‹ Le cardinal de Richelieu et la réforme des monastères bénédictinsChapitre 147 sur 183 · Bi-bl. Nat., ras. lat. 12790, fol · texte numérisé non relu

Bi-bl. Nat., ras. lat. 12790, fol

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chose pour leurs droits et lour donner quelque asseurance dans Rome. Quant à l'élection de l'Abbé, il faut représenter qu'il n'y a rien d'altéré par l'union et qu'il ny a d'autre changement sinon que comme jay déjà dit, au lieu (pielle se faisoit par le chapitre particulier, ce qui est sujet aux brigues, il l'alloit selon le concordat que l'élection se fît par le Chapitre Général et qu'il faut, de quelque manière que bc fasse l'élection, avoir toujours recours à Rome pour les Bulles. Ainsi la Cour de Rome n'y a aucun intérêt à perdre.

Pour la restriction hors du royaume, cela ne regarde pas la Cour de Rome, joint (|ue je ne scay s'ils comprennent et s'ils tiennent Avignon hors du royaume, et .si ce ne seroit pas une injustice de vouloir priver l'Ordre de Cluny de ses droits parce qu'il reprend son premier esprit et embrasse une meilleure condition ; on ne trouve pas pourtant 5 propos de parler d'Avignon, de peur d'ouvrir la porte à de nouvelles difficultés et leur faire ouvrir les yeux ; mais sous d'autres prétextes, on avertit Dom Placide de sçavoir adroitement si à Rome on tient Avignon comme hors du royaume au sens qu'ils entendent faire la restriction.

Pour les Moniales, qu'ils fassent ce qu'ils jugeront à propos et qu'ils accordent l'union aux conditions qu'ils voudront, car de vouloir empescher qu'on ne se réunisse ensemble pour mieux garder ses règles et ses vœux, se maintenir plus fortement en bonne observance et professant même Règle, mêmes Constitutions et portant même habit, puisque c'est l'intention des papes et des Conciles ot des Canons, c'est vouloir empescher le bien par force et contre toute raison, puisque d'ailleurs on promet de dédommager la Cour de Rome et de ne pas .la priver de ses droits.

Le R. P. Joseph écrit souvent à Mr. l'ambassadeur sur notre affaire pour l'en faire souvenir.

Un homme de crédit auprès de Mr. le cardinal Bichi promet de faire réussir notre afïaire moyennant la somme de dix mille livres.

Le Père Général écrit au Procureur qu'il ne doit laisser qu'à l'extrémité l'élection de l'Abbé de Cluny au Chapitre de l'Abbaye, car il faut tascher de se tenir tant qu'on pourra aux termes du Concordat, et il ne faut accorder cet article que quand on ne pourra faire autrement.

Le Père Général dit à Monsieur de Fouquet, conseiller d'Etat et Chef du Conseil de Monsieur le Cardinal, que la Cour de Rome faisoit difficulté que l'Abbaye tombât entre les mains des religieux, ce qu'il trouva ridicule. Car dans notre afïaire, ils ont peine à Rome que celte abbaye soit entre les mains des religieux, qui est à présent à Son Eminence et ne veulent pas luy accorder celle de Cisteaux et de Prémontré parce qu'ils veulent, qu'elles soient aux religieux. Or, quelle différence y a-t-il des unes aux autres ? On veut mettre l'abbaye de Cluny de commendeen règle, comme elle a toujours

éU' et comme les Papes l'ont voulu et ordonné, et ces Messieurs ne le veulent et on veut mettre les autres de règle en commende, et on le refuse aussi.

Le Père Général a déjà envoyé la commission pour juger de l'appel de nos Pères de Sainl-Vandrille contre Monsieur de Rouen. Monsieur le cardinal de la Rochefoucault écrit deux fois à Monsieur le cardinal Barberin que notre union avec Cluny n'est autre que l'exécution du même dessein qu'il avoit pris, il y avoit dix à douze ans, lequel ne put réussir parce que nous ne voulûmes pas y entendre. Ce cardinal ayant reconnu fort bien que le reste de l'Ordre de Cluny ne pouvoit se soutenir, ni se remettre sans celte union, laquelle rompue il est infaillible que cet Ordre seroit détruit et ses biens dissipés ou employés à d'autres usages, peut-être même profanes, soit par des réunions à d'autres Ordres ou eveschés, menses abbatiales, etc. Ainsi ces Messieurs intéressés perdroient le spirituel avec le temporel ; ces raisons seront-elles inutilement représentées en Cour de Rome ?

Sur la fin de cette année, le P. Procureur donne des bonnes espérances du succès de notre affaire dont nos Supérieurs bénissent Dieu. On connoit le prix des choses de Dieu par les difficultés qui ordinairement les accompagnent-

Le 22 d'octobre, on fît heureusement l'établissement de St-Julien de Tours comme on avoit fait celuy de Marmoustier le 19 aoust. Plaise à Dieu que le tout soit pour sa gloire ! Les Jésuistes n'en sont pas trop aises, ils avoient machiné d'arrêter ces établissements.

On luy écrit de remercier Monsieur Brachet dont le secours nous estoit nécessaire pour maintenir Monsieur l'ambassadeur dans nos intérêts et pour favoriser notre affaire. On luy recommande toujours l'affaire de Vitré dont le Père Joseph s'intéressoit beaucoup. On fait écrire à plusieurs cardinaux pour notre affaire.

Dans une lettre du 2 novembre 1637 \ le maréchal d'Estrées dit au ministre qu'il a recommandé une fois de plus l'affaire de l'union de Cluny et de Saint-Maur au cardinal Barberini, et que celui-ci lui en a donné assez bonne espérance. Mais ce n'était là que promesses de cour, et tout ce qu'on put obtenir, ce fut un bref, où le pape, pour promouvoir le bien spirituel de la congrégation, se réjouissait des résultats déjà obtenus et exhortait à mieux faire encore à l'avenir: 11 accordait une indulgence spéciale aux religieux qui faisaient la retraite annuelle de dix jours ou la retraite mensuelle. C'était quelque chose que cette bénédic-

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