrent d'autres en effet, aussi mauvaises et aussi futiles, mais suffisantes pour retarder indéfiniment la conclusion,
1. Bihl. Nal., ms. fr. 16054, foi. 177. 2. Ibid., fol. 241'-o.
RICHELIEU \nm: de cluny. 1637. 297
recomineucor le débat et icserver Loiijoiixs la possibilité d'une discussion nouvelle. C'est vers cette épo(|ue que pour la première fois le cardinal de l{ichelieu, laliguô de celle; résistance opiniâtre autant qu'injustifiée, (il entendre une grave parole de menace. On lit en elïel ces .mots dans un « .Mémoire pour M. le maréchal d'Estrées », daté de Versailles, 1" mai I0;J7 :
« Ouant' à l'union de Cluny a la Congrégation de Si Maur, si les difficultez conlinuent en celle affaire, ledit sieur maréchal fera entendre adroictemenl !)ar delà, que la procédure que l'on y tient pourroil enfin obliger les religieux qui demandent la justice en cette affaire, sans qu'elle leur soit rendue, a ne la chercher pas si loing, de quoy les Parlemens de France ne seront pas faschez ; ce qui se peut estendre aussy à l'affaire de Saint-.'Xntoine. )) Dans ses lettres du 21 avril et du 6 mai 1637, Bouthil lier de Chavigny disail à l'ambassadeur : « Les affaires de Sainl- A'Iaur et de Cluny vous sont toujours recomninndées ". »
Il nous faut mainlen;uil dire ce qui s'était passé à Paris pendant ce temps. Dom Tarrissc, n'ayant [)u obtenir de Dom Rollet ipiil obéît aux injonctions de celui qui él^ait devenu son supérieur général, se \it obligé d'adresser une plainte au conseil du cardinal de Richelieu. Dans son niémoiie, il d(''monlia ({ue le chapitre général n'avait rien fait que selon le concordai et les constitutions, qui veulent : 1° que tous les offices claustraux soient réunis à la mense conventuelle, 2° que tous les supérieurs absents ou présents soient absous de leur charge au chapitre, qn'aucmi ne puisse tenir un titre ou un bénéfice quelconque sans expresse permission du chapitre général ou des supérieurs de la congrégation, que ceux qui en sont pourvus doivent les remettre chaque fois qu'ils en sont requis, sans quoi le Général lui-même est déposé ipso facto, et que chaque supérieur remette son obédience au défînitoire, ainsi que l'ont fait Dom Pierre Lucas, prieur claustral, l'archidiacre et les autres ; 3" que si Dom Rollet conservait le titre de grand-prieur, ce serait s'exposer à perdre ce bénéfice, donnant lieu ainsi aux indultaires, gradués, dévolutaires et autres de s'en fn]ro pourvoir en cas de mort, 4° ce serait aussi donner un