‹ Le cardinal de Richelieu et la réforme des monastères bénédictinsChapitre 146 sur 183 · Appcndicfi, ii · texte numérisé non relu

Appcndicfi, ii

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clairr oxoiniil de L'Iunv. Le iiruciaeur géiiéial, grâce à l'appui du iiiaréclial d'Estrces, pai\iiil à arrêter cette affaire, nid à procès pour ra\enir.

A la c<jnnnissioii cardinalice, on revenait indéfiniment sur les mènies difficultés et on reprenait le lendemain ce qu'on avait accordé la veille. Toujours la même crainte qu'on ne recourût plus au Saint-Siège pour la colla lion des bénéfices (lu'on croyait 1res riches el très nombreux, (jue la daterie ne perdît beaucoup de re\enus par la suppression des offices claustraux, que l'élection de Tablté de Cluny par le chapitre général et sa subordination aux supérieurs de la congrégation ne fût injurieuse pour le Saint-Siège et préjudiciable à la discipline ecclésiastique. Comme si on prétendait le soustraire à la juiidiction du Souverain Pontife ! Comme si la juridiction des chapitres généraux sur les abbés n'avait pas été clairement f<n-muléo daus les privilèges concédés à Sainl-.Maur, et comme si cotle juridiction elle-même ne venait pas en tiroite ligne du Saint-Siège î (Joinnie si «Mifin on ne venait pas d'accorder la même chose aux chanoines réguliers réformés par le cardinal de la Rochefoucauld, tant la réfoiine religieuse demeure impossible sans cette condition ! On craint à Rome de voir Cluny cesser d'être en comniende : mais, d'après le concordat de Léou X, les maisons chefs d'Ordre, Prémontré, Cluny, Cîteaux, doivent être électives, et ce n'est que par exception que Cluny a été donné au cardinal de Richelieu ; d'ailleurs la daterie apostolique perd plus avec nu abbé commendataire qu'avec un abbé régulier, et quand l';il)bé de Cluny sera élu par les moines de Cluny et de .Saint-Maiu'. il ne sera pas pour cola dispensé de demander ses bulles à Rome.

Quant à la suppression des offices claustraux et à la perte, légère d'ailleurs, que pouvait éprouver la daterie apostolique par cette mesure, le cardinal de la Rochefoucauld, qui avait été quatre ans ambassadeur à Rome (1609-1613), et d'autres hommes graves et expérimentés conseillaient d'offrir une compensation pécuniaire. Dom Tarrisse y consentait volontiers et avait donné pouvoir pour cela au Père Procureur. Il se justifiait aussi du reproche d'avoir tenu le chapitre général avant d'avoir reçu la confirmation du concordat. Car enfin il y avait deux ans entiers que le procureur sollicitait \ainement cette permission, on avait

eu de très graves raisons du uc pas ictaider plus longlcnips, lo iM.uce lui-niônie et les plus aiilorisés des docteurs de Sorbonne avaient dit (lu'ou pouvait i)asser outre ; ces décrets du chapitre général incriminé n'avaient été rédigés qu'en prévision de l'approbation du Saial-Siège ; et enliii est-ce que les Ordres de Gîteaux. de l'rémantré, des chanoines réguliers, de Saint-Maur même avaient jadis attendu la confirmation de leur réforme avant (le tenir des chapitres généraux?

11 y avait en somme huit ans (pie l'union était réglée en )»rincipe et rien d'officiel n'avait été résolu encore. Sans se lasser, Dom Grégoire Tarrisse, comprenant combien le projet conçu par le cardinal de Kichelieu était essentiel pour l'avenir de la vie bénédictine en France, intervint deiochef auprès du roi, auprès du nonce, auprès du cardinal de la Rochefoucauld, lequel écrivit à deux reprises au cardinal l>arbcrini pour lui exposer les immenses av.antages de l'union et tous les dangers que ces retards faisaient courir à la cause de la réforme de l'Ordre de Saint- Benoît dont il avait l'insigne honneur d'être protecteur. Une fois encop', ces hautes interventions demeurèrent sans résultat. Dom Tarrisse rédigea alors une supplique au Souverain Pontife ^ qui, très clairement, exposait et résumait toute la cause. Un mémoire dans le même sens fut remis au cardinal dntaire, qui se contenta de répondre que la confirmation serait accordée, mais avec des restrictions, et qu'il fallait encore du temps pour examiner mûrement toutes choses. On lui fit re])résenter par les cardinaux Barberini et I^agni combien ce nouveau délai compromettait le succès de la réforme : rien n'y fil.

Xous n'avons, au reste, pour nous rendre un compte exact de la situation, qu'à reproduire textuellement le passage du Journal (le Dom Glande de Vie qui porte la rubrique : Octobre 1637. G'est un résumé, écrit parfois d'un style assez \iL presque indigné, • les papiers de Dom Placide Le vSimon :

Toutes- les difficultés se réduisent à Tintention particulière de la Cour de Rome. Quant à la suppression des offices, il fault clierrher les moyens de satisfaire la Daterie et de leur donner quelque

1. Celte supplique en latin est reproduite tout au long dan« l'appendice no 106.

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