‹ Le cardinal de Richelieu et la réforme des monastères bénédictinsChapitre 152 sur 183 · ff. Efr., nome, 65, fol · texte numérisé non relu

ff. Efr., nome, 65, fol

3. \oir l'Fxtrail ries lettres de l'on ICy.VJ dans le Journal de Dom Claude de Vie, fol. 177*" ,n 18."..

junstliclioii ; il lexliorlc de l'aire ea sorte que eela soit exprimé dans les termes mêmes du Concordat qui semblent fort avantageux, comme aussi la clause du vicaire général qui doit visiter au nom du cardinal, laquelle il ne faut obmettre parce qu'elle est essentielle, tant à cause de Son Eminence que des anciens religieux ; mais il ne faut pas changer les termes, de peur de donner des aides au Visiteur Général, au préjudice du corps. » Il souhaiterait une rédaction plus claire de l'article du concordat où il est dit « que le \'isiteur et grand vicaire faira la visite au nom de Son Eminence dans les .Monastères dépendants de Cluny, et à -la fin où il est dit qu'il pourra suhdéléguer par l'ordre des Supérieurs un ou plusieurs Pères de ladite Congrégation, on pourroit ajouter : ou dudit Ordre, parce que cette addition ôtera toute difficulté et éclaircira davantage la chose. »

Quelques jours après, le Père Général écrit qu'il « ne croit pas qu'il faille rompre l'union et attendre un autre Pontificat pour obtenir des conditions plus avantageuses de l'union ; c'est le senliinenl de nos amis, de peur que sous un autre l'affaire ne se prolonge et ne trouve des nouvelles difficultés, car on ne peut ni l'un, ni l'autre ; il l'exhorte d'avoir les Bulles avant le Chapitre Général, afin qu'on puisse les faire enregistrer au Grand Conseil auparavant ce môme Chapitre.

« Le P. Général luy répète de ne rien omettre pour la cession de toute la jurisdiction spirituelle du cardinal qu'il avoit, et aux termes du Concordai s'il peut, car ils sont essentiels, comme aussi pour ce qui reg^nrde le vicaire gênerai de Cluny qui doit \i&iler au nom du cardinal.

« Il luy répète encore qu'il suffit que les Bulles portant que l'union se fait à l'instance du Roy et à la requête de M' le cardinal et des Supérieurs de l'une et de l'autre Congrégations, sans s'ar rèter à la confirmation du Concordat, pourveu que les clauses graves et pri\ilèges y soient énoncés avec les autres qu'il pourra obtenir les plus avantageuses. »

Toutes ces recommandations étaient dictées par la prudence et la sagesse ; mais voilà qu'au moment où Ton croyait n'avoir plus qu'à régler quelques détails de rédaction, un nouvel orage se préparait du côt'^ de Rome. Le prieur des Roziers, que nous

lUCllLLllCL AIJUK DE CI.INV. 1039. 3LI

connaissons déjà connue le i)lu.s luLi-épido ad\orsaire de la réiorme, (jui s'élait alUKiuô à Jlichclicu lui-nmômc et avait longtemps dispnlé à JJojn llubctl llolba le grand-prieuré de Cluny, dont il s'étail lait pourvoir en Conr de Rome, habitait, depuis sa condanniation au Grand-Conseil, le monastère-collège de Saint-Marlial d'Avignon, ("élail nn brouillon et un indiscipliné. A peine arrivé dans sa nouvelle obédience, il s'entendit à merveille avec le recteur du collège, ])oni Antoine Rosset, religieux libertin et scandaleux (jui, lui aussi, avait en horreur la réforme. Dès 1G15, les moines de Saint-.Marlial avaient été obligés de dénoncer au pape Paul Y les scandales de sa vie ^ ; leur requête signalait ses mauvaises mœurs et ajoutait « ({u'il avoit chassé six moines de son prieuré de liosans, qu'il abandonnoit les églises dépendantes de la rectorie sans réparation et sans ornemens, qu'il n'enlrelenoit au collège ((ue six ou sept religieux, qu'il en avoit défendu l'entrée à main armée à un visiteur, vicaire général de l'Ordre, <|u'il dégradoit les forêts, donnoil les arrentements à des huguenots, avec lesquels il mangeoit en carême de la viande dans le ■collège, dont il consumoit h:s revenus en bonne chère et en ])rocès. »

Ce prieur, (|ui \i\ait comme faisaient malheureusement beaucoup de religieux anciens de Cluny à cette époque, eut lincroyable habileté de se maintenir à son poste jusqu'à sa mort, au milieu de 1643 -. Un mois à peine après que Richelieu eut été élu abbé de Cluny, il alla le saluer au camp de Privas et obtint de lui par surprise qu'il le confirmât dans sa charge d'administrateur du collège de Saint-Martial d'Avignon, « sans avoir à rendre compte. » Plus tard, ayant refusé de recevoir la visite de iJoni .lean de Rrou, archidiacre de Cluny, nommé visiteur de Saint-.Martial, le conseil de Richelieu, sur l'avis de Fouquet et do l'évêque de Chartres, voulut le révoquer. Le cardinal lui ordonna

1. Cf. Ilisloirc dm recleurs du collège de Saint-Marlial d'Avignon, par r>oin Jean l^.orfel., cx-jr.«uil<\ puis ancien Bénédiclin, pages 33 et C7.

?. .\ofons que, pour un moine, il fut loin de mourir pauvre. Dom de \'ic nous dit en effet dans «on Journal (ms. lat. 12790, fol. 200) : v Le recteur de Sainl-Marlial meurt a ce «luon dit riche de 130 a 40 mille ccus. M"" le Prince tâche d avoir cette riche dépouille pour son fds, qui nomme un sucoes.seur, non pas en litre, mais comme administrateur, ce qui étonnele P. l.emperiere qui lùchoit d'êtr<' titulaire du collège de Cluny a Paris. »

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